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Nationale

L’Algérie en mesure de faire face au choc pétrolier

L’Algérie en mesure de faire face au choc pétrolier

Le Fonds monétaire international (FMI) a indiqué, dans son dernier rapport annuel sur l’économie algérienne, que notre pays avait la possibilité de mener l’ajustement au choc des prix de pétrole qui, jusqu’ici, n’a eu qu’un effet limité sur la croissance économique.

« Jusqu’à présent, le choc des cours du pétrole n’a eu qu’un effet limité sur la croissance économique », souligne le FMI dans son rapport annuel sur l’économie algérienne, établi suite aux consultations de 2016 au titre de l’article IV de ses statuts.

Par ailleurs, dans cette analyse les experts du FMI expliquent que l’effondrement des cours du brut ont mis au jour les vulnérabilités de cette économie, connue de longue date, en raison surtout du dirigisme étatique et du caractère mono exportateur du pays, excessivement tributaire des hydrocarbures.

Selon eux, le choc des cours du brut n’a eu qu’un « effet limité sur la croissance, mais les soldes budgétaire et extérieur se sont détériorés ». C’est en raison des marges accumulées par le passé que l’Algérie, indique le FMI, peut mener des ajustements nécessaires d’une manière progressive.

C’est-à-dire que le gouvernement peut encore repenser, reconstruire et reconfigurer le modèle de croissance du pays, ce qui explique déjà son intention de présenter, dès le mois de juin, son projet de nouveau modèle économique ou le programme d’action 2016-2019 étalé sur trois ans, et qui consiste à imposer des réformes importantes dans le fonctionnement de notre économie et surtout à favoriser l’émergence des segments stratégiques susceptibles de diversifier notre économie.

Cependant, l’institution internationale n’oublie jamais de faire des recommandations, suggérant surtout le recours à son expertise ou à sa technicité pour faire face aux crises et autres secousses politico-économiques.

C’est ainsi que le FMI prône « un assainissement soutenu des finances publiques sur le moyen terme » afin de rétablir les équilibres macroéconomiques, en plus d’une « masse critique de réformes structurelles ».

Autrement dit, le FMI préconise depuis longtemps l’abandon progressif de la doctrine algérienne basée sur le « social » et le soutien de l’Etat aux produits de consommation de première nécessité. L’Etat algérien n’a jamais dérogé à cette règle, en dépit des crises financières, maintenant les subventions sur des produits stratégiques comme le pain ou le lait. 

D’ailleurs, la part de ces subventions dans le budget annuel de l’Etat ne cesse de prendre de l’ampleur, consommant jusqu’à 25% de la totalité des dépenses, car il ne faut pas oublier que la protection de l’Etat, inscrite dans la Constitution, concerne aussi bien des produits alimentaires que la santé et les médicaments, l’éducation publique gratuite, l’enseignement supérieur, les transports (aides directes sur les prix des carburants) et l’habitat social, rural et urbain.

Or, l’abandon de ces subventions et aides touche directement la nature même de l’Etat algérien, ancré depuis sa révolution armée en 1954 sur la protection sociale, la solidarité complémentaire et le développement de l’être humain. Pour le FMI, il faut déprécier la monnaie nationale pour faciliter l’ajustement au choc pétrolier, par le recours à une « flexibilité du taux de change ».

Car, selon ses assertions, le « dinar est encore nettement surévalué », appelant la Banque d’Algérie à « calibrer soigneusement sa politique monétaire de manière à prévenir les pressions inflationnistes potentielles » . L’autre suggestion de l’institution internationale est relatif au recours à l’endettement extérieur.

Le FMI pense que « la diminution rapide de l’épargne budgétaire signifie que l’Algérie devra emprunter davantage pour financer les déficits futurs ». En plus de l’emprunt obligataire national, le FMI recommande l’ouverture du capital social de certaines grandes entreprises publiques au secteur privé et d’envisager également le recours à des crédits extérieurs.

Signalons que le FMI a mis en garde l’Algérie sur les dernières mesures prises pour réguler et maîtriser l’importation, en imposant des licences, estimant que cela risque de « créer des distorsions et ne sauraient se substituer aux réformes destinées à doper les exportations ».

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