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Nationale

L’Algérie n’est pas compensée financièrement pour gérer les migrations

L’Algérie n’est pas compensée financièrement pour gérer les migrations

Les questions sécuritaires ont pris la part du lion au débat animant les tables rondes organisées samedi à Alger, dans le cadre de la 7e réunion des Parlements du groupe de dialogue 5+5 de l’ouest de la Méditerranée. La majorité des membres participants s’accordent sur le fait que la sécurité et la paix constituent le socle du développement économique durable pour les pays des deux rives de la méditerranée.
Le vice-président de l’assemblée parlementaire de la Méditerranée (APM), l’Algérien Tahar Kellil, membre du Conseil de la nation, a indiqué que cette rencontre parlementaire qui se tient en parallèle avec celle des ministres des Affaires étrangères est devenue une tradition. Elle entre dans le cadre de la diplomatie parlementaire qui vient en appoint à la diplomatie officielle des pays membres de ce groupe de dialogue 5+5. Kellil a relevé qu’il sera évoqué les différents problèmes que connaît la région du bassin méditerranéen, entre autres le phénomène du terrorisme, l’extrémisme violent, l’immigration clandestine, et autres questions économiques. 

Dans le même ordre d’idées, le vice-président de l’APM a souligné qu’il ne suffit pas de soulever les problèmes, mais qu’iil est impératif d’y trouver des solutions définitives.
Ce cadre de coopération, liant les Etats composant ce groupe permettra, a-t-il estimé, de prendre les décisions appropriées relatives au flux migratoire. Il s’agit de le traiter à tous les niveaux, c’est-à-dire dans les pays d’origine des migrants, les pays d’accueil, ainsi que les pays de transition. Cette vision, tendra, à sons sens, à éradiquer ce phénomène, à partager la responsabilité de sa prise en charge entre les pays concernés, mais aussi à régler les conflits régionaux et contribuer au développement économique de ces pays. Pour sa part, Abdelmadjid Dennouni, député à l’Assemblée populaire nationale et membre de la commission des Finances et du Budget, a qualifié cette réunion de « très importante » pour l’Algérie, qui est une puissance dans la région méditerranéenne. Et de poursuivre : « C’est un espace de concertation à travers lequel le Parlement algérien, avec ses deux chambres, exprime son point de vue, notamment l’APN qui est censée représenter la population algérienne et prendre en charge ses préoccupations. »
Dennouni a fait savoir que l’Algérie consent des efforts monumentaux, « se bat toute seule et ne bénéficie d’aucune aide financière » face au flux migratoire, contrairement à d’autres pays à l’instar de la Turquie, qui a demandé à l’Union européenne cinq milliards d’euros pour la prise en charge des migrants clandestins. « C’est partant de cette logique que nous demandons aux Etats de la rive Nord de la Méditerranée un soutien, ne serait, ce que moral », a-t-il soutenu. Dennouni a insisté sur la nécessité d’élaborer un « véritable plan Marshall » pour aider la région du Sahel à recouvrer sa sécurité et mettre en place un programme de développement économique pour améliorer les conditions socio-économiques des populations locales.
Outre les dossiers sécuritaire et économique, le président de l’APM, Pedro Roque, a déclaré de son côté que la question climatique est incontournable et figure aussi à l’ordre de jour de ce forum. Le changement climatique et ses effets dépassent les frontières géographiques, et ses dégâts continuent de se répercuter sur l’économie des pays, d’où l’importance d’en faire une priorité, a t-il précisé.
Ce forum de haut niveau ayant pour thème « Méditerranée occidentale : Promouvoir un développement économique et social inclusif, partagé et durable face aux défis communs dans la région », réunit les cinq pays de la rive Nord de la Méditerranée, soit le Portugal, l’Espagne, l’Italie, Malte, et la France, et leurs homologues de la rive Sud soit l’Algérie, la Tunisie, la Mauritanie la Libye et le Maroc. La rencontre d’hier se solde par un ensemble de recommandations qui seront présentées aujourd’hui lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères dans le même cadre. De par son importance le rendez-vous d’aujourd’hui, perçu par les observateurs comme « mutuellement bénéfique », devrait sceller encore l’agenda maghrébin, dans la mesure où les ministres des Affaires étrangères des 5+5 auront à se rencontrer aujourd’hui à Alger.
Mais il semble que la partie marocaine a préféré dépêcher « une simple délégation » de son MAE, en lieu et place de son chef de la diplomatie. Ce qui est perçu comme une position tendant à fragiliser encore davantage l’Union du Maghreb arabe.

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