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Nationale

L’Algérie assainie des mines antipersonnel

L’Algérie assainie des mines antipersonnel

Restituées trop tard aux autorités algériennes par la France coloniale, les cartographies pouvant simplifier le déminage des zones minées n’ont pas servi l’Algérie qui a supporté, seule, la charge de nettoyer ces zones de mort, ont indiqué hier de hauts responsables de l’ANP.

Les mines ayant été détruites de 1963 à décembre 2016 ont permis de redonner vie à 62 000 hectares de terres utilisés majoritairement pour l’agriculture par les populations locales.

Les cartes des mines antipersonnel, réclamées par l’Algérie depuis l’indépendance, n’ont été d’aucune utilité à l’armée nationale dans ses opérations de déminage des régions pavées de mines posées par l’armée coloniale au long des bandes frontalières Est et Ouest, dans le cadre des lignes Challe et Morice pour étouffer la révolution nationale.

La France n’a pas daigné nettoyer ce qu’elle a fait et ne s’est pas pour pressée remettre les plans des mines antipersonnel à la partie algérienne pour assainir les zones minées par son armée afin de limiter les dégâts humains. Preuve en est : l’ancien colonisateur n’a consenti à fournir cette cartographie à l’Algérie qu’en 2007, soit 45 ans après l’indépendance alors que l’explosion des mines avait fait des milliers de victimes parmi les civils depuis l’indépendance.

« Cette cartographie ne nous apporte aucune nouveauté de ce que l’on savait déjà », a déclaré hier le lieutenant-colonel Wahab Otmane, à l’occasion de l’achèvement des opérations de déminage et de destruction des mines par l’ANP. Il a expliqué que depuis ce temps, les mines se sont déplacées du fait des torrents et des crues.

« De plus l’Algérie, qui a fait de la problématique des mines une de ses priorité majeures vu le danger mortel qu’elle représente pour les populations, avait commencé sa première opération de déminage en 1963. Selon les données présentées par ce haut responsable de l’ANP, cette première phase qui s’est étalée jusqu’au 1988 a permis l’enlèvement puis la destruction de 7 819 120 mines antipersonnel et la dépollution de 50 006 hectares de terres puis leur restitution à la population agricoles.

Les russes ont accompagné l’Algérie dans ses opérations de déminage

Abondant dans le même sens, le colonel Ahcen Ghorabi, chargé du dossier de déminage au ministère de la Défense, a expliqué que notre pays qui n’avait pas beaucoup d’expérience en la matière a fait appel aux experts russes et à d’autres partenaires étrangers qui ont bien voulu dépêcher leurs démineurs expérimentés, pour travailler au côté des Algériens en plus du matériel nécessaire qu’ils ont expédié vers l’Algérie pour mener les opérations.

Il a rappelé que l’Algérie, qui avait ratifié en 2002 la Convention d’Ottawa de 1997 sur l’interdiction de l’emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction, avait relancé en 2004 la dépollution totale du territoire national de tout engin explosif qui peut présenter un danger pour la population. Des opérations de déminage ont repris dans les bandes frontalières à l’Est, à l’Ouest et au Sud-Ouest.

Le lieutenant-colonel Wahab Otmane explique que cette seconde phase confiée au Génie de combat et a pris fin le 1er décembre 2016, a permis la destruction de 854 186 mines et la récupération de 12 417 hectares dépouillés et remis aux autorités civile et locale. Les données de l’ANP précisent par ailleurs que le nombre des mines détruites après cette date correspond à des mines isolées découvertes en dehors du tracé des lignes Challe et Morice posé entre 1956 et 1959.

En somme, 8 854 849 mines ont été détruites tout au long de l’opération de déminage lancée par l’ANP depuis plus de cinquante ans. Ces opérations d’assainissement ont redonné vie à 62 421 194 hectares de terres après les avoir débarrassées des engins de la mort.

« Elles sont actuellement exploitées dans le cadre du développement local dans les zones frontalières », s’est félicité le colonel Ahcen Ghorabi, au terme de cet exposé sur le bilan des opérations de déminage. Au-delà du bilan lourd des morts et des handicapés victimes des mines antipersonnel, l’Algérie a également supporté toute seule les coûts du déminage.

Se référant aux données du Centre international de déminage humanitaire de Genève, le colonel Ghorabi a affirmé qu’implanter une mine ne nécessite pas plus de 5 dollars mais l’enlever coûte au moins 1 000 dollars !

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