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Nationale

L’Afrique du Sud donne le coup de grâce au Maroc

L’Afrique du Sud donne le coup de grâce au Maroc

La ministre sud-africaine des Affaires étrangères, Mme Maite Nkoana-Mashabane, a dressé avant-hier un réquisitoire contre la présence marocaine au Sahara occidental, à trois semaines du sommet de l’Union africaine, prévu les 30 et 31 janvier à Addis-Abeba. 

La ministre des AE de l’Afrique du Sud, Mme Maite Nkoana-Mashabane, a défendu l’engagement de son pays au côté de la cause sahraouie, rappelant la reconnaissance par l’Afrique du Sud, en 2004, de la RASD et qualifiant la présence marocaine au Sahara occidental d’« occupation ».

La ministre a émis le vœu que les Nations unies parviennent à organiser un « référendum d’autodétermination du peuple sahraoui ». Elle a également souligné que l’« Afrique a la responsabilité morale et politique de contribuer à la solution des conflits sur le continent et doit jouer le rôle de leadership dans les efforts internationaux concernant les conflits en Afrique », avantd’inviter la communauté internationale « à se montrer plus généreuse » avec les habitants des camps de Tindouf par l’envoi massif de dons humanitaires. Elle les a d’ailleurs qualifiés de « réfugiés ».

La ministre a appelé à mettre un terme aux « exploitations illégales des ressources naturelles du Sahara occidental occupé » et réclamé « un élargissement » du mandat de la Minurso à la surveillance des droits de l’homme dans les territoires occupés.

La sortie publique de la ministre des AE sud-africaine coïncide avec la grave crise née entre le Maroc et la Mauritanie à la suite des propos du dirigeant d’un parti qui a revendiqué la « marocanité de la Mauritanie ». Le chef de l’Etat mauritanien menace d’ouvrir une ambassade de la RASD à Nouakchott après avoir reconnu officiellement l’Etat sahraoui en 2004.

Cette annonce a provoqué l’affolement au plus haut niveau du côté marocain, qui a dépêché le chef du gouvernement et un ministre pour tenter d’amadouer le chef d’Etat mauritanien.

Redoutant de se voir présenter comme un État qui ne respecte ni la souveraineté des pays voisins ni la Charte des Nations unies, le Maroc redouble de « gestes amicaux » à l’égard de la Mauritanie et se voit ainsi obligé de tendre la main. Le Président mauritanien a refusé de recevoir une délégation officielle marocaine avant le sommet de l’Union africaine tenu en juillet dernier à Kigali, au Rwanda.

La sortie de la ministre sud-africaine coïncide également avec le dernier rapport du département d’Etat US qui a confirmé une fois de plus que l’administration américaine ne reconnaissait pas la prétendue souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental.

Le Département d’Etat, qui a introduit fin 2016 quelques changements à cette liste, a maintenu sa position sur le territoire sahraoui en affirmant que sa souveraineté « reste à déterminer ». Dans les précisions apportées par le bureau du renseignement et de la recherche relevant du Département d’Etat, l’administration américaine confirme également qu’elle ne reconnaît « aucune puissance administrante » dans ce territoire.

Le Département d’Etat avait déjà rejeté en 2016 une mesure du Congrès à propos de l’utilisation au Sahara occidental d’une aide financière controversée destinée au Maroc, estimant qu’une disposition pareille revenait à reconnaître indirectement le Maroc comme puissance administrante.

Le processus de réintégration du Maroc au sein de l’UA est loin d’être acquis puisque ce dernier persiste dans son refus de signer la charte de l’UA, qui exige de reconnaître les territoires des Etats africains tels qu’hérités du colonialisme, une condition sine qua non de la paix entre les Etats et en leur sein et de possibilités de développement réel.

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