Blocus de Cuba : L’ambassadeur Igarza Cabrera dénonce une « asphyxie programmée »
L’heure est à l’urgence pour La Havane. Intervenant ce mercredi, l’ambassadeur de la république de Cuba Hector Igarza Cabrera a détaillé les conséquences dramatiques des pressions militaires et économiques actuelles qui pésent sur sn pays. Selon lui, le maintien de ces mesures coercitives dictées par les Etats-Unis, menace directement les piliers de la société cubaine, exigeant une réponse ferme de la solidarité internationale.
S’exprimant au siège de son ambassade, à Alger, il a indiqué vouloir attirer l’attention sur un point particulier, à savoir « l’impact du blocus énergétique imposé à Cuba », sous l’actuelle Administration américaine, soulignant ses répercussions sur des secteurs clés tels que la sécurité maritime, l’économie nationale et, de façon particulièrement préoccupante, la santé de la population cubaine.
Le diplomate a alors fustigé les décisions qui lui sont imposées, évoquant un décret exécutif daté du 29 janvier, visant à « restreindre l’approvisionnement en carburant » pour son pays. Il a ajouté que le récent décret exécutif signé le 1er mai par le président américain, coïncidant avec la Journée internationale des travailleurs et intervenant alors que plus de 6 millions de Cubains réaffirmaient leur soutien à la souveraineté nationale face au blocus énergétique, allait encore plus loin, avant de préciser qu’il « marque une escalade sans précédent de l’agression américaine contre Cuba ».
Le diplomate a expliqué que ces mesures introduisent des sanctions secondaires, même contre des entités de pays tiers. « Cela signifie que des entreprises ou organisations peuvent être sanctionnées simplement pour leurs relations commerciales avec Cuba », a-t-il dénoncé.
Selon ses propos, le blocus constitue « une violation flagrante du droit international », en ce qu’il entrave la liberté de commerce et de navigation, tout en compromettant les aspirations au développement durable, d’autant plus que la sécurité maritime constitue « un élément clé de la stabilité mondiale », surtout pour un petit Etat insulaire en développement comme Cuba.
« Toute restriction dans ce domaine entraîne des effets disproportionnés », a-t-il souligné, précisant que les entraves actuelles affectent directement des secteurs vitaux. Il a, à ce titre, mis en garde contre les conséquences plus larges de ces politiques, indiquant qu’elles relèvent dorénavant de la sécurité humaine en affectant des droits fondamentaux comme la santé, l’alimentation et le bien-être.
L’ambassadeur a particulièrement insisté sur les conséquences humaines de ces mesures. « L’objectif est d’intensifier la punition collective infligée au peuple cubain afin de provoquer le mécontentement social et, ouvertement, de renverser le gouvernement », a-t-il déclaré. Dans le secteur de la santé, les effets sont jugés critiques. Plus de 96 000 patients attendent, selon lui, une intervention chirurgicale, dont plus de 11 000 enfants. Des dizaines de milliers d’enfants voient leur vaccination retardée en raison de difficultés logistiques liées au transport réfrigéré, a-t-il poursuivi, ajoutant que des services essentiels comme la radiothérapie (16 000 patients) et l’hémodialyse (2 888 patients) dépendent d’un approvisionnement électrique instable.
« Ces données ne sont pas de simples indicateurs, elles représentent des vies humaines », a insisté le diplomate. En dépit de ces difficultés, il a tenu à mettre en avant la résilience du système de santé cubain : « Il se maintient grâce à la réorganisation stratégique et à l’engagement éthique de ses professionnels. »
Dans ce contexte, « la communauté internationale doit agir avec détermination pour rejeter les mesures coercitives unilatérales », a-t-il plaidé, exhortant à « dénoncer les menaces d’actions militaires ». Il a insisté sur le fait que Cuba « ne constitue aucune menace pour les Etats-Unis ».
Compte tenu de cette situation, il a appelé les Etats à choisir entre « se soumettre à un décret unilatéral » ou « défendre leur souveraineté et leur droit d’entretenir des relations économiques avec Cuba ». Le diplomate a réitéré la position ferme de son pays : « Le peuple cubain continuera de défendre son système de santé, sa souveraineté et son droit au développement. » Il a conclu en disant, sans équivoque, que son pays tient plus que jamais à sa liberté et se battra, coûte que coûte, pour protéger pleinement ses droits en tant qu’Etat souverain.