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Nationale

L’affaire Baroche sera rejugée le 26 octobre

L’affaire Baroche sera rejugée le 26 octobre

C’est un procès très attendu. Après le pourvoi en cassation introduit le 18 avril 2013 par le procureur général de la cour d’Annaba concernant la célèbre affaire du pédophile français Jean-Michel Baroche, la Cour suprême a accepté que l’affaire soit rejugée une dernière fois par devant le tribunal criminel d’Annaba.

Ainsi, Jean-Michel Baroche et ses complices comparaîtront dès l’ouverture de la première session criminelle de l’année judiciaire 2016-2017, prévue la semaine prochaine.

Pour rappel, cette affaire, dévoilée le 24 avril 2012 par les services de la police judiciaire de la wilaya d’Annaba, a permis l’arrestation de Jean-Michel Baroche et de plus d’une dizaine de personnes, dont des notables bien connus à la Coquette, pour viol sur mineures, sévices sexuels sur des filles de plus de 18 ans, production de films et montages de photos à caractères immoraux, diffusion et commercialisation de données masquées et transmises par un système informatique, aménagement d’un lieu pour la pratique de la prostitution, incitation de filles mineures à la prostitution, faux et usage de faux et falsification de documents officiels, avortement et atteinte à la vie privée portant sur des aspects particulièrement intimes des victimes et leurs familles, mise en danger de la vie de personnes sous l’effet de produits toxiques pouvant entraîner la mort, création d’une société fictive de façade avec transgression des lois du code du commerce, détention de drogues et de produits psychotropes pour consommation personnelle et incitation illégale de filles mineures à la consommation des mêmes produits, violation des lois de change sur la monnaie et le mouvement des capitaux.

Parmi les co-inculpés principaux de Jean-Michel Baroche, figurent un ex-vice-président de l’APC d’Annaba, deux gynécologues, une attachée de presse de la wilaya d’Annaba et le chauffeur personnel de Baroche.

Dans son verdict, le tribunal criminel avait condamné Baroche à 7 ans de prison ferme assortie d’une amende de 200.000 dinars ; le vice-président qui avait facilité l’installation du ressortissant français à Annaba, a été condamné à 6 ans de prison et à dix ans de privation de ses droits civiques ; le chauffeur de Baroche a été condamné lui aussi à 6 ans de prison.

Les autres accusés ont bénéficié de condamnations minimes par rapport aux griefs qui leur sont reprochés, d’où le pourvoi en cassation introduit par le procureur général.

Comment l’affaire a débuté

Baroche Jean-Michel Henri, 57 ans, avant son arrivée en Algérie était installé en Tunisie où il dirigeait plusieurs agences toutes spécialisées dans le tourisme et le transport aérien touristique. Juif tunisien de Djerba, français d’origine, il était arrivé à Annaba le 11 mars 2011 fuyant la révolution tunisienne.

Très riche, grâce à sa sœur qui lui envoyait de l’argent à partir de la France via sa banque Société Générale, il créera une première entreprise, « Algerian Développement Agency « , société qui se voulait comme un important créneau de « conseils d’affaires ». Mais il n’en était rien puisque aucune activité notable ne sera enregistrée. Par contre, via cette boîte « fictive « , Baroche réussit à approcher des cadres et des notables de la wilaya d’Annaba. Très vite, il organisera deux concours de beauté pour miss Annaba. 

C’est à partir de là que Baroche se mit à la recherche de jeunes filles, soit pour les faire concourir au prochain salon de miss Annaba ou soit de les envoyer pour suivre des formations de mannequin en France. Mais rien ne se fera. Au contraire, il abusera de ces filles, dont la plupart sont des lycéennes et mineures. Ne s’arrêtant pas là, il osera même les filmer… Pis, il mettra en ligne les vidéos de ces filles. Ainsi, plus de 23 filles mineures ont été violées.

Le plus étrange dans cette affaire, des gynécologues renommés à Annaba ont été filmés par Baroche et ses comparses en train de « reconstituer les hymens » des adolescentes violées.
Encore, le tout-Annaba n’arrive pas à comprendre comment Jean-Michel Baroche a pu entraîner l’ex-vice président de l’APC d’Annaba jusqu’à le filmer en compagnie « intime » d’une mineure dans un hôtel touristique bien connu dans la « capitale de l’acier ». Il faut signaler que cet élu, connu sur la place d’Annaba comme un homme pieu, officiait régulièrement au niveau de la mairie pour célébrer les mariages.

Ainsi, l’affaire Baroche qui sera rejugée le 26 octobre prochain risque de révéler d’autres noms de personnes en relation étroite avec le pédophile français. Des noms murmurés lors de l’éclatement de cette affaire mais qui n’ont jamais été inquiétés. 

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