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Nationale

L’affaire Sonatrach 1 : «Chakib Khelil ne respectait pas les directives du gouvernement»

L’affaire Sonatrach 1 : «Chakib Khelil ne respectait pas les directives du gouvernement»

Les plaidoiries de la défense constitués au profit des accusés impliqués dans le scandale financier lié à l’affaire Sonatrach 1 et plus précisément dans la rénovation du siège de Sonatrach sis à la rue Ghermoul (Alger), et contre lesquels le représentant du parquet général a requis de lourdes peines, se sont poursuivis avant-hier tard dans la soirée, au tribunal criminel d’Alger.

La deuxième journée des plaidoiries de la défense a été inaugurée par Me Ksenti Mansour, avocat de l’accusé Chawki Rahal, qui occupait au moment des faits le poste de directeur général adjoint à la Sonatrach, chargé de l’activité commerciale. Est poursuivi pour « association de malfaiteurs ».

D’emblée, Me Ksanti a indiqué que « son client n’a rien à voir avec la décision de rénovation du siège Ghermoul », comme l’avait affirmé l’accusé lors de son audition par le juge Mohamed Reggad en précisant que les travaux de rénovation avaient été décidés par le ministère.

De son côté, Me Belabbés Mohamed Amine, avocat de l’accusé Aït El Hocine Mouloud, chef du département technique à la direction de commercialisation du géant pétrolier poursuivi pour « conclusion de contrat non réglementés et tentative de dilapidation de deniers publics » a plaidé l’innocence en faveur de son client concernant tous les faits retenus contre lui par les juges de la Chambre d’accusation, affirmant qu’il s’agit d’accusations infondées.

Il a tenu à indiquer que son client « n’avait pas le pouvoir de décider même s’il avait été nommé président du comité d’étude des offres techniques du projet de rénovation du siège Ghermoul », précisant que « seul son supérieur, qui s’est présenté au tribunal en tant que témoin dans l’affaire Sonatrach 1 en avait les prérogatives ».

Le même tribunal a par ailleurs a entendu la défense du mis en cause Sanhadji, alors directeur des activités centrales à la Sonatrach, accusé d’attribution d’avantages indus à Mme Miliani Nouria, directrice de CAD, bureau d’études qui a obtenu le contrat de gré à gré. « Ce dernier a estimé que son client agissait sur instruction du ministre de l’Energie et des Mines à l’époque, Chakib Khalil, et de l’ex-PDG de Sonatrach, Mohamed Meziane », a soutenu Me Aqdad Radia.

L’avocate en question a en outre indiqué que dans une correspondance, « le Chef du gouvernement a instruit l’ex-ministre, Chakib Khalil, d’attribuer le siège Ghermoul d’Alger au ministère des Transports ». Après avoir remis une copie du document au président du tribunal Mohamed Reggad, Me Aqdad a cité une autre correspondance qui rappelle au ministre le premier document et la nécessité de prendre les mesures adéquates à ce sujet.

L’avocate a affirmé que l’ex-ministre du secteur n’a pas pris en considération ces correspondances et a donné des instructions contraires à Mohamed Meziane pour réserver le siège Ghermoul à son département ministériel. Le mis en cause, Sanhadji, a reçu cette instruction qui devait rester confidentielle, selon elle.

La première chose qui lui est venue à l’esprit, c’est de rénover le siège pour Sonatrach et le ministère de l’Energie et des Mines à travers la conclusion d’un marché de gré à gré pour accélérer les travaux et conférer à la totalité du projet un caractère d’urgence, d’autant que ses prérogatives le lui permettaient. Selon Me Aqdad, « cette décision ne constitue pas une violation de la règle interne “R15” de Sonatrach qui renferme des clauses adaptées au code des marchés publics ».

Elle a rappelé les déclarations du mis en cause Sanhadji qui a nié avoir un quelconque lien avec le choix du bureau d’études CAD qui a obtenu le marché car cela ne relève pas de ses prérogatives, comme l’ont confirmé de nombreux témoins auditionnés par le tribunal criminel d’Alger qui disent que « l’accusé n’est en aucun cas intervenu pour privilégier ce bureau ». Les plaidoiries se poursuivront lors des prochains jours et les délibérations sont attendues pour la semaine prochaine.

Pour rappel, 19 personnes ont été interpellées dans ce scandale. Sept ont été mises sous mandat de dépôt, dont les deux fils de l’ex-PDG de Sonatrach, l’ancien PDG du CPA et son fils, deux vice-présidents de Sonatrach et un entrepreneur privé, alors que l’ex-PDG, deux autres vice-présidents et trois cadres de Sonatrach ont été placés sous contrôle judiciaire pour « violation de la réglementation des marchés publics, association de malfaiteurs et corruption ». Selon une enquête menée par le DRS, pas moins de 1 600 marchés ont été attribués de gré à gré ces dix dernières années par le géant pétrolier (Sonatrach) plusieurs hauts responsables seraient impliqués dans des malversations.

Il convient de signaler que la Sonatrach n’en est pas à son premier scandale, puisque l’ancien Premier ministre, Ahmed Ouyahia, avait déjà instruit l’Inspection générale des finances (IGF) en 2006 d’enquêter sur les marchés conclus par Sonatrach et la société américaine dissoute BRC. 41 marchés de gré à gré auraient été conclus avec BRC, pour un montant total de 185,7 milliards de dinars (2,1 milliards d’euros).

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