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Op-Ed

L’agent Belmokhtar

Au moment où se tient le sommet du comité des 10 de l’UA, une nouvelle attaque terroriste frappe le Burkina Faso dans un hôtel fréquenté par des étrangers, en suivant le même mode opératoire que celui qui a visé la capitale malienne il y a quelques semaines.

Selon une institution américaine qui se charge de surveiller les sites islamistes sur le Web, l’attentat porterait la marque d’El Mourabitoune, la phalange islamiste de Mokhtar Belmokhtar, tué et ressuscité plusieurs fois par les médias rapportant les informations inexactes d’intervenants externes qui mènent une drôle de guerre sur la vaste étendue du Sahel.

La capacité de nuisance de ce groupe terroriste dirigé par un chef qui renaît de ses cendres à chaque fois que son autorité est contestée par d’autres émirs de la nébuleuse islamiste armée sub saharienne, suscite moult interrogations : Pour qui et avec qui travaille le Borgne dont l’agenda semble manifestement servir des intérêts plus larges que le projet d’un califat panafricain, alibi des narcotrafiquants ?

Comment une figure notoire du terrorisme régional, au faciès si reconnaissable et dont la tête a été mise à prix par les Etats-Unis, parvient-il à échapper à la traque terrestre et satellitaire, en passant d’un pays à un autre pour y perpétrer des attentats ?

Il faut le dire, le cas Belmokhtar devient de plus en plus énigmatique chez les observateurs avertis de la scène terroriste. Par son parcours particulier de contrebandier grossiste en cigarettes américaines qui vouerait, selon des Touaregs qui l’ont cotoyé, une dévotion plus grande à l’argent qu’au Seigneur des Cieux. 

Un profil qui n’est pas sans rappeler un acolyte de l’activité subversive dans la sous-région. En effet, Mister Marlboro partage cet opportunisme criminel avec le Malien Yiad Ag Ghali, ancien chef rebelle puis diplomate à la faveur d’accords de paix mais qui a finalement repris les armes, cette fois pour imposer la charia version sanguinaire.

Belmokhtar et Yiad seraient-ils des recrues de services de renseignement étrangers dont la sale besogne consisterait à ensanglanter chaque jour un peu plus le continent africain pour y justifier le retour des « civilisateurs » ? Rien n’interdit de le penser pendant que l’hémoglobine encore fraîche n’a pas encore séché sur le sol de Ouagadougou.

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