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Nationale

Lamamra, le triomphe modeste

Lamamra, le triomphe modeste

La patience conseillée à la médiation internationale par l’Algérie a porté ses fruits dans la crise malienne. La Coordination des Mouvements de l’Azawad a finalement accepté de signer l’accord de paix hier à Bamako, confirmant ainsi la crédibilité d’Alger qui n’a jamais douté des vertus du dialogue…

C’est le président malien, Ibrahim Boubakar Keita, qui a voulu exprimer sa grande satisfaction de voir ses compatriotes de la CMA rejoindre le processus de paix après trois mois d’incertitude, depuis ce 1er mars 2015 où les chefs de cette partie de la rébellion refusèrent de parapher l’accord d’Alger en se réservant le droit de consulter leur base citoyenne.

Les jours qui suivirent rajoutèrent au malaise en apportant des échos négatifs de Kidal et d’autres bourgades du grand Nord malien. Un boycott silencieux des pourparlers d’Alger sur fond de regain de violences entre les différentes factions de l’insurrection.

« Je suis très heureux que nos frères (de la CMA) aient cru à la paix et à la main tendue et fait le déplacement à Bamako pour signer l’Accord de paix et de réconciliation au Mali(…) Je suis confiant en cette cérémonie de signature de l’accord qui aura lieu samedi et qui verra la CMA signer le document instaurant une paix que nous espérons définitive au Mali » déclarait le président malien à la veille de la cérémonie de signature.

Il faut dire qu’IBK avait laissé la porte ouverte lors de la précédente cérémonie du 15 mai dernier à Bamako lorsque d’aucuns ont voulu voir dans la réserve de la CMA des raisons de désespérer du dialogue. Dans un discours dur à l’endroit de la MINUSMA à laquelle il a reproché son manque d’objectivité, lbrahim Boubakar Keita tendit cependant encore une fois la main aux plus radicaux, leur intimant de rejoindre le front de la paix.

Un message fort associé à l’expression d’une reconnaissance sans ambiguïté envers l’Algérie, chef de file de la médiation qui n’a jamais cessé d’œuvrer pour une solution politique durable à la crise qui secoue le Septentrion malien depuis des décennies.

Hier, le président malien a réitéré toute sa gratitude à l’adresse de l’Algérie tandis que le ministre d’Etat, ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération internationale, Ramtane Lamamra, appréciait l’événement, le triomphe modeste : « C’est un événement historique qui constitue l’aboutissement de ce à quoi nous aspirions, c’est-à-dire rassembler l’ensemble des parties maliennes à s’engager à appliquer l’accord de paix et de réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger (…) grâce à la sagesse qui a prévalu (lors des négociations inter-maliennes), nous avons pu nous frayer un chemin et obtenir un consensus des parties maliennes, comme tous les grands aboutissements, c’est un moment de grande réjouissance et de satisfaction. »

Mesures d’apaisement

Le ministre Lamamra, fin négociateur et expert international des questions africaines notamment, faisant sans aucun doute allusion aux compromis trouvés de part et d’autre pour apaiser les esprits.

L’AFP n’a pas omis de signaler, à ce sujet, la levée des mandats d’arrêt contre les membres de la CMA, quelques jours avant la signature de l’accord de paix par celle-ci. Cette mesure conciliante a été prise par les instances judiciaires sur demande du gouvernement malien, ce qui laisse penser que des engagements ont été pris pour cela et qu’IBK a encore une fois su tenir parole.

C’est la réputation de l’homme fort de Bamako, pas facile à convaincre mais toujours à la hauteur des promesses qu’il formule. Un tempérament qui a rapproché davantage les deux diplomaties algérienne et malien après des années de communication difficile sous ATT, Amadou Toumani Touré chassé par un coup d’Etat le 22 mars 2012.

Aujourd’hui, c’est donc une nouvelle page qui s’écrit pour le Mali, certain du soutien indéfectible de son voisin algérien sur la route de la paix et de la réconciliation nationale.

« L’Algérie est particulièrement mobilisée pour apporter sa contribution à l’écriture de cette nouvelle page de l’histoire du Mali faite d’avancées dans la voie de la paix, de la réconciliation et du développement, afin que le peuple malienne puisse rompre avec une histoire assez ingrate en ce qui concerne les affrontements fratricides » a déclaré Ramtane Lamamra en rappelant que « l’accord comporte un certain nombre d’orientations importantes ainsi que de bons outils mis en place comme le comité international de suivi. »

Le MAE algérien annonçant par la même occasion la création d’un siège « qui symbolisera cette présence permanente de la communauté internationale et sa volonté d’aider le Mali à réaliser tous les objectifs inscrits dans cet accord de paix et de réconciliation. » Nous y reviendrons.

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