L’Alliance d’acier : Alger et Pékin célèbrent un siècle de fraternité militaire
Quand la mémoire militaire chinoise rencontre l’appareil politique algérien, c’est toute la profondeur d’un axe stratégique indéfectible qui se dessine. À l’invitation de l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République populaire de Chine en Algérie, Dong Guangli, le secrétaire général du Front de Libération Nationale (FLN), Abdelkrim Benmbarek, a pris part aux célébrations marquant le quatre-vingt-dix-neuvième anniversaire de la fondation de l’Armée populaire de libération (APL). Cet événement diplomatique majeur illustre la vitalité d’un partenariat historique forgé dans les épreuves du passé et résolument tourné vers l’architecture d’un monde multipolaire.
À l’aube des célébrations officielles prévues pour le premier août 2026, cette commémoration a offert une tribune privilégiée pour réaffirmer la continuité ininterrompue des relations d’amitié et de coopération bilatérale entre l’Algérie et la Chine. Dans un communiqué officiel publié jeudi par le FLN, l’accent a été mis sur la proximité organique unissant de longue date le parti historique algérien et le Parti communiste chinois (PCC). Cette alliance séculaire repose fondamentalement sur le respect mutuel et une coopération active déployée à travers de multiples domaines stratégiques.
Les fondements de ces liens profonds plongent leurs racines dans la fournaise de la lutte de libération nationale algérienne, menée entre 1954 et 1962. Durant cette période charnière, précisément de 1958 à 1962, Pékin a activement soutenu le FLN, agissant alors à travers le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA). Ce concours ne s’est pas limité à l’arène diplomatique et financière ; il a également englobé un appui logistique et militaire crucial destiné à l’Armée de Libération Nationale (ALN). Une telle convergence, qualifiée encore aujourd’hui de « baptême du feu et du sang » par les plus hauts dignitaires des deux formations lors de leurs sommets officiels, trouvait sa source dans une vision géopolitique commune résolument tournée vers le rejet de l’impérialisme et du joug colonial.
En retour, la diplomatie algérienne a su graver son nom dans l’histoire diplomatique internationale en jouant un rôle déterminant, en 1971, lors de l’adoption de la résolution 2758 par l’Assemblée générale des Nations unies. Cette intervention diplomatique majeure permit à la République populaire de Chine de réintégrer l’organisation internationale et de revendiquer, de plein droit, son siège permanent au Conseil de sécurité.

Au fil des décennies, cette complicité politique originelle s’est institutionnalisée et structurée autour d’un partenariat stratégique global scellé en 2014. Ce jalon diplomatique incontournable a ensuite ouvert la voie à l’adhésion officielle de l’Algérie, en 2018, au vaste projet d’infrastructure de la Ceinture et la Route. Sur le plan économique et commercial, la Chine s’est imposée dès 2013 comme le tout premier fournisseur de l’Algérie, une suprématie confirmée sans équivoque par les données officielles publiées par les douanes algériennes.
Au-delà de l’intensité des flux commerciaux et financiers, les deux capitales œuvrent de concert pour harmoniser leurs visions géopolitiques globales. Ensemble, elles portent la voix d’un plaidoyer formel en faveur d’un ordre mondial multipolaire, rigoureusement articulé autour du respect absolu de la souveraineté des États et du principe sacro-saint de la non-ingérence.
Alger et Pékin militent ainsi activement pour l’émergence d’une gouvernance mondiale équilibrée, délestée de l’hégémonie d’un bloc unique et résolument portée par l’affirmation croissante du Sud global. Cette ambition partagée transparaît clairement dans les déclarations conjointes issues de leurs sommets périodiques, dont la dernière illustration marquante demeure la visite officielle en Algérie d’une haute délégation du Parti communiste chinois, conduite par Jin Xin, vice-ministre de son Département international.