Réconciliation palestinienne : «Une condition sine qua non pour la réussite du Sommet arabe»
L’Algérie travaille d’arrache-pied pour concrétiser la réconciliation palestinienne, qui demeure une condition sine qua non pour la réussite du sommet de la ligue Arabe prévu à Alger le 1er et 2 novembre prochain. C’est ce qu’a déclaré ce dimanche à Alger le ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, Ramtane Lamamra lors d’une cérémonie organisée à l’occasion de la journée de la diplomatie algérienne.
Le chef de la diplomatie a mis en exergue les efforts consentis par Alger, qui a notamment « coordonné avec d’autres capitales arabes, afin de mettre en place un accord » censé mettre fin aux tiraillements qui les opposent depuis 2006, tout en soulignant que l’Initiative d’Alger est appuyée par l’ensemble des pays arabes et acceptée par les palestiniens.
« Toutes les factions palestiniennes concernées par la réconciliation ont accepté unanimement l’invitation algérienne et ont dépêché des délégations pour participer à la réunion » qui aura lieu à Alger le 11 et 12 octobre courant.
L’ordre du jour de cette réunion prendra en charge la situation en Palestine, le soutien à la cause palestinienne et surtout la réunification des rangs des factions en désaccord depuis 2006.
Il convient de noter que cette initiative, à l’instigation du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, vise par son caractère inédit, la réunification des rangs palestiniens dans la perspective de la mise en place d’un gouvernement d’union nationale.
Les autorités algériennes ont invité 14 mouvements palestiniens pour un nouveau round de dialogue national pour tenter de conclure les précédents cycles de dialogue et de déboucher sur une déclaration qui pourrait mettre fin à l’état de fracture dans le camp palestinien.
Selon plusieurs sources diplomatiques contactées par le Jeune Indépendant, la réunion prévue la semaine prochaine semble être la dernière étape avant la signature d’un accord final le 31 octobre à Alger.
S’agissant de la tenue du Sommet de la Ligue Arabe en Algérie, M. Lamamra a fait savoir que les autorités algériennes ont parachevé tous les préparatifs pour la tenue de cet important événement, soulignant le souci et le souhait du Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, de faire de ce rendez-vous « un sommet rassembleur et fédérateur ».
Lamamra a ajouté que tous les préparatifs logistiques, organisationnels et essentiels à la tenue effective du Sommet avaient été parachevés, rappelant les consultations élargies menées à cette fin par l’Algérie avec les pays arabes et d’autres parties, à commencer par la Ligue arabe.
Le ministre a fait savoir, dans ce cadre, que le Secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, était attendu prochainement à Alger dans le cadre des concertations avec le pays hôte.
Les rencontres devant être tenues avec ce responsable « boucleront définitivement le processus de préparation. Nous aurons ainsi finalisé tous les préparatifs susceptibles de contribuer directement ou indirectement au succès du sommet », a-t-il ajouté.
Mettant en exergue l’attachement du Président Tebboune à adresser des lettres d’invitation à titre personnel aux dirigeants des Etats membres de la Ligue, M. Lamamra a indiqué que la dernière invitation sera remise aujourd’hui au président de la République fédérale islamique des Comores.
Il a précisé, à ce titre, que les envoyés du président de la République ont affirmé son souci de faire de ce rendez-vous un sommet rassembleur et fédérateur, et de voir participer tous les dirigeants qui se sont dits prêts à prendre les décisions qui s’imposent face à la conjoncture arabe et les défis actuels.
« Nous devons en tant que Ligue Arabe et pays arabes, unis par les mêmes intérêts, fondements et valeurs morales et religieuses, regarder l’avenir tel un seul corps qui se tient et qui s’effondre lorsqu’une de ses parties est touchée du fait de la conjoncture internationale instable », a affirmé le chef de la diplomatie algérienne qui s’est dit convaincu que « les dirigeants sauront saisir l’opportunité pour évoquer les questions avec franchise afin d’aboutir à des résultats répondant aux aspirations de nos peuples à forte présence arabe et des intérêts communs.
Le ministre des Affaires étrangères a qualifié l’ordre du jour du Sommet d’ « exhaustif et ambitieux, basé principalement sur les actions que comptent entreprendre les chefs d’Etat dans environnement international instable, ainsi que sur les mesures consensuelles exigées par les intérêts arabes pour imposer notre présence post Covid-19 et poste crise en Ukraine ».
L’ordre du jour du Sommet portera en outre sur « toutes les questions « politiques et économiques relatives aux États, aux peuples arabes et à la vie du citoyen, en sus de toute réflexion vers un futur meilleur, se focalisant sur le rôle de la société civile, comme prouvé à travers le forum intergénérationnel de soutien à l’action arabe commune tenu à Oran ».
Lamamra a indiqué également que l’ordre du jour du Sommet arabe d’Alger allait aborder la situation en Palestine, le soutien aux institutions et à la démocratie palestinienne, mais aussi le rassemblement des Palestiniens en œuvrant pour que la direction palestinienne s’exprime pour l’unique destin palestinien, au nom du peuple, de toutes les organisations politiques, des acteurs de la société civile et des personnalités palestiniennes indépendantes ».
L’Algérie en meilleure position pour occuper un siège au Conseil de sécurité
Sur un autre registre, M. Lamamra a indiqué que la diplomatie algérienne « a prouvé à travers l’histoire qu’elle est une diplomatie responsable qui s’acquitte d’un rôle constructif dans les relations internationales, ce qui l’habileté à occuper, pour la 4e fois depuis son indépendance, le siège de membre non permanent au Conseil de sécurité ».
Pour ce faire, la campagne algérienne a débuté et la candidature est plébiscitée par l’Union africaine (UA), la Ligue arabe, l’Organisation de la coopération islamique (OCI) et plusieurs Etats, a-t-il rappelé. « Le résultat sera certainement positif et l’Algérie pourra accomplir pleinement son rôle au sein des Nations unies ».
Au sujet des changements anticonstitutionnels dans la région du Sahel, M. Lamamra a rappelé « la position forte et de principe de l’UA qui prévoit le gel ou la suspension de la participation de l’Etat en question aux réunions de l’UA ».
L’Algérie qui s’aligne à la doctrine de l’Union africaine, a-t-il affirmé, considère que « l’instabilité institutionnelle au Sahel complique davantage la situation et fait de la lutte antiterroriste un plus grand défi à relever qui exige une coopération entre les pays de la région et la communauté internationale ».
Dans ce sillage, le ministre des Affaires étrangères a formulé le souhait de voir disparaître les raisons d’instabilité et de tensions qui prévalent dans nombre de pays africains et voisins du Sahel, soulignant que « l’Algérie œuvre avec constance, confiante notamment en les liens d’amitié l’unissant avec les pays voisins, pour empêcher l’apparition de ces crises qui nuisent à la vie des peuples et sèment le trouble dans les relations naturelles entre plusieurs pays concernés ».
L’Algérie est leader du combat africain contre le terrorisme et le Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune dirige le mécanisme de l’UA sur la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent, a rappelé M. Lamamra.
L’Algérie entretient des liens avec de nombreux pays africains et soutient l’effort africain par tous les moyens, dont le Centre africain d’études et de recherches sur le terrorisme (CAERT), basé à Alger.