-- -- -- / -- -- --
Nationale

L’Algérie effectue un dépôt de 150 millions dollars en Tunisie

L’Algérie effectue un dépôt de 150 millions dollars en Tunisie

L’Algérie s’engage à soutenir la Tunisie pour sortir de sa crise économique aiguë. C’est ce qu’a déclaré, le président Abdelmadjid Tebboune, lors d’une conférence de presse animée conjointement avec son homologue tunisien, Kaïs Saïed, qui a effectué, ce dimanche, une visite d’Etat d’une journée en Algérie.

Ainsi, le chef de l’Etat a annonce que l’Algérie allait faire undépôt de 150 millions de dollars comme garantie à la Banque centrale tunisienne afin d’aider le pays voisin à obtenir des prêts auprès des institutions financières internationales.

Toujours dans le même cadre, Abdelmadjid Tebboune décide également de poursuivre les facilitations de paiement de l’approvisionnement en gaz et hydrocarbures, en attendant que la Tunisie mette fin à ses difficultés.

Les deux Présidents ont convenu également de la nécessité du «développement des zones frontalières et de la complémentarité économique entre les deux pays».
M. Tebboune annonce aussi qu’il effectuera une visite en Tunisie après la désignation d’un nouveau gouvernement tunisien, précisant qu’il sera accompagné d’«une importante délégation gouvernementale afin d’examiner tous les dossiers qui attendent des décisions des deux Présidents».

Soucieux d’honorer son engagement pris lors de l’élection présidentielle tunisienne en octobre dernier, Kaïs Saied a consacré son premier pas diplomatique au pays voisin, l’Algérie.
La situation en Libye et la coopération en matière de lutte antiterroriste entre Alger et Tunis étaient certainement des points prioritaires. Sur ce chapitre, les deux chefs d’Etat ont convenu de lancer une intitiative commune qui s’inscrit dans le prolongement du sommet de Berlin en vue de résoudre la crise en Libye, un conflit qui contrarie la sécurité de l’Algérie et de la Tunisie. 

Plusieurs dossiers de portées régionale et internationale et d’ordre géopolitique et économique étaient au centre des discussions entre les deux chef d’Etat.

Selon les observateurs, cette rencontre a été l’occasion pour faire le tour des questions sécuritaires d’actualité brûlante et qui pèsent lourdement sur la stabilité régionale, telle que la crise libyenne. La situation en Libye et la coopération en matière de lutte antiterroriste entre Alger et Tunis étaient certainement des points prioritaires.
Sur ce dossier, l’analyste et experte tunisienne à l’Institut tunisien des études stratégiques (ITES), Nadia Mesghouni, citée par l’agence Sputnik, a précisé que les deux Présidents saisiront l’occasion de cette visite pour montrer qu’ils « parlent d’une seule voix ».
« La situation en Libye est très préoccupante et il est donc important que les voisins que sont l’Algérie et la Tunisie parlent d’une seule voix. Les deux pays doivent montrer qu’ils réagissent de façon autonome et solidaire, c’est une question essentielle dans le traitement de la question libyenne. Cela est également valable pour les questions sécuritaires pour lesquelles les notions de partenariat et de coordination sont très importantes. Je n’ai pas les détails sur la composition du staff qui accompagnera le président Saïed, mais je pense que le chef d’état-major de l’armée tunisienne devrait également faire le voyage à Alger », a-t-elle indiqué.
Vu la proximité géographique, la Tunisie est certainement le pays qui subit le plus les répercussions de la crise libyenne, tant sur le plan sécuritaire que sur celui économique. Cette visite se veut donc pour Tunis une manière de faire entendre sa voix, voire de s’imposer sur l’échiquier régional. Un pas que Kaïs Saied veut concrétiser en intensifiant la coopération avec le voisin de l’ouest et rattraper l’absence de son pays du sommet de Berlin sur la Libye, suite à une marginalisation inexplicable et une invitation tardive de la part du pays hôte, l’Allemagne. 
Autant dire aussi que la Tunisie n’est pas restée inactive face au dossier libyen ces dernières années. Feu Béji Caïd Essebsi avait notamment initié un mécanisme tripartite regroupant la Tunisie, l’Égypte et l’Algérie autour de la Déclaration de Tunis pour un règlement politique global en Libye.
L’autre dossier pouvant susciter l’intérêt des deux pays est la relance de l’Union du Maghreb arabe (UMA) qui demeure, depuis sa création en 1989 à nos jours, une coquille vide.
L’on s’interroge à ce propos sur la disposition des présidents Abdelmadjid Tebboune et Kaïs Saied à travailler ensemble et à surmonter tous les obstacles en faveur de la redynamisation de ce mécanisme régional d’une importance capitale pour l’unité maghrébine.
L’experte Nadia Mesghouni se dit sceptique quant à la possibilité de relance de cette entité politique, totalement inactive depuis une trentaine d’années et qui pourrait être au demeurant un cadre intéressant pour le règlement des crises régionales.
Pour ce qui est de la question palestinienne, les visions des deux pays sont très proches. Ils considèrent que « le plan de paix » conçu par le président américain Donald Trump pour enraciner l’entité sioniste en Palestine n’est qu’une pure arnaque du siècle.
La visite d’hier permettra, de l’avis des analystes, d’unifier les efforts et, pourquoi pas, de constituer un front maghrébin cohérent à même de dénoncer la passivité de la communauté internationale vis-à-vis du peuple palestinien et de se démarquer ainsi de la position de laxisme, voire de la complicité adoptée par la plupart des pays arabes. Autant dire que les relations algéro-tunisiennes ne datent pas d’aujourd’hui et sont d’une excellence incontestable en raison de leur aspect historique et symbolique consolidé au fil des époques. Une qualité des rapports à fructifier pour impulser davantage la coopération dans les différents domaines entre Alger et Tunis. 

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email