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Sports

L’Algérie, un champion d’Afrique aux pieds d’argile

L’Algérie, un champion d’Afrique aux pieds d’argile

L’Algérie a bouclé mardi sa participation au Mondial-2015 de Doha par une humiliante 24e et dernière place, soit la pire sortie algérienne dans une telle compétition depuis le passage du nombre de participants à 24 équipes.

Finalement, le titre de champion d’Afrique, remporté il y a juste un an à Alger aux dépens de la Tunisie dans une salle Harcha-Hacene bondée, a été l’arbre qui cache la forêt tant le niveau de la petite balle algérienne ne cesse de régresser, de l’aveu même de certains joueurs cadres de l’équipe dont le capitaine Messaoud Berkous. 

Jamais les Verts n’avaient autant déçu qu’en terre qatarie. Les joueurs sont tout simplement passés à côté de la plaque tellement ils étaient absents et semblaient avoir la tête ailleurs. Excepté quelques bribes de rencontres et le match de prestige face à la France lorsque l’équipe, héroïque, a bousculé les quadruples champions du monde avant de tomber avec les honneurs (32-26), l’Algérie n’a pas fait long feu.

Les défaites se sont succédé pour les hommes de Réda Zeguili, démissionnaire depuis mardi. Amorphes, les joueurs ont sombré lors de la 5e et dernière journée de la phase de poules, ne montrant aucun signe de résistance face à une République tchèque qui s’est baladée (36-20) alors qu’elle venait d’apprendre son élimination de la compétition quelques minutes auparavant.

La première rencontre face à l’Egypte (défaite 34-20) a été celle du début du calvaire des coéquipiers du gardien Abdelmalek Slahdji qui, absent depuis la 2e mi-temps du match face à l’Islande en raison d’une blessure à l’épaule, a annoncé dans la foulée sa retraite internationale, déstabilisant encore plus l’équipe, ont estimé plusieurs journalistes algériens à Doha.

Les Verts touchent le fond

Le revers de lundi face à l’Arabie Saoudite (27-25) en coupe du Président IHF pour le classement a été la goutte qui a fait déborder le vase, poussant le sélectionneur national et certains joueurs à tirer à boulets rouges sur la Fédération algérienne de handball (FAHB), notamment le président Saïd Bouamra et le directeur technique national (DTN), Habib Kheraïfia, absents à Doha pour diverses raisons. Elle a été suivie 24 heures plus tard par une autre plus surprenante contre le Chili, un inconnu du monde handballistique, aux jets de 7m (30-28) alors que les Verts menaient à certains moments de la partie par 7 buts d’écart.

Le Sept national a terminé ainsi bon dernier, se coiffant du bonnet d’âne. Il est en recul de 7 places par rapport à la précédente édition en Espagne, où il avait pris la 17e position avec une différence de +7 après avoir gagné la coupe du Président IHF comptant pour le classement.

Depuis l’augmentation du nombre de participants à 24, la sélection algérienne ne s’était jamais classée au-delà du 20e rang. Elle a, en effet, occupé le 13e rang en 1995 (en Islande), le 17e en 1997 (Japon), le 15e en 1999 (Egypte), le 13e en 2001 (France), le 17e en 2003 (Portugal), le 17e aussi en 2005 (Tunisie), le 19e en 2009 (Croatie) et le 18e en 2011 (Suède). 

Les Vets n’avaient aussi jamais occupé la 6e et dernière place de leur groupe au tour préliminaire. Le 5e rang était leur plus mauvais résultat. Dans les autres éditions auxquelles elle a participé (1974, 1982, 1986, 1990), l’équipe nationale avait pris la dernière place mais sur 16 participants seulement.

Un échec collectif Sur le banc des accusés de cette piètre sortie qatarie, figurent l’entraîneur, qui a travaillé dans un staff technique très réduit (2 personnes seulement !) et plusieurs joueurs dont le rendement a été insuffisant pour une importante compétition comme le championnat du monde.

Les Boultif, Soudani, Biloum, Filah et autres Layadi et Berriah n’ont pas convaincu alors qu’ils étaient censés encadrer les plus jeunes et faire faire à cette équipe nationale le saut de qualité tant attendu. Il n’en fut rien. Ils se sont distingués surtout par leur sortie médiatique avant le Mondial-2015 dans laquelle ils demandaient l’amélioration de leurs conditions de travail, nécessitant intervention du président du Comité olympique et sportif algérien (COA), Mustapha Berraf, pour calmer les choses.

Même l’entraîneur Réda Zeguili, qui a qualifié son équipe de « médiocre » après les rencontres face aux Tchèques et Saoudiens, n’est pas exempt de tout reproche et a une part de responsabilité dans cette situation, lui qui « n’a pas réussi à maîtriser son sujet », selon l’analyse de plusieurs techniciens et anciens joueurs algériens présents à Doha pour suivre la compétition.

Quant à la FAHB, elle a brillé par son absence dans les moments difficiles, signant à Doha l’échec de son projet. Les relations tendues entre Zeguili et Kheraïfia sont un secret de Polichinelle qui empoisonne l’existence de l’encadrement technique depuis plusieurs mois.

Le constat de l’arrière-droit Boultif, qui en est à son quatrième championnat du monde, résume bien la situation : « Notre titre africain a malheureusement caché pas mal de choses. Depuis la victoire au championnat d’Afrique, rien n’a bougé, aucune amélioration. Nos résultats sont à l’image de notre tournoi, de notre Fédération et du handball algérien en général.

Tant qu’on reste à ce niveau-là, tant qu’on ne veuille pas progresser, tant qu’il n’y ait pas d’hommes qui veulent hisser le handball algérien à son meilleur niveau, nous continuerons à régresser ». Le 24e championnat du monde au Qatar est à mettre aux oubliettes pour le handball national. Mais avant, les responsables de cette déroute doivent rendre des comptes. Il y va du bien de la petite balle algérienne. 

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