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Nationale

L’agriculture n’attire pas les jeunes ruraux

L’agriculture n’attire pas les jeunes ruraux

Les jeunes ruraux font face à la précarité de l’emploi et au problème de sous-emploi. C’est le constat d’une étude diagnostic réalisée par des experts nationaux dans le cadre d’un projet régional encadré par la FAO sur la promotion de l’emploi agricole décent des jeunes en milieu rural dans les pays du Maghreb.

L’étude présentée lors d’un atelier national affirme que le taux de chômage des jeunes ruraux âgés entre 15 et 24 ans avait atteint 7,5% en 2015.

« C’est une catégorie ignorée par les dispositifs de soutien à l’emploi », a regretté Saïb Musette, sociologue et directeur de recherche au Centre de recherche en économie appliquée pour le développement (CREAD).

Or, cette population pourrait constituer une main-d’œuvre pour réussir le développement de l’agriculture et la diversification de l’économie nationale, a estimé ce chercheur, mettant en exergue la faiblesse des agences d’intermédiation en milieu rural.

Le taux de chômage en milieu rural est de 8,2% en Algérie, a-t-on indiqué lors des travaux de cette rencontre. L’instabilité de l’emploi, l’absence de couverture sociale sont parmi les facteurs qui poussent les jeunes à quitter leur travail, alors que 70% des jeunes ruraux travaillent dans l’informel.

Autre fait « inquiétant » relevé par les chercheurs, le taux élevé des jeunes ruraux inactifs. D’après les statistiques présentées dans cette étude, 27,1% des jeunes (15-24 ans) sont inactifs, c’est-à-dire ne sont ni à l’école, ni en formation, ni sur le marché du travail. A l’échelle nationale, ce taux se situe à 21,5% dont 34,6% sont des femmes.

L’inactivité, une bombe à retardement pour la société

Ce segment de la population est considéré comme étant un facteur nuisible à la société et à l’économie, selon ce chercheur. « C’est une population à risque, en plus elle ne bénéficie pas de couverture sociale ni médicale.

Pour moi c’est un danger », a prévenu ce responsable au CREAD, soulignant que ce problème devient de plus en plus inquiétant pour beaucoup de pays dans le monde. « Il est nécessaire de lancer une réflexion et une concertation nationale entre tous les secteurs sur l’amélioration de l’employabilité des jeunes en milieu rural », a-t-il recommandé.

Bien que l’agriculture en Algérie soit un secteur d’opportunité pour les jeunes, ces derniers fuient cette activité en raison de son caractère informel, des conditions de travail difficiles et parfois dangereuses, de l’absence de couverture sociale et de l’instabilité.
Pourtant, cette jeunesse devrait être le moteur de développement de l’agriculture, un secteur classé prioritaire dans la politique de diversification de l’économie nationale.

Il propose dans ce sens la création de conditions de travail adéquates aux jeunes, en prenant en compte les évolutions technologiques que connaît la société en matière de communication. Les participants à cet atelier ont mis l’accent aussi sur l’importance de la formation des jeunes en milieu rural et le suivi des diplômés sur le marché du travail.

Le défi de l’emploi et de l’inclusion des jeunes dans la vie économique et sociale « est l’un des plus importants défis communs aux quatre pays du Maghreb (Algérie, Tunisie, Maroc et Mauritanie) », estime Nabil Assaf, représentant de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) à Alger.

Le projet régional encadré par la FAO sur l’emploi agricole décent des jeunes dans les pays du Maghreb, initié par la FAO à la demande de l’UMA, vise à faire un état des lieux sur la problématique de l’emploi dans le milieu rural, puisque les chiffres montrent que l’emploi agricole en milieu rural nécessite plus d’attention, a expliqué M. Assaf.

D’après Saïd Helal, expert dans le bureau sous-régional de la FAO, la situation de l’emploi de jeunes en milieu rural est semblable dans les quatre pays de l’UMA.

La Tunisie affiche le taux de chômage des jeunes le plus élevé (plus de 31%), l’Algérie (25%), le Maroc (21%) et 18% en Mauritanie. La prochaine étape du projet sera l’organisation d’un atelier régional pour valider les études diagnostic de tous les pays concernés avant d’appliquer les méthodes et outils de mise en œuvre des recommandations de ces ateliers.

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