L’Algérie doit poursuivre les réformes pour accéder aux BRICS (expert)
L’Algérie, qui prévoit de décrocher son ticket d’accès aux BRICS, est appelée à poursuivre les réformes économiques qu’elle a déjà commencé à mettre en œuvre dans la perspective de rejoindre le groupe les prochaines années.
« Rien n’est perdu pour l’Algérie qui aura, les prochaines années, sa place dans ce groupe. C’est une question de temps », selon le professeur en économie, Mohamed Achir, affirmant que les considérations géostratégiques ont primé dans le choix des pays à intégrer le groupe des cinq.
« Les pays des BRICS ont fait d’autres calculs stratégiques ayant donné la priorité à la région est de l’Afrique et au Moyen Orient », a-t-il précisé, signalant que certains pays sont importants par leur localisation ou leur ressources naturelles. Les six pays qui ont été acceptés dans le groupe des BRICS, lors du 15e sommet tenu en Afrique du Sud du 22 au 24 août, sont l’Iran, l’Argentine, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, l’Ethiopie et l’Egypte.
Pour ce qui est de l’Algérie, l’économiste a affirmé que le pays entretient de très bonnes relations bilatérales avec les pays des BRICS, signalant la possibilité pour le pays de bénéficier des financements de la Nouvelle banque de développement des BRICS (NBD) avant même son adhésion au groupe. « La souscription de l’Algérie au capital de la NBD est une option stratégique. Et l’approbation par la banque que l’Algérie souscrive à son capital ouvrira une source importante de financement de projets structurants », selon M. Achir, lequel a souligné la nécessité pour l’Algérie de mener des réformes structurelles.
Quelles réformes pour accélérer l’entrée aux BRICS ?
L’adhésion aux BRICS nécessite, selon l’économiste, de remplir certaines conditions, notamment d’ordre économique, même si elles ne sont pas édictées par le groupe.
Le groupe, qui fonctionne depuis sa création par consensus interne, doit fixer des conditions d’accès compte tenu de nombreuses demandes d’adhésion qui sont exprimées, selon M. Achir. Les pays candidats devront ainsi répondre à des critères précis.
L’Algérie est ainsi appelée à entreprendre des réformes. Le professeur en économie, Mohamed Achir, a affirmé que le pays doit surtout réformer le système monétaire et financier. « Il est impératif d’engager la réforme du système monétaire et financier. Il y a certes une nouvelle loi mais il faudrait créer des mécanismes sur le terrain. On doit avoir un marché financier dynamique dont ne nous disposons pas encore », a-t-il précisé.
L’Algérie est aussi appelée à s’ouvrir davantage à l’investissement direct étranger, à assouplir encore la réglementation régissant l’investissement en promulguant des lois souples et à alléger la réglementation des changes qui constitue une entrave à la mobilité des capitaux. « On doit renforcer notre ouverture vers d’autres pays. On doit vendre l’image du pays et faire du marketing territorial pour notre pays », a souligné le professeur en économie.
L’Algérie a tout à gagner en intégrant les BRICS
Pour M. Achir, l’Algérie peut le faire à moyen terme, soit d’ici à 2030. « On peut atteindre ces objectifs dans ces délais, notamment pour ce qui est du captage des IDE qui garantissent l’insertion de l’économie dans les chaînes de valeurs internationales », a-t-il souligné, affirmant que dans tous les pays du monde, « ce sont ces investissements directs étrangers qui font transférer la technologie et augmentent le PIB des pays, ainsi que le volume des exportations ».
De bonnes perspectives économiques sont annoncées avec l’intégration des BRICS. L’Algérie a tout à gagner de cette adhésion, selon le professeur en économie, qui ajoute qu’il faut s’attendre à ce que les BRICS renforcent leur mécanisme de coopération et normalisent les échanges entre eux, et ce avec la promulgation de lois qui faciliteront les transactions et les échanges intra-BRICS et aussi avec les pays partenaires.
« Nous allons bénéficier des avantages qu’offre le groupe, notamment en termes de transferts d’IDE, de technologie mais aussi d’augmentation de volume des exportations », a noté M. Achir qui, en réponse à une question sur l’éventuelle création d’une monnaie commune pour les pays des BRICS, a affirmé que ce processus va prendre du temps. Ces pays vont cependant s’appuyer sur les monnaies locales des pays. « Ils vont recourir à la facturation des échanges en monnaie locale, et même les prêts qu’accorde la NBD doivent être facturés en monnaies locales », a-t-il signalé.