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Nationale

L’AGRICULTURE ET LE TOURISME, L’AUTRE PETROLE

L’AGRICULTURE ET LE TOURISME, L’AUTRE PETROLE

Ahmed Ouyahia avertit qu’il ne restera plus aucun dollar dans les caisses de l’Etat dans cinq ou six ans et que le pays ira droit au mur si des mesures ne sont pas prises dès à présent.

En revanche l’Algérie, au lieu de continuer à compter sur les seuls revenus des hydrocarbures, possède, selon des experts, d’autres atouts qui peuvent la libérer de sa dépendance pétrolière et constituer des palliatifs inestimables : l’agriculture et le pétrole. 

Des semaines maintenant que la crise gagne les esprits, dans un mouvement d’abdication inacceptable. Comment nos gouvernants peuvent-ils se complaire dans l’immobilisme au lieu d’annoncer un plan Marshall en révolutionnant des secteurs stratégiques qui sauront relancer l’économie hors rente pétrolière sur un territoire où tout reste à faire ? 

L’agriculture ainsi que le tourisme suffiraient, selon l’avis d’experts unanimes, à conjurer le sort de l’appauvrissement brutal des Algériens. Qu’attend le pouvoir pour mener cette révolution économique ?

Crise importée

Incroyable capitulation. Le Premier ministre, serein il y a quelques mois, a fini par ne plus pouvoir cacher son désarroi, son impuissance. La banque d’Algérie publie un bulletin d’alerte, comme un bms annonçant l’orage, la foudre et le tonnerre.

Pourtant, ce n’est pas parce que les prix du pétrole ont dégringolé, ou que les réserves de changes diminuent, que le pays devrait paniquer. Il y a quand même mille façons de lutter contre la fatalité de la récession quand on connaît les ressources immenses que recèle l’Algérie par delà l’énergie fossile. D’abord les ressources humaines.

Quand nos politiques vont-ils se décider à laisser l’élite algérienne prendre en main les affaires en communion avec l’exécutif, en cessant de brimer les experts, les entrepreneurs et autres génies patriotes ? Combien de projets porteurs et avant-gardistes sont bloqués dans les tiroirs mesquins de nos ministères pour des raisons inavouées et en relation avec des pressions extérieures ?

Citer ici les quelques cas édifiants sur le sabordage de l’économie nationale pourrait compromettre le traitement de dossiers dont les promoteurs attendent toujours, avec une patience exemplaire, le quittus pour investir. L’Etat, parasité par une bureaucratie mafieuse doit secouer le cocotier et laisser travailler les Algériens capables de développer le pays.

Terre nourricière

Qui pourra fouiller les boîtes à archives du ministère de l’Agriculture pour constater comment la production nationale dans toutes les filières a été sabotée. Rappelons-nous du dossier du Jeune Indépendant sur les malversations dans ce secteur à l’époque où des vaches laitières étaient importées pour aller vers les abattoirs… Qui tentera de comprendre pourquoi la notion même de filière a été ruinée par les barrons de l’import-import ?

Fonds détournés et dilapidés tandis que les vrais paysans, ne peuvent plus labourer leurs champs à cause de la cherté des intrants, des semences et du coût de la mécanisation. Sans oublier ce diktat sans fin des distributeurs de fruits et légumes qui font la loi dans les marchés de gros en s’octroyant une plus-value indécente par rapport aux producteurs qui rentrent à peine dans leurs frais.

On l’a vu, la dernière crise du lait chez les Français a pu mobiliser tout l’appareil d’Etat pour soutenir les éleveurs. Quid de nos agriculteurs ? Les citoyens savent-ils que les céréaliers algériens ne peuvent plus payer par leur récolte les heures de moissonnage-battage ?

Qu’un soutien plus sérieux pourrait nous faire économiser des millions d’euros pour le blé dur base des pâtes alimentaires et le blé tendre destiné aux farines de pain… – Non, malgré les déclarations et les gros sous versés dans le secteur de l’Agriculture, la politique agricole de ces dernières années est soumise aux lobbies des affaires. Contre l’intérêt national, contre l’auto-suffisance alimentaire. 

Fausses étoiles

Il en va de même du Tourisme. Le pays est dévasté par les affres de la pollution visuelle et chimique. Notre littoral est ravagé par les constructions anarchiques en ce qui concerne les sites déjà disposés à recevoir théoriquement une activité touristique. Point d’harmonie architecturale, des infrastructures routières médiocres et une sécurité urbaine incertaine.

On dirait que tout est fait pour décourager le tourisme. Les prestations au niveau des structures existantes insultent les écoles et instituts de formation pourtant être renforcés par l’apport des enseignements privés.

Le tourisme domestique, pratiqué par les nationaux qui veulent découvrir leur magnifique pays, est concurrencé par celui de la Tunisie voisine malgré la dégradation sécuritaire. Pourquoi ? – Parce que les hôtels et restaurants algériens sont parmi les plus chers au monde. Avec des prestations bien au-dessous des normes. Etoiles de complaisance, offre insuffisante et mentalités rétrogrades.

Ce sont des millions en devises fortes qui sont encore perdues alors que la diversité des paysages et les richesses innombrables du plus grand pays d’Afrique désormais, captivent l’attention des candidats vite découragés par les appréciations les plus objectives des sites spécialisés consultés en ligne.

Rien que l’impact des témoignages de travailleurs chinois racontant la beauté de l’Algérie à leurs compatriotes, lorsqu’ils rentrent chez eux, pourrait, selon le témoignage d’un Touring Opérator pékinois, draîner des millions de touristes de ce pays, vers le grand Sud notamment. Malheureusement, notre « tourisme » a mauvaise réputation et les pouvoirs publics ne font rien de très efficace pour y remédier.

Assises nationales ou grand discours pour en arriver à « on efface tout et on recommence » pour reprendre l’expression qu’aurait utilisée le Ministre Ghoul à la tête du secteur. Pour ne pas recommencer l’échec, seule une volonté politique révolutionnaire peut encore sauver notre économie nationale par un engagement stratégique réaliste et déterminé.

Les Salons de l’industrie ne sont pas la priorité dans un pays qui achète tout, du blé de mauvaise qualité au ciel ensoleillé de Tunisie. La rencontre récente de Sellal avec les walis aurait été dans ce sens sans qu’on sache s’il y a eu assez de conviction dans ces orientations.

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