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Nationale

L’Algérie appelle les gros producteurs à la raison

L’Algérie appelle les gros producteurs à la raison

Pour la première fois, l’Algérie critique officiellement l’attitude des gros producteurs du pétrole membres de l’OPEP. Depuis le début de la dégringolade des cours du brut, voilà une année et demi, aucun officiel algérien n’a été aussi direct que le ministre de l’Industrie et des mines, Abdess lam Bouchouareb, lors du Forum économique mondial de Davos, en Suisse.

« L’Algérie appelle à la raison l’ensemble des pays producteurs de pétrole, tout comme elle appelle les producteurs hors OPEP à considérer toute la gravité de la situation et à s’engager à contenir leurs productions pour permettre à l’industrie pétrolière une évolution plus harmonieuse » dira t-il, dénonçant ainsi l’attitude de certains pays influents du cartel qui ont noyé le marché et poussé les prix à des niveaux très bas.

Sans les nommer, Bouchouareb a souligné que « ces pays ne semblent pas être en mesure de conduire les productions concurrentes à disparaître du marché de manière significative et dans les délais acceptables ».

Plus précis, notre ministre dira que ces pays « compromettent gravement les efforts de développement des pays producteurs. Une conduite vouée à « l’échec avec des conséquences désastreuses tant pour les pays producteurs que pour l’économie mondiale ».

Rappelons que ce sont l’Arabie saoudite et les autres monarchies de la péninsule arabique qui ont imposé au sein de l’OPEP des quotas plus élevés du brut pour inonder le marché et faire baisser les prix à des seuils intolérables, juste pour « casser » les investissements dans le secteur nouveau du pétrole et du gaz de schiste. Prétexte invoqué à l’époque : défendre les parts du marché.

D’autres analystes avançaient l’idée que cette politique énergétique de l’OPEP n’est qu’un scénarii pour affaiblir soit une puissance régionale influente comme l’Iran, soit la Russie pour son rôle en Syrie.

Notre ministre de l’Industrie a averti également que « cette guerre des prix est porteuse de risques de déflagration grave pour l’économie mondiale », soulignant que la conjoncture économique internationale est caractérisée par un ralentissement de l’économie mondiale, soit un taux de croissance de 3% pour 2014 et 3,8% pour 2015 ».

S’agissant des défis de l’Algérie pour renouer avec l’activité industrielle, Bouchouareb a mis en relief les efforts du gouvernement pour absorber la réduction du rythme d’extraction des hydrocarbures et entrer dans les transitions technologiques et énergétiques.

Lors de sa participation à un panel du Forum de Davos consacré aux voies et moyens de bâtir des économies arabes plus résilientes, le ministre a énuméré les objectifs des pouvoirs publics, dont l’atteinte d’un taux de croissance à deux chiffres de l’industrie manufacturière, seul moyen de redonner au secteur industriel son rôle moteur dans le développement et de porter les exportations hors hydrocarbures à un niveau significatif d’ici quatre ans.

« Sans stabilité politique, il ne peut y avoir un vrai développement économique ; c’est l’expérience de l’Algérie qui nous l’apprend » a affirmé Bouchouareb, en réponse aux questions sur l’accélération des réformes dans un contexte d’urgences sociales et d’impératifs sécuritaires.

Participant à un autre panel relatif au prochain défi de l’Afrique auquel plusieurs hauts responsables africains ont pris part, notre ministre a évoqué les opportunités que recèle ce continent, la présence des facteurs clés de relance de la croissance avec une augmentation de l’investissement et de l’épargne, une croissance des exportations plus forte, un cadre juridique et réglementaire amélioré et une stabilité macroéconomique globale. Bouchouareb a plaidé pour que le continent relève le défi d’édifier un modèle de croissance inclusive, en soutenant les efforts de lutte contre la pauvreté.

Rappelons que la 46e réunion annuelle du Forum économique mondial de Davos(WEF) s’est clôturée hier soir dans la station de sports d’hiver en Suisse, après quatre jours d’intenses débats.

Cette édition a accueilli plus de 2 500 participants en provenance de 140 pays, dont des chefs d’Etat et de gouvernement, des ministres et des acteurs politiques, des chefs d’entreprise, des hommes d’affaires, de grands banquiers, des économistes et des chercheurs, ainsi que des animateurs d’organisations internationales, onusiennes et ONG.

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