Changement climatique: L’Algérie se transforme en pays désertique
Le changement climatique a eu des répercussions sévères sur les terres arables qui se rétrécissent au fil des ans faisant de l’Algérie un pays quasiment désertique. « L’Algérie est devenue un pays fortement aride », selon l’amère constat de Khaled Ben Mohamed, directeur général du bureau des études et des statistiques rurales au ministère de l’Agriculture.
Alors que la dernière sécheresse ayant frappé le pays a eu lieu à l’ouest du pays durant une longue période, s’étalant sur 30 ans, soit de 1975 à 2005, le pays continue de subir les conséquences du réchauffement climatique et, par conséquent, causant une forte désertification. Les experts sont unanimes. L’Afrique du Nord vivra, dans les années à venir, des périodes de sécheresse sans précédent. C’est pourquoi la situation doit être gérée « intelligemment, sérieusement et rationnellement ».
Lors de son passage sur les ondes de la radio algérienne Chaîne 3, Khaled Ben Mohamed a déclaré que « l’Algérie a basculé d’un pays pratiquement semi-aride à un pays fortement aride, notamment à l’ouest, où il a été constaté un glissement des étages bioclimatiques d’environ 150 kilomètres au nord ». Cette situation est due à la rareté des précipitations et au prolongement de la sécheresse.
Cependant, et pour faire face à ce phénomène causant le décalage des cycles végétatifs des cultures, il est impératif de mettre en place de nouvelles stratégies pour maintenir les niveaux de production agricole, la diversification et l’amélioration des produits agricoles. « Les pouvoirs publics s’y adaptent progressivement en adoptant des stratégies nouvelles à l’effet de maintenir les niveaux de production agricoles, et d’assurer la sécurité alimentaire », a fait savoir l’invité de la rédaction.
Ainsi, le bureau des études et des statistiques rurales s’impose tel un outil d’aide à la décision et la maturation du secteur via l’élaboration de ces stratégies, a souligné M. Ben Mohamed. Cette évaluation permettra une visibilité à long terme en termes de stratégie en production, a-t-il ajouté.
Dans ce cadre, l’hôte de la radio a cité le plan de développement du secteur agricole 2022-2024, qui apportera davantage de visibilité au partenariat en connaissance de l’économie agricole à la base d’éléments permettant le développement des pôles de production agricole. Il a précisé que cette feuille de route est en cours de recentrage pour la période 2022-2025.
Pour faire face « aux contraintes climatiques qui se posent avec acuité, occasionnant un changement de comportement des plantes », il a appelé à se libérer des méthodes traditionnelles de production, et ce en adoptant la technologie et le partenariat. Il a rappelé, au passage, la tenue de la haute commission mixte algéro-italienne qui doit sceller un partenariat stratégique avec le ministère de l’Agriculture, au même titre que celui de l’Energie, intimement déterminants pour l’avenir de l’Algérie.
Il convient de signaler que l’agriculture est l’un des secteurs les plus importants de l’économie algérienne. Il représente 12,3 % du PIB. Ce pourcentage varie sensiblement en fonction des années et des conditions climatiques. Il convient de noter également que le secteur emploie 10,4 % de la population active, ce qui représente 1,14 million de travailleurs.
Le ministère de l’Agriculture et du Développement rural a mis en place un avant-projet de loi portant sur la protection des terres agricoles. A terme, ce que l’on peut attendre de cette loi c’est que les 44 millions d’hectares de terrain du territoire algérien à vocation agricole connaissent une optimisation de la production et jouissent d’une meilleure visibilité pour une planification, par régions et par zones, par les pouvoirs publics. Quant à la production agricole, cette dernière permet de satisfaire les besoins du pays à 72 %, selon les données officielles.