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Monde

L’agent français passé aux djihadistes preuve de l’hypocrisie occidentale

L’agent français passé aux djihadistes preuve de l’hypocrisie occidentale

Les États-Unis se remettent à bombarder le Moyen-Orient en transgressant les normes du droit international et le principe de souveraineté nationale, écrit la revue norvégienne Aftenposten.

Selon l’auteur de l’article, les USA s’apprêtent à effectuer des frappes en Syrie avec les puissances sunnites, ces mêmes pays qui ont longtemps prôné le renversement du gouvernement syrien arrivé au pouvoir après des élections démocratiques.

Les Américains ont apporté un soutien considérable aux djihadistes sunnites en Syrie qui, souligne la revue, poursuivent les mêmes objectifs que les islamistes de l’État islamique (EI) : renverser le président Bachar-al-Assad prétendument soutenu par les chiites, déclenchant ainsi la plus sanglante guerre religieuse et régionale de notre époque.

Le fait que les États-Unis mènent des frappes aériennes en Syrie sans avoir demandé l’accord des autorités du pays ne semble pas vraiment les préoccuper. En Amérique aujourd’hui, le respect des normes du droit international et du principe de souveraineté d’un État tend vers zéro, souligne l’auteur de l’article.

Il est évident qu’aux États-Unis, où les décisions politiques sont prises en fonction des motivations idéologiques plutôt qu’avec une approche réaliste, l’opinion de la population n’est plus prise en compte. Selon l’auteur, le prix Nobel de la paix Barack Obama entrera dans les annales comme le président américain qui a déclenché le plus grand nombre de guerres de l’histoire.

Aftenposten souligne que l’EI, apparu en Syrie, était un allié des USA jusqu’à ce que le groupe islamiste ne traverse la frontière irakienne, après quoi il s’est transformé en ennemi. Or en Syrie, les groupes de djihadistes sunnites commettaient les mêmes sévices qu’en Irak aujourd’hui : torture et massacre de la population civile.
Et preuve de la collusion douteuse entre les djihadites de l’EI et les puissances occidentales qui l’ont engendré pour renverser le président syrien, l’affaire révélée de l’agent français passé du côté des djihadistes. Selon un site américain, le transfuge, expert en explosifs, aurait survécu aux frappes en Syrie.

En effet, un agent des services de renseignement français aurait rejoint les rangs d’Al-Qaïda en Syrie, affirme le site McClatchy, un des plus grands groupes de presse aux Etats-Unis. Visé en septembre par une série de bombardements américains en Syrie, ciblant les positions du Front al-Nosra, cet ancien officier français aurait survécu aux frappes et serait toujours actif, rapporte McClatchy.

Deux sources des services européens de renseignement l’auraient identifié comme le transfuge le plus haut placé jamais passé dans les rangs d’Al-Qaïda, poursuivent les journalistes de McClatchy qui disent connaître son nom mais ne l’ont pas révélé. Cet ancien agent français serait un expert en explosifs ayant combattu en Afghanistan avant de rejoindre la Syrie. Il aurait formé un groupe de cinq hommes opérant depuis une mosquée d’Idlib, au nord de la Syrie, toujours selon cette même source américaine.

La DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure) française, d’où pourrait émaner cet agent français, n’a pas encore commenté ces révélations américaines.

« Ce Français existe », a reconnu en revanche une source du ministère de la Défense français interrogée hier par Le Monde, tout en nuançant l’information : « Mais ce n’est ni un ancien des services secrets, ni même un ancien militaire ; à notre connaissance, il se serait juste entraîné physiquement avec d’anciens membres de l’armée française ». Une façon de dédramatiser une question très compromettante pour la France, un pays en pointe dans la lutte antiterroriste au Moyen-Orient, évidemment sous la bannière américaine.

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