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Nationale

L’Algérie sollicitée pour « diffuser un islam modéré » en Occident

L’Algérie sollicitée pour « diffuser un islam modéré » en Occident

Cent cinquante « ambassadeurs de la paix » sillonneront l’Europe et l’Amérique du Nord durant le ramadhan pour diffuser un discours religieux modéré et éclairé. Des imams triés sur le volet parmi ceux ayant souhaité aller à l’étranger pour officier aux prières, notamment celles des Tarawih, durant le mois sacré. Il se rendront dans plusieurs pays du Vieux continent et du Nouveau monde.

Une centaine a été retenue rien que pour les mosquées et lieux de culte musulmans de France, a précisé le ministre des Affaires religieuse et des Wakfs Mohamed Aïssa à l’issue de son entretien avec le ministre français de l’Intérieur Gérard Collomb, en visite jeudi dernier à Alger à la tête d’une importante délégation de préfets.

Mohamed Aïssa a expliqué que la France bénéficiera du plus grand nombre d’imams vu la forte concentration de la communauté algérienne qui y est établie, précisant que les autres seront répartis dans plusieurs pays dont l’Allemagne, l’Italie, la Grande-Bretagne, la Belgique ou encore le Canada. Le ministre a aussi précisé que les imams sélectionnés ont été retenus pour la maîtrise des règles de la psalmodie et leur aptitudes à diffuser un discours religieux « modéré ». La France, où la communauté musulmane d’origine algérienne est la plus importante avait aussi souhaité, a précisé le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, tirer profit du passage des spécialistes du culte musulman algériens pour lancer à la même période des caravanes culturelles devant véhiculer « la démarche algérienne mettant en avant l’islam modéré et du juste milieu ».

Ces convois culturels sillonneront la France et devront aller à la rencontre de la communauté musulmane présente dans différentes communes de ce pays. Plusieurs pays européens, principalement la France et la Grande-Bretagne, affichent de plus en plus de réticence envers les imams jugés trop radicaux. Au début du mois en cours, la justice française a entériné une décision d’expulsion d’un imam algérien. Dans le collimateur du ministère de l’Intérieur français, le prédicateur algérien, 63 ans, est accusé d’avoir usé durant plusieurs années d’un langage « haineux » envers les chrétiens et les juifs. La mosquée lieu du « délit » présumé a même été fermée pour six mois. Le concerné, qui séjourne en France depuis près de 37 ans et père de sept enfants, s’accroche à son pays d’accueil. Il s’est même engagé, via son avocat, « à arrêter de prêcher, à renoncer à son poste d’imam pour pouvoir rester en France auprès de ses enfants. » La France accueille tous les quatre ans des imams algériens pour officier dans les mosquées françaises. Un accord entre les autorités religieuses algériennes et la mosquée de Paris, qui chapeaute près de 200 mosquées à travers le territoire Français, lie les deux parties.

Ces dernières années, une approche plus rigoureuse a été entreprise par le ministère français de l’Intérieur et le département de Mohamed Aïssa afin d’encadrer au mieux les futurs imams devant prêcher en France, notamment en ce qui concerne le volet linguistique et celui relatif au respect de lois et traditions du pays d’accueil. Aïssa ne cesse, en effet, d’appeler les imams algériens missionnaires dans ces pays à diffuser un discours modéré et éclairé et un message de paix pour faire valoir la véritable image de l’Islam dans le monde. Des accords ont été conclus entre les deux parties afin de prendre en charge la formation, par des encadreurs algériens, d’imams en France. Pour sa part, l’Union des mosquées de France, proche du royaume du Maroc, a d’ores et déjà pris des initiatives visant à former à partir de

septembre 2018 des imams en France. Des accords avec la monarchie pour l’envoi d’enseignants, principale préoccupation des autorités françaises en charge du dossier, auraient été déjà scellés. La France recourait en effet à des établissements islamiques marocains pour la formation de ses imams. Chaque année, des dizaines de Français musulmans sont envoyés dans les universités islamiques marocaines pour y suivre des formations dans l’imamat.

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