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Culture

L’Algérie : Un Issiakhem dans la collection

L’Algérie : Un Issiakhem  dans la collection

La toile L’Algérie réalisée par l’artiste peintre M’hamed Issiakhem en 1960 est remise au Musée national des Beaux-arts d’Alger, ce dimanche 8 janvier, lors d’une cérémonie, par une association culturelle française.

La toile est offerte par le peintre à l’écrivain et militant Jacques Arnault, décédé en 2008. Il a avait souhaité en faire don à un musée algérien et chargé l’Association Art et mémoire au Maghreb d’exécuter ses dernières volontés.

M’hamed Issiakhem a lui-même offert cette œuvre, réalisée en France entre 1959 et 1960, à Jacques Arnault, alors rédacteur en chef de la revue littéraire de gauche

La nouvelle critique, dans le contexte de la préparation d’un numéro spécial consacré à la culture algérienne, a expliqué la vice-présidente de l’association, Anissa Bouayad, lors de la cérémonie. Historienne, cette dernière a déjà présenté cette œuvre lors de l’exposition-hommage à M’hamed Issiakhem (25e commémoration de sa disparition du 1er décembre 2010 au 31 janvier 2011) au Musée public national d’art moderne et contemporain d’Alger. Elle y affirme notamment que cette toile sera exposée une fois en Allemagne par Issiakhem lui-même avant la fin de la guerre de libération nationale.

Elle précise qu’il fallait créer une association – Art et mémoire – pour effectuer la réception du tableau et lui donner une deuxième vie. Les membres fondateurs ont mis l’accent sur la nécessité de sa restauration.

D’autant que l’œuvre est en partie constituée de matériaux fragiles, presque éphémères, comme le papier journal. Elle précise aussi que cette œuvre sera restaurée grâce à une opération de mécénat, coordonnée par le critique d’art et universitaire Benamar Mediene pour être exposée à Paris en 2012, avant de revenir en Algérie.

Pour Anissa Bouayad, L’Algérie est un « travail concomitant de l’engagement de son auteur auprès du service de presse du FLN. Mais il s’éloigne totalement d’une visée propagandiste : il est le fruit d’une maturation des idées d’un peintre encore jeune, il a alors trente ans, mais marqué indéfectiblement par la tragédie de la guerre qui dure déjà depuis plus de cinq longues années ».

La peinture, couleur terre, représente une mère, aux traits fatigués, et ses deux enfants. Elle se distingue également par des collages d’articles de presse traitant pour la plupart de la guerre de libération nationale, et de tissus aux couleurs de l’emblème algérien.

Ami proche et biographe de Issiakhem, Benamar Mediene a saisi cette occasion pour rendre hommage au génie du peintre qui l’a imposé comme une « figure importante » de l’art algérien alors qu’il n’est encore qu’adolescent.

Cet universitaire en histoire de l’art a également précisé que cette toile marque « la fin d’une période » chez M’hamed Issiakhem qui allait découvrir de « nouvelles influences et inspirations » après l’avoir achevée. L’Algérie vient enrichir la collection du Musée, constituée entre autres de Les Aveugles, Paysage de Kabylie, Maternité (1&2), Autoportrait.

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