L'Algérie exige un retour à l'ordre constitutionnel au Mali avant fin 2022 – Le Jeune Indépendant
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Nationale

L’Algérie exige un retour à l’ordre constitutionnel au Mali avant fin 2022

L’Algérie exige un retour à l’ordre constitutionnel au Mali avant fin 2022
Alger plaide pour une transition raisonnable

L’Algérie a exhorté ce lundi les autorités de transition au Mali à mettre en ouvre au plus tard cette année le retour à l’ordre constitutionnel conformément aux « exigences internationales et des aspirations légitimes du peuple malien » au moment où la tension entre la CEDEAO et Bamako s’est exacerbée depuis dimanche. 

« Dans le respect des décisions pertinentes de l’OUA et de l’UA sur les changements anticonstitutionnels de Gouvernements, l’Algérie n’a pas cessé d’appeler au retour à l’ordre constitutionnel au Mali et d’œuvrer, conformément aux responsabilités qui sont les siennes en vertu de l’Accord d’Alger et en étroite collaboration avec les partenaires internationaux, à la réunion des conditions nécessaires pour favoriser une transition en douceur vers le rétablissement durable de l’ordre constitutionnel dans ce pays frère », indique dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger.

« Cet engagement traduit en effet la profonde conviction de l’Algérie que le processus de paix et de réconciliation et les efforts de restauration de l’ordre constitutionnel démocratique se soutiennent mutuellement et nécessitent le soutien de tous dans le cadre d’une démarche équilibrée », ajoute le texte.

« A l’occasion de ses interactions récentes avec les autorités maliennes, l’Algérie, tout en mettant en garde contre les conséquences politiques, sécuritaires et économiques que peut avoir toute transition longue telle que celle envisagée par la partie malienne, a plaidé pour un dialogue serein et réaliste avec la CEDEAO en vue de parvenir à un plan de sortie de crise qui tienne compte des exigences internationales et des aspirations légitimes du peuple malien », a souligné le communiqué.

Lire aussi : Le Mali salue le rôle de l’Algérie dans la stabilité dans le Sahel

« C’est dans cet esprit que le Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a, dans l’audience qu’il a accordée le 6 janvier courant à une délégation malienne de haut niveau, insisté sur la nécessité pour les autorités de la transition au Mali d’envisager de s’engager à faire de l’année 2022 celle de l’instauration d’un ordre constitutionnel malien rassembleur et consensuel ayant pour objectif de consacrer les acquis et les préconisations de l’Accord de paix et de réconciliation au Mali issu du processus d’Alger ainsi que d’autres avancées d’un dialogue inter-malien fraternel.  »

Le président de la république avait reçu le 7 janvier au siège de la présidence le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop qui lui a remis un message du président de la transition au Mali, Assimi Goïta.

Selon le chef de la diplomatie malienne, le message porte essentiellement sur la situation au Mali, notamment les avancées et les difficultés liées au processus de transition qui a été marqué récemment par la tenue des Assises nationales de la refondation qui ont permis aux Maliens de se parler, de s’approprier leur destin et aussi de partager leurs visions pour le Mali et aussi d’en fixer les étapes et les perspectives”.

Pour sa part, le Président « qui a fait valoir l’exigence d’une approche inclusive répondant à la complexité des problèmes structurels et conjoncturels et aux défis que le Mali doit relever, y compris dans la lutte contre le terrorisme, a estimé raisonnable et justifiable une période de transition d’une durée ferme d’une année, que seules des considérations impérieuses d’ordre sécuritaire, financier ou matériel, pourraient étendre de quelques mois le cas échéance », a fait savoir le texte.

C’est ainsi que Tebboune « a réitéré l’attachement indéfectible de l’Algérie à la souveraineté, à l’unité et à l’intégrité territoriale de la République du Mali, et a encouragé les dirigeants de la transition à l’adoption d’une attitude responsable et constructive », a encore souligné le document.

Devant les risques graves et les épreuves que portent en elles la panoplie de sanctions massives annoncées par le Sommet Extraordinaire des Chefs d’Etat de la CEDEAO ce 9 janvier à Accra, ainsi que les contre-mesures annoncées par le Gouvernement de la République du Mali, l’Algérie appelle toutes les parties à la retenue et au réengagement dans le dialogue en vue d’éviter à la région un engrenage de la tension et une exacerbation de la crise.

Les États d’Afrique de l’Ouest ont adopté, dimanche 9 janvier, à Accra, des sanctions qualifiées de « très dures » envers les autorités de la transition au Mali.

Les dirigeants de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), siégeant à huis clos dans la capitale ghanéenne, ont réagi au projet de la junte de continuer à diriger le pays jusqu’à cinq années supplémentaires et au manquement de la part des autorités de la transition à l’engagement d’organiser le 27 février prochain des élections présidentielle et législatives qui auraient ramené des civils à la tête du pays.

La Cédéao a décidé de fermer les frontières avec le Mali au sein de l’espace sous-régional et de suspendre les échanges commerciaux autres que les produits de première nécessité, affirme un communiqué lu à l’issue du sommet. Elle a aussi décidé de couper ses aides financières et de geler les avoirs du Mali à la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Les pays membres vont aussi rappeler leurs ambassadeurs au Mali.

Les dirigeants de la Cédéao ont entériné les mesures prises lors d’un sommet de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) précédant immédiatement le leur, a dit sous le couvert de l’anonymat un participant au sommet, parlant de mesures « très dures ».

Ces sanctions prennent effet immédiatement, ont-ils précisé. Elles ne seront levées progressivement que lorsque les autorités maliennes présenteront un calendrier « acceptable » et que des progrès satisfaisants seront observés dans sa mise en œuvre. Elles sont plus rigoureuses encore que celles adoptées après le premier putsch d’août 2020.

Les autorités maliennes ont condamné « énergétiquement » ces sanctions jugées « illégales » et accusé les membres de la Cédéao d’être « instrumentalisés » par des « puissances extra-régionales », sans les nommer.

Dans un communiqué lu à la télévision par le porte-parole Abdoulaye Idrissa Maïga, le gouvernement malien de transition a promis de fermer à son tour ses frontières aériennes et terrestres avec les pays membres de la Cédéao, de rappeler ses ambassadeurs et a annoncé qu’il se réservait le droit de reconsidérer son adhésion à la Cédéao et à l’UEMOA.

En réaction à ses développement, le communiqué des affaires étrangères conclu que « dans la fidélité au principe de la promotion de solutions africaines aux problèmes de l’Afrique qui fonde les contributions qualitatives au sein de l’Union Africaine, l’Algérie exprime sa pleine disponibilité à accompagner activement la République du Mali et la CEDEAO dans la voie salutaire de la compréhension mutuelle autour d’une vision solidaire de l’avenir commun de tous les peuples africains. »

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