-- -- -- / -- -- --
Nationale

L’Algérie revient à la norme mondiale

L’Algérie revient à la norme mondiale

Avec le retour de la disposition du mandat présidentiel à un seul renouvelable une fois, il est sûr aujourd’hui que le président Bouteflika ne briguera pas un cinquième mandat.

Le débat sur le respect de la limitation des mandats présidentiels a agité la scène politique durant plus de cinq ans. Une ligne de fracture est apparue entre les partis alliés au pouvoir et ceux de l’opposition.

D’un côté ceux, la majorité, qui exigent qu’ils se conforment aux prescriptions de la Loi fondamentale et de l’autre, plusieurs leaders sont tentés de passer en force, pour des raisons souvent électoralistes.

L’article 74 de la Constitution de 1996, qui limitait les mandats présidentiels à un, renouvelable une seule fois, avait été supprimée en 2008 pour permettre au chef de l’Etat de briguer un troisième puis un quatrième mandat.

Ahmed Ouyahia a avancé un argument qui ne tient pas la route pour justifier, et la révision de la Constitution en 2008, et la reconduction de Bouteflika pour un quatrième mandat en 2014 : « En 2008, c’était une demande de la part de la société. Une personnalité particulière.

Après cet amendement, il y a eu beaucoup de protestations. En 2014, j’avais dit que la candidature de Bouteflika était un sacrifice de sa part pour éviter au pays de sombrer dans la violence » avait-il dit. Or personne à l’époque, sauf peut-être ceux qui se réclamaient du cercle présidentiel, n’a avancé une telle revendication.

Pourtant le directeur de cabinet de la présidence de la République doit avoir à l’esprit que le vrai débat sur la limitation des mandats présidentiels est en réalité un débat sur l’organisation des systèmes politiques et la démocratisation du pays et non une quelconque revendication populaire ou une lubie d’un cercle, fût-il le plus puissant.

En Algérie on a touché à cet équilibre et on est revenu sur la décision à travers la nouvelle mouture qui sera proposée au vote du Parlement au mois de février prochain sans expliquer les raisons de ce revirement inattendu.

Lorsque le pouvoir s’arc-boute sur le respect de cette disposition, il donne le sentiment, au-delà de la question de principe, que la limitation des mandats présidentiels est justifiée de tous temps, en tous lieux, de la qualité du Président en exercice.

La tentation est donc compréhensible, et le souhait d’une majorité de l’opinion de la voir respecter la Loi Fondamentale est légitime. En tout état de cause, la question de la limitation des mandats présidentiels devrait être au centre du débat public en période non-électorale autant qu’en période électorale. Cela laisserait le temps de l’approcher dans toute sa complexité.

Cela permettrait aussi de la replacer dans le cadre plus large du nécessaire débat sur l’organisation des systèmes politiques et contribuer à apaiser l’atmosphère des périodes préélectorales. Avec le retour de la disposition du mandat présidentiel à un seul, il est sûr aujourd’hui que le président Bouteflika ne briguera pas un cinquième mandat.

La course est plus que jamais ouverte entre les leaders politiques qui doivent d’ores et déjà se frotter les mains. La suppression de l’article de la présidence à vie ravive ainsi les espoirs de certains qui se voient déjà au Palais d’El Mouradia.

La prochaine Constitution prévoit de limiter le nombre de mandats présidentiels à deux, de cinq ans chacun. Cette disposition sera consacrée dans l’article 74 de la future Constitution, dont l’avant-projet a été présenté en conférence de presse par Ahmed Ouyahia, directeur de cabinet du président Abdelaziz Bouteflika.

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email