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Nationale

L’Algérie déclenche la procédure de protection consulaire

L’Algérie déclenche la procédure de protection consulaire

Les forces de sécurité marocaines ont interpellé, dimanche dernier vers 22 h, le journaliste algérien d’El Watan, Djamel Alilat alors qu’il couvrait les manifestations dans la région du Rif (nord du Maroc) a indiqué, lundi, le quotidien El-Watan sur son site web : « Notre journaliste se trouve, à l’heure où nous mettons en ligne, dans un commissariat de la ville de Nador » a précisé la même source.

La direction du journal El Watan s’est dite « très étonnée par cette interpellation et demande la libération de notre journaliste ». L’information de sa détention par les autorités marocaines est relayée depuis hier soir sur les réseaux sociaux.

Djamel Alilat se trouvait au Maroc pour couvrir les événements qui en secouent depuis des mois plusieurs régions dont El-Hoceima dans le Rif, pour le quotidien. Aucune information n’a été communiquée sur les motifs de cette détention d’un journaliste dépêché par son journal pour couvrir les manifestations à El-Hoceima.

La nouvelle de l’arrestation de notre confrère Djamel Alilat par la police marocaine à Nador est parvenue vers 2h du matin, selon le quotidien El Watan : « Votre confrère a été arrêté hier à 22h30 par la police marocaine à Nador », alerte en message privé sur les réseaux sociaux, d’un citoyen algérien établi à Rabat. Cette personne est, en réalité, le premier contact qu’avait Djamel Alilat avant de se poser sur le sol marocain.

L’information commence à être partagée sur les réseaux sociaux. Très tôt le matin, toute la rédaction d’El Watan s’est réunie en présence du directeur de la publication, Omar Belhouchet.

Ce dernier a pris contact avec les deux ministères, des Affaires étrangères et de la Communication et avec plusieurs organisations locales et étrangères dont Reporters Sans Frontières (RSF). Selon ce dernier, « Djamel Alilat lui a demandé d’alerter l’ambassade d’Algérie au Maroc ».

Le ministère des Affaires étrangères suit heure par heure l’évolution de la situation de Djamel Alilat, le journaliste du quotidien El Watan : « Nous avons instruit le consulat d’Algérie au Maroc pour déclencher la procédure de protection consulaire aussitôt que nous avons appris l’arrestation de Djamel Alilat », indique une source proche du département des AE.

La même source précise que « le ministère des Affaires étrangères est mobilisé et qu’il suit heure par heure l’évolution de l’affaire », ajoutant que l’Etat algérien veillera à ce que le journaliste d’El Watan revienne sain et sauf chez lui.

Selon les sources marocaines, le journaliste algérien n’a pas demandé d’accréditation pour « couvrir » les événements du Rif marocain et aurait menti sur sa destination en affirmant au départ vouloir séjourner à Casablanca, ajoutent ces sources.

Selon ces mêmes sources, « Djamel Alilat a été interpellé alors qu’il n’avait sur lui aucun document justifiant sa présence à Nador, où il s’est rendu clandestinement.

L’intéressé n’a pas soumis une demande d’accréditation auprès du ministère de la Communication ni autorisation auprès des autorités locales à Nador. Pire encore, il s’est permis de mentir aux autorités de l’aéroport Mohammed V en prétendant qu’il allait séjourner dans un hôtel de Casablanca », indiquent ces sources.

Le leader de la contestation du Rif, Zefzafi, arrêté à son tour

Le leader du mouvement Hirak, Nasser Zefzafi, a été également arrêté lundi. Il était recherché par les services de sécurité marocains depuis vendredi dernier pour avoir interrompu le prêche d’un imam lors de la grande prière à la veille du ramadhan dans la ville d’Al Hoceïma au nord du Maroc.

D’après l’Association marocaine des droits humains (AMDH), c’est « l’insistance » de l’imam pour la mobilisation des fidèles contre les manifestations qui a suscité la réaction des militants du « Hirak » présents, notamment leur leader qui a, de ce fait, interrompu le prêche.

Il a dans ce sens considéré que les instances religieuses s’adonnaient parfois à de la propagande au service du makhzen. Il devrait être déféré devant le parquet et selon la loi marocaine, il risque de 6 mois à 3 ans de prison pour atteinte à la liberté de culte.

Dans un communiqué diffusé le même vendredi, le procureur du roi près la Cour d’appel d’Al Hoceima avait, pour rappel, annoncé qu’il a donné ses instructions pour l’arrestation de Zefzafi et l’ouverture d’une enquête au sujet de l’atteinte à la liberté de culte. Dans un communiqué, le procureur général du roi précise que Zefzafi a été arrêté en compagnie d’autres individus.

Ces derniers ont été remis a la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) à Casablanca pour enquêter avec le premier mis en cause sur les faits qui lui sont reprochés, et avec l’ensemble des prévenus sur des actes présumés concernant l’atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat et d’autres actes constituant des crimes en vertu de la loi.

Le communiqué ajoute que le parquet général supervise le déroulement de l’enquête tout en veillant au respect de l’ensemble des procédures et garanties prévues par la loi.

Les mis en cause seront déférés devant le parquet général dès l’achèvement de l’enquête, conclut le communiqué. Plusieurs Marocains d’origine rifaine résidant à l’étranger ont exprimé leur solidarité avec les interpellés d’Al Hoceima.

Ainsi à l’appel du Comité de soutien au mouvement rifain Ile de France, des dizaines de Marocains se sont réunis, dimanche dernier, à Paris, Place de la République pour réclamer la libération de tous les détenus. Quelques heures auparavant, La Haye (Pays-Bas) a connu la tenue d’une manifestation similaire avec le même cahier revendicatif.

Cette vague de solidarité est appelée à s’amplifier notamment parmi les Marocains d’origine rifaine. Depuis le 20 mai dernier, une coordination européenne encadre désormais leurs activités et suit le programme de chaque action.

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