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Nationale

L’Algérie, terre africaine des droits de l’Homme ?

L’Algérie, terre africaine des droits de l’Homme ?

Le mutisme affiché depuis des années n’est, semble-t-il, plus de mise. L’Algérie apportera son aide humanitaire aux réfugiés africains. Et c’est la présidente du Croissant-Rouge algérien (CRA), Saïda Benhabylès, qui l’a affirmé en fin de semaine.

La présidente de l’organisation humanitaire a laissé entendre que « le rapatriement des réfugiés étrangers d’Algérie est exclu tant que la stabilité n’est pas rétablie dans leur pays ». Mme Benhabylès a indiqué, à l’occasion, en marge d’une rencontre entre le CRA et l’organisation arabe du Croissant-Rouge et de la Croix-Rouge consacrée à l’ « Action humanitaire à la lumière des défis mondiaux », que « le rapatriement des réfugiés africains est exclu à l’heure actuelle tant que la situation sécuritaire dans leur pays reste précaire ».

Rappelant au passage que l’opération d’envergure de rapatriement de ressortissants nigériens entamée depuis plus d’une année par les autorités algériennes est intervenue à la demande du gouvernement de Niamey. Elle a précisé à ce propos que « comme il était question d’une action humanitaire, celle-ci a été confiée au Croissant-Rouge qui l’a prise en charge », selon elle, « conformément aux critères mondialement en vigueur comme en témoignent les observateurs, et selon les critères algériens fondés sur le respect de la dignité de l’Homme ».
« 8 000 ressortissants nigériens, en majorité des enfants sans accompagnateurs, ont été rapatriés », a-t-elle dit avant de faire remarquer qu’elle plaidait pour une « vision stratégique à long terme qui consiste à trouver les moyens susceptibles d’aider cette catégorie à se stabiliser dans leur pays lors du financement de microprojets ».

Mission pas facile, dans la mesure où il faudra coordonner avec les gouvernements des pays concernés, sachant que la perméabilité des immenses frontières du Sud algérien avec notamment ces pays confrontés à des crises multiples reste la première préoccupation.
Ces crises et conflits souvent armés auxquels sont confrontés nombre de pays à travers le monde, notamment en Afrique et au Proche-Orient, restent en effet à l’origine de mouvements de masse et de flux migratoires jamais connus par le passé. Au centre d’un environnement géostratégique favorable qui pourrait présenter des alternatives au départ vers d’autres cieux cléments, dirions-nous, dont le vieux continent, l’Algérie, qualifiée de puissance économique par les ressortissants de pays en butte à la guerre et à la famine reste une destination privilégiée face au chaos que connaît l’ex-Jamahiriya, terre jadis promise par feu Kaddafi aux citoyens des pays du Sahel. Un chaos qui avait, rappelons-le, fini par mettre les ressortissants de ces pays dans le collimateur des milices nées suite à la chute du guide de la révolution, victimes de chasse aux hommes de couleur, dont beaucoup étaient de simples prolétaires recrutés par l’armée libyenne du temps du Guide. Des massacres dont ont fait écho les médias et qui avaient dans leur temps pointé des révolutionnaires islamistes.

La mendicité, seule option de survie

Face à ces bouleversements, l’alternative algérienne se présenta d’elle-même aux migrant subsahariens. Une situation qui a fait que la quasi-totalité des principales villes algériennes furent envahies durant cette année par les Africains fuyant la guerre ou la misère, essentiellement venus du Mali et du Niger. L’Algérie fera alors face à un afflux migratoire sans précédent. Des Nigériens, des Maliens en sus des Syriens et même des Marocains finirent par jeter leur dévolu sur le plus grand pays d’Afrique à la faveur d’une rente pétrolière devenue trop apparente. D’autant que l’Etat accordait -ou feignait de le faire- peu d’intérêt à ce phénomène. Des milliers d’Africains franchiront l’immense bande du Sud à la recherche d’une vie meilleure. Seulement, au moment où il leur était plus facile de se fondre dans les populations du Sud, ces nouveau « intrus » ne pouvaient passer inaperçus au nord du pays. Et c’est là qu’ils seront confrontés à une réalité qui leur était inconnue. Alors que pour les citoyens venus du Machrek, de Syrie principalement, la quête d’activité pouvait ne pas être une pénible affaire sachant que plusieurs d’entre eux étaient doués d’un savoir faire, pour les Africains, dont la quasi-totalité est sans qualification ou pire, analphabète, un recrutement pour une simple mission de manutentionnaire ne pouvait passer inaperçu. Du coup, peu ou nulle chance ne s’offrait à ces ressortissants de pouvoir dénicher un quelconque travail au Nord, et c’est ainsi que seule l’alternative de la mendicité pouvait leur assurer la survie.

Une bien pénible situation qui, faut-il encore le souligner, fut exagérément amplifiée par les articles de presse. En effet, la presse nationale n’avait pas aussi été tendre avec ces nouveaux venus dont beaucoup furent étiquetés de « voleurs » ou de « malpropres », porteurs de virus du sida, de la syphilis ou autre Ebola. Des faits qui avaient même été dénoncés par certaines ONG.
Face à leur pénible destinée, les ressortissants du Sahel furent alors pris en charge par l’Etat algérien. Mission qui fut dévolue au Croissant-Rouge algérien qui se chargea alors de la gestion d’une soixantaine de centres d’accueil érigés à la hâte ainsi que de la prise en charge de ces femmes et enfants dans l’objectif de trouver une solution. Un accord sera alors signé avec le gouvernement nigérien pour le rapatriement de milliers de ressortissants de ce pays.

Des opérations qui n’avaient pas aussi été menées sans incidents. De graves accidents avaient en effet émaillé certaines opérations de rapatriement. En novembre 2015, un incendie dans un centre d’accueil à Ouargla avait fait 18 morts dont deux enfants et trois femmes et plus d’une quarantaine de blessés.

En décembre 2014, neuf immigrés nigériens en voie de reconduite à la frontière ont été tués dans un accident de la route près de Ghardaïa, à quelques 200 km à l’ouest de Ouargla.
Cela, en sus des dangers qui guettent ces migrants au cours de leurs infortunés voyages vers le Nord. Quatre-vingt-douze migrants, essentiellement des femmes et des enfants, sont en effet morts de soif en octobre 2013 alors qu’ils traversaient le désert pour rejoindre les cités du nord.

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