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Nationale

l’affaire Sonatrach 1 : Les auditions des accusés débuteront

l’affaire Sonatrach 1 : Les auditions des accusés débuteront

Le deuxième jour du procès des ex-cadres et ex-fonctionnaires de la Sonatrach s’est poursuivi hier par la lecture de l’arrêt de renvoi de la chambre d’accusation de la cour d’Alger par le greffier d’audience, Belhouane Saad, qui comporte pas moins de 295 pages.

Le président du tribunal criminel d’Alger, Rekkad Mohamed, chargé de statuer dans cette affaire, a indiqué lors de l’audience d’hier que les auditions, qui débuteront probablement aujourd’hui, seront consacrées à celles des mis en cause impliqués dans les passations de marchés publics douteux.

 Ainsi, des hauts cadres de la société allemande Funkwerk electronic GMBH Plettac vont être entendus par le magistrat en charge du dossier quant aux contrats conclus avec la société Sonatrach.

En effet, il ressort de l’arrêt de renvoi établi par l’ancienne présidente de la chambre d’accusation, Mme Zigha Djamila, désignée à la cour de Boumerdès en qualité de procureur général, que plusieurs anomalies et carences ont été relevées au cours de l’enquête préliminaire et de l’instruction judiciaire.

Un contrat de gré à gré a été octroyé à ce groupe choisi par l’intermédiaire d’un des fils de l’ex-PDG de Sonatrach, en l’occurrence Meziane Mohamed placé sous contrôle judiciaire au cours de l’instruction judiciaire, alors que ses deux enfants sont incarcérés à l’établissement d’El Harrach.

Selon le dossier de l’enquête, le marché portant sur des installations de sécurité a été octroyé à cette société allemande, représentée en Algérie par le bureau d’études appartenant à l’ancien PDG du CPA et son fils (actuellement détenus), par l’intermédiaire de l’un des fils de l’ex-PDG de Sonatrach qui n’est autre que l’associé en même temps de ce groupe.

Il est reproché à ces derniers, selon le même arrêt, d’avoir perçu des commissions importantes versées en devises dans leurs comptes à l’étranger, et d’avoir reçu aussi d’autres cadeaux portant donation d’appartements à Paris et aux USA au nom de leurs épouses.

Ce marché est à l’origine de l’enquête diligentée par le Département du renseignement et de la sécurité (DRS) suite à un ensemble de renseignements qui ont révélé que cette société, pourtant récemment créée, a pu obtenir d’aussi grands marchés dans des conditions douteuses et est devenue le fournisseur exclusif de Sonatrach en matière d’équipements de sécurité.

Pour rappel, 19 personnes ont été interpellées dans ce scandale. 7 ont été mises sous mandat de dépôt, dont les deux fils de l’ex-PDG de Sonatrach, l’ancien PDG du CPA et son fils, deux vice-présidents de Sonatrach et un entrepreneur privé, alors que l’ex-PDG, deux autres vice-présidents et trois cadres de Sonatrach ont été placés sous contrôle judiciaire pour « violation de la réglementation des marchés publics, association de malfaiteurs et corruption ».

Selon une enquête menée par le DRS, pas moins de 1 600 marchés ont été attribués de gré à gré ces dix dernières années par Sonatrach, plusieurs hauts responsables seraient impliqués dans des malversations.

Il convient de signaler que la Sonatrach n’est pas à son premier scandale, puisque l’ancien Premier ministre, Ahmed Ouyahia, avait déjà instruit l’Inspection générale des finances (IGF) en 2006 d’enquêter sur les marchés conclus par Sonatrach et la société américaine dissoute BRC. 41 marchés de gré à gré auraient été conclus avec BRC, pour un montant total de 185,7 milliards de dinars (2,1 milliards d’euros).

Le tribunal examinera lors des prochains jours point par point les contrats frauduleux conclus, à l’instar du contrat avec la société italienne Saipem. Des cadres seront convoqués à cet effet, dont le PDG Tullio Orsi qui a quitté le pays avec 6 de ses proches collaborateurs italiens (dont son adjoint le vice-président, le directeur commercial et le responsable des projets) la première semaine de février, juste après l’ouverture de l’enquête judiciaire et la mise de l’ex-PDG de Sonatrach sous contrôle judiciaire.

Selon le même arrêt, le tribunal se penchera également sur le contrat portant sur la construction du gazoduc GK 3, qui a connu plusieurs malversations.

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