L’Algérie ou le rempart du droit face au chaos
Dans un Moyen-Orient transformé en poudrière par l’agression israélo-américaine contre l’Iran, la voix de l’Algérie résonne avec une clarté singulière. Alors que les missiles et les drones balaient les frontières, Alger, sous l’impulsion du président Abdelmadjid Tebboune, refuse de céder à l’hystérie des alliances belliqueuses. Sa position est un plaidoyer pour une valeur devenue rare : la prédominance de la diplomatie sur la force. La position d’Alger est limpide : aucune sécurité durable au Moyen-Orient ne peut se construire sur les décombres des frontières nationales ou sur le sacrifice des populations civiles.
Le récent communiqué du ministère des Affaires étrangères, suite aux bombardements de grande envergure du 28 février 2026 contre l’Iran, marque une étape cruciale. L’Algérie y déplore sans équivoque la faillite de la diplomatie face au drame qui se joue en Iran. Mais cette posture ne s’arrête pas aux frontières de Téhéran. Avec la même fermeté, Alger rejette toute atteinte à l’intégrité territoriale des pays du Golfe — Qatar, Arabie Saoudite, Oman, Koweït — ainsi que de la Jordanie. Pour le président Tebboune, qu’il s’agisse de ripostes ou de provocations, le ciel et le sol de ces pays frères ne sauraient être le théâtre d’une guerre par procuration.
Chaque missile qui traverse ces espaces aériens, chaque drone qui menace ces terres, est une entaille supplémentaire au droit international que l’Algérie défend avec une constance historique.
En même temps, face à cette escalade qui met en danger autant la région que la stabilité internationale notamment celle des marchés énergétiques et des routes de navigation, le président Tebboune prône une distance tactique rigoureuse. L’Algérie refuse l’embrigadement dans une logique de blocs dévastatrice qui ne ferait qu’accélérer la marche vers le désastre contre lequel mettent en garde de nombreuses voix y compris celles gravitant autour des centre de décisions à Washington.
Au contraire, l’Algérie milite pour un règlement pacifique des conflits et un retour immédiat à la table des négociations. Pour la diplomatie algérienne, la guerre n’est jamais une solution ; elle est un échec de l’intelligence politique qui porte en elle les germes d’une instabilité chronique.
Car l’enjeu est triple. Il est d’abord humain : Alger s’alarme du risque de propagation du conflit et de son inévitable lot de morts civils, rappelant que les peuples sont toujours les premiers sacrifiés sur l’autel des raccourcis géopolitiques. Il est ensuite économique : en tant qu’acteur majeur de l’énergie, l’Algérie prévient qu’un embrasement total paralyserait le marché mondial de l’énergie, menaçant la stabilité de nations entières déjà fragilisées. Enfin, il est sécuritaire : une guerre régionale n’épargnerait aucune frontière et nourrirait les extrémismes de tous bords.
De ce fait, l’appel à la « retenue » lancé par Alger n’est pas un aveu de neutralité passive, mais un acte d’engagement actif pour la paix. Le message du président Tebboune est clair : seule une solution diplomatique globale, traitant les causes profondes des tensions — à commencer par la question palestinienne — pourra éteindre le brasier. En refusant de devenir un satellite des grandes puissances, l’Algérie s’érige en force d’équilibre, rappelant au monde que la véritable puissance réside dans la capacité à substituer le langage du dialogue à celui des armes.
Ainsi, l’analyse du président Tebboune est limpide : l’insécurité qui frappe aujourd’hui les capitales du Golfe et d’Amman est le symptôme d’une faillite du système multilatéral et d’une culture de l’impunité. En défendant la souveraineté de ses partenaires arabes tout en dénonçant la guerre en cours dans la région, l’Algérie plaide pour un ordre mondial où la force ne prime plus sur la loi. Elle rappelle que la stabilité du marché pétrolier, la sécurité maritime et, surtout, la survie des populations dépendent d’un retour immédiat au dialogue.
Au cœur de cette diplomatie du rempart, l’Algérie garde le cap sur ce qu’elle considère comme la source originelle du mal : l’absence de solution à la question palestinienne. Pour Alger, tant que les droits légitimes des peuples ne seront pas respectés, la région restera à la merci des étincelles les plus dévastatrices.