-- -- -- / -- -- --
Nationale

L’Algérie refuse la suppression des visas avec la Turquie

L’Algérie refuse la suppression des visas avec la Turquie

L’Algérie a refusé la suppression des visas avec la Turquie pour les ressortissants des deux pays, rejetant ainsi une demande réitérée par Ankara en marge de la visite du président Recep Tayyip Erdogan. C’est ce qu’a fait savoir ce dimanche 18 mars au Jeune Indépendant une source diplomatique de haut rang.

« La suppression des visas avec la Turquie ne peut être envisagée actuellement en raison de profondes divergences entre les deux pays sur les dossiers sécuritaires et sur les conflits en cours dans la région d’Afrique du Nord », a affirmé ce diplomate de haut rang qui a souligné que « les experts turcs et algériens avaient discuté cette proposition en préparation de la visite à Algérie, en février dernier, du président turc Recep Tayyip Erdogan, mais que la partie algérienne a conclu que la suppression des visas ne peut être à l’ordre du jour dans les circonstances dans lesquelles sont plongées les régions d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient .

« Nous ne pouvons accepter de courir le risque de supprimer les visas lorsqu’on sait que la Turquie est malheureusement un territoire de transit des djihadistes vers la Syrie, l’Irak, et aujourd’hui vers la Libye », a précisé ce diplomate qui a ajouté que cette option, une fois retenue, « pourrait être préjudiciable à l’Algérie qui fait face à la menace terroriste à ses frontières, notamment la Libye, qui attire de nombreux terroristes ou mercenaires de plusieurs nationalités ». Selon lui, l’éventualité de plus en plus inquiétante de flux de terroristes de Daech après leur débâcle en Irak et en Syrie vers l’Afrique du Nord, constitue un argument de taille pour ne pas envisager la suppression des visas. « Des terroristes ou recruteurs munis de passeports turcs peuvent passer par nos aéroports ou s’infiltrer en Algérie », a-t-il dit. Soulignant que « La question de la sécurité du pays, fait partie des principes constamment rappelés par le Président Abdelaziz Bouteflika ». A la question de savoir si la Turquie a donné des garanties en matière de contrôle des mouvements des voyageurs et des terroristes entre l’Algérie et la Turquie en tant que préalable afin que les visas soient supprimés entre les deux pays, la même source a indiqué que « nos deux pays divergent en matière de définition du terrorisme ». 
Cela d’autant qu’il est « reproché à la Turquie, pays membre de l’Otan, de ne pas être méticuleuse dans l’application du traitement des données des dossiers passagers (PNR, pour l’anglais passenger name record)  », a-t-il poursuivi. De nombreux pays, y compris de l’Union européenne, ont accusé la Turquie d’avoir facilité le passage de terroristes d’Europe et d’Amérique du Nord vers la Syrie et d’avoir aussi participé à l’entraînement de nombreux djihadistes.
L’ancien secrétaire d’Etat américain John Kerry avait révélé que
5000 djihadistes avaient été entraînés en mars 2014 en Turquie. Cela dit, la demande turque de suppression du visa est sur le tapis depuis quelques années. En 2013 déjà, Ankara avait fait part de son souhait d’exempter, sur la base du principe de la réciprocité, les ressortissants algériens du visa d’entrée sur son territoire, dans le but d’intensifier les déplacements des touristes et des hommes d’affaires entre les deux pays. « De toutes façons, nos consulats en Turquie ont été instruits pour faciliter l’octroi des visas pour les ressortissants et hommes d’affaires turcs », a-t-il encore dit, faisant part des interrogations de l’Algérie au sujet des fortes pressions subies par les consulats d’Algérie en Turquie. 

Ce diplomate n’a pas manqué de relever que les relations économiques et culturelles entre Alger et Ankara sont excellentes et que la Turquie demeure une destination privilégiée pour les touristes algériens, mais que des divergences subsistent entre les deux capitales au sujet des conflits en cours et dans la lutte contre le terrorisme.

La partie algérienne ne voit pas d’un bon œil l’appui direct de la Turquie aux mouvements armés qui contrôlent la ville libyenne de Misrata. « Son influence sur cette région et son appui à des parties au détriment d’autres sont pénalisants pour le règlement de la crise chez nos voisins », a tenu à indiquer ce diplomate. Aussi longtemps que durera la crise en Libye ainsi que l’insécurité aux frontières de l’Algérie, la question de la suppression des visas entre Alger et Ankara est renvoyée aux calendes grecques, at-il conclu. 

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email