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Nationale

Lancement de deux plateformes numériques : Pour une meilleure couverture sociale des agriculteurs

Lancement de deux plateformes numériques  :  Pour une meilleure couverture sociale des agriculteurs
Abdelhak Saihi.

Le ministère du Travail presse la CASNOS d’accélérer la transition digitale pour capter une population agricole encore largement en marge de la couverture sociale. Moderniser, simplifier et surtout capter une population active encore largement réticente ou éloignée des structures de protection sociale, tel est l’enjeu de la réunion d’évaluation présidée, ce samedi, par le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Abdelhak Saihi.

 Consacrée exclusivement au bilan des mesures destinées aux agriculteurs, cette séance de travail remet à l’ordre du jour le rôle de la Caisse nationale de sécurité sociale des non-salariés (CASNOS), dans l’adaptation de ses mécanismes aux réalités et aux spécificités du monde rural. Dans ce cadre, cette dernière vient de lancer deux nouvelles plateformes numériques pour faciliter le rapprochement du monde agricole de ses services.

Selon un communiqué du département ministériel, la tutelle exige l’instauration d’un « accompagnement social et professionnel permanent ». Pour la tutelle, la viabilité du système repose désormais sur sa flexibilité et sa capacité à s’intégrer dans le quotidien des agriculteurs, un secteur stratégique pour la sécurité alimentaire du pays mais historiquement sous-affilié.

Lors de cette rencontre, le directeur général de la CASNOS a présenté le bilan des outils déployés, mettant en avant les plateformes numériques « Himayati 5.0 » et « Himayati + », développées pour dématérialiser les procédures d’affiliation et de paiement. Si l’administration se félicite du lancement, début mai, d’une énième campagne nationale de sensibilisation, le ministre a clairement balisé les limites du modèle actuel.

Pour Abdelhak Saihi, le temps de la gestion purement bureaucratique est révolu. « La phase actuelle impose le passage d’une approche traditionnelle à une approche de terrain et numérique intégrée, fondée sur l’efficacité, l’anticipation et la proximité », a-t-il martelé. L’objectif affiché est de permettre aux agriculteurs d’accéder à leurs droits à la retraite et à l’assurance maladie via des canaux simplifiés et transparents.

Pour y parvenir, la tutelle mise d’abord sur un travail de proximité acharné, caractérisé par l’intensification des sorties sur le terrain et des rencontres directes avec les professionnels de la terre. Cette action de sensibilisation se fera en partenariat obligatoire avec la Chambre nationale de l’agriculture (CNA) ainsi que ses différentes déclinaisons à l’échelle des wilayas.

Parallèlement à cette présence locale, l’administration prône une stratégie d’occupation de l’espace public lors des grands rendez-vous du secteur. Cela se traduira par le déploiement systématique et structuré des agents de la CASNOS au cœur des foires, des salons et des multiples manifestations agricoles organisées à travers le pays.

Enfin, pour garantir la viabilité de ce dispositif, le ministère introduit un impératif d’audit de performance. La mise en place d’un système d’évaluation périodique et rigoureux devra permettre de mesurer l’impact réel de ces campagnes de communication sur le taux d’affiliation. Ce mécanisme de contrôle aura pour mission principale de déceler et de corriger, en temps réel, les moindres dysfonctionnements logistiques ou bureaucratiques constatés sur le terrain.

Derrière l’effort de numérisation se joue également la pérennité financière de la caisse des non-salariés, dont l’équilibre dépend de l’élargissement constant de son assiette de cotisants. En exigeant une accélération du rythme des adhésions, le ministère cherche à intégrer le secteur informel agricole dans la légalité.

Réaffirmant son « attachement personnel » au suivi de ce dossier, le premier responsable du secteur a appelé l’ensemble des cadres de la CASNOS à redoubler d’efforts sur le terrain. Pour le ministre, c’est une condition indispensable pour garantir la justice sociale et construire un système de protection solide et juste, capable de protéger l’agriculteur contre les risques de son métier.



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