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Nationale

L’affaire Augusta déterrée par les enquêteurs

L’affaire Augusta déterrée par les enquêteurs

L’acquisition de la raffinerie d’Augusta, en Italie, constitue un brûlant dossier pour les enquêteurs diligentés par la justice, tant les arguments avancés pour convaincre les autorités et l’opinion publique de la transaction se sont avérés contraires à la réalité.
Le seul gagnant dans cet achat est la firme américaine Exxon mobil, qui s’est débarrassée d’un gouffre financier le 1er décembre 2018. A en croire des personnes proches du dossier, la raffinerie, qui a coûté un milliard de dollars, ne va pas raffiner du pétrole algérien.
Sonatrach avait annoncé que l’acquisition de cette raffinerie permettrait à la société de combler son déficit local en gasoil et en essence, renonçant ainsi à l’importation de ces produits. Plus que cela, elle devait permettre de vendre sur les marchés internationaux les produits excédentaires.
A travers cette acquisition, c’est également le système de raffinage du groupe pétrolier qui devait être renforcé d’une capacité de raffinage supplémentaires de 10 millions de tonnes de traitement par an, et d’une capacité de stockage équivalent à une autonomie supplémentaire de 3 jours de consommation en gasoil et de 3 jours de consommation en essence.
Cependant, selon des sources proches du dossier, un contrat est signé avec la compagnie nationale saoudienne d’hydrocarbures Aramco, en vue de traiter le pétrole saoudien ! C’est donc le vice-président de raffinage et pétrochimie à Sonatrach, Abdelhamid Raïs-Ali, qui sera en mesure d’apporter des explications, sachant que c’est sur ses conseils que le PDG de Sonatrach Abdelmoumen Ould Kaddour a décidé de l’achat de cette raffinerie, alors qu’elle n’était pas prévue dans les plans de la direction commerciale de la société. Contacté par le Jeune indépendant, Raïs-Ali affirme qu’il n’a rien à voir avec l’achat de la compagnie.
Or, des sources au sein de la direction générale à Hydra assurent qu’il a effectué plusieurs déplacements à Augusta pour examiner la raffinerie, construite en 1949 et que beaucoup d’experts ont jugé l’acquisition incompréhensible et coûteuse sur le plan environnemental.
La direction de Sonatrach avait motivé cet achat par la réorganisation de l’entreprise qui aspirait notamment investir à l’étranger. Il y a lieu de noter que, selon des sources informées, des officiers de la police judiciaire, sur instruction du parquet général, se sont présentés récemment à la direction générale de Sonatrach pour réclamer des dossiers auprès de la direction commerciale. Par ailleurs, plusieurs cadres sont ciblés par cette enquête. Il est également reproché à ce vice-président de raffinage et pétrochimie, selon les mêmes sources « ses méthodes obsolètes et le non-respect des normes de gestion ». 
La raffinerie rachetée au groupe américain Exxon Mobil devait raffiner du pétrole algérien pour répondre au besoin du marché algérien, avait annoncé en grande pompe Ould Kaddour. ll n’en est rien puisque Sonatrach achète désormais du pétrole saoudien pour faire fonctionner cette raffinerie, qualifiée d’épave par les spécialistes du marché pétrolier.
Cette transaction a suscité la suspicion quant aux réelles motivations ayant présidé au rachat de cette raffinerie. On évoque même un rachat de complaisance au profit de la compagnie américaine.
Le vice-président de Sonatrach du raffinage et de la pétrochimie, Abdelhamid Raïs-Ali, a été l’architecte de ce rachat puisque Ould Kaddour s’est appuyé sur lui pour le valider.
Pourtant, Raïs-Ali s’était illustré par une mauvaise gestion à la raffinerie d’Arzew, laissant à son successeur Mohamed Salih Bouaziz un amas de problèmes, selon de nombreux témoignages au sein de la raffinerie. Bouaziz a dû combler les lacunes laissées par son prédécesseur, a-t-on appris auprès de plusieurs sources à la raffinerie. Nommé directeur divisionnaire à la tête des cinq raffineries, Bouaziz réussit à relancer le projet de réhabilitation de la raffinerie de Sidi Rcine en s’appuyant sur le groupe China petroleum Engineering and Construction (CPECC) suite à la résiliation du contrat avec le français Technip qui n’avait pas tenu ses engagements.
Un procédé devenu courant entre Sonatrach et les compagnies étrangères qui finissent au tribunal d’arbitrage, causant des pertes colossales au groupe pétrolier algérien.
En outre, Raïs-Ali, 67 ans, décide de prendre les commandes de la raffinerie de Sidi Rcine suite à sa confirmation par Ould Kaddour en tant que vice-président en charge du raffinage et de la pétrochimie.
Il outrepasse les prérogatives de Bouaziz, ont indiqué les mêmes sources, pour prendre en charge la suite du processus mais accuse un retard de neuf mois sur le délai prévu à l’inauguration qui sera effectuée le 21 février dernier.
L’ex-président Abdelaziz Bouteflika devait inaugurer la raffinerie. Toutefois, depuis sa mise en service, la raffinerie n’a pas raffiné le moindre gramme de pétrole, suscitant des interrogations quant aux procédés de gestion de Raïs-Ali. Après plusieurs années de travaux de réhabilitation confiés aux Chinois, Salih Bouaziz, en fera les frais de la gestion de ce responsable. Bouaziz qui avait pourtant engagé un plan pour accélèrer la réhabilitation se voit muté à la raffinerie de Skikda1. Ceux qui ont eu à travailler sous sa coupe parlent d’un cadre hautement diplômé de prestigieuses universités mondiales.
S. Ould Brahim

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