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Nationale

L’adhésion à l’UA est «sans préalable»

L’adhésion à l’UA est «sans préalable»

Le commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union africaine (UA), Smail Chergui, a réaffirmé lundi à Oran que l’adhésion à l’organisation continentale est régie par des « critères clairs » et « sans préalable aucun », ajoutant que « les Africains ne sont pas prêts » à mettre l’organisation dans une situation dont elle se passerait.

« L’adhésion à l’Union africaine est régie par des critères clairs et sans préalable aucun », a indiqué M. Chergui lors d’une conférence de presse à la fin des travaux du 4e séminaire de haut niveau sur la paix et la sécurité en Afrique, avant de souligner que « toute partie désirant adhérer à l’Union devra se considérer comme le reste des membres avec les mêmes droits et obligations ».

Il a précisé que les Africains ne cessent de réitérer l’importance de l’Union en « tant qu’outil pour la protection du continent et la relance de son développement », rappelant qu’ils « ne sont pas prêts à mettre cette importante organisation dans une situation délicate dont elle se passerait en pareille conjoncture ».

M. Chergui a relevé que l’Union africaine « est forte de son statut et de ses décisions auxquelles se réfèrent les Etats membres et s’y soumet tout Etat désirant y appartenir. Partant de là, est bienvenu celui qui respecte ces critères mais pas au détriment d’un autre Etat et sans préalable aucun car les lois de l’organisation ne permettent pas cela », avertit le commissaire africain.

Le rappel de ces règles immuables par le commissaire à la paix et la sécurité intervient alors que le Maroc, qui souhaite réintégrer l’UA après l’avoir quittée il y a 34 ans pour protester contre l’adhésion de la RASD, fait un forcing en direction de certains pays de l’Afrique de l’Ouest pour obtenir leur faveur contre des contrats juteux.

Le Maroc, qui a accepté pour le moment de siéger aux côtés de la délégation de la RASD, refuse de signer la charte de l’UA qui stipule que tout demandeur doit accepter les frontières des pays héritées du colonialisme.

Or, le Maroc veut réintégrer l’UA sans accomplir cette formalité nécessaire et signée par tous les pays lors des changements des statuts de l’OUA qui est devenue par la suite l’UA. Le roi du Maroc, a récemment effectué une tournée africaine qui s’est conclue en demi-teinte : aucun des pays visités n’a encore renié son soutien à la cause sahraouie.

Lors du 27e sommet de l’UA le 17 juillet dernier à Kigali, le roi du Maroc a dévoilé son intention de réintégrer l’organisation. Jusqu’ici, le Maroc a toujours conditionné son retour à l’exclusion de la RASD.

Si pour l’heure, l’exclusion de la RASD n’a pas été avancée dans la demande du Maroc, ce dernier s’apprêterait à le faire une fois admis, ce qui inévitablement créera une crise interne aux conséquences désastreuses pour l’UA.

« Chaque chose en son temps » a commenté le ministre marocain des Affaires étrangères Salaheddine Mezouar fin novembre. Le Maroc, qui table sur 28 signatures pour réintégrer l’Union africains, ne peut compter sur ce nombre qui reste insuffisant pour obtenir la modification de l’Acte constitutif de l’UA nécessaire à cette suspension.

Le Maroc vient d’être officiellement condamné pour torture contre les prisonniers politiques sahraouis du groupe de Gdeim Izik. Le Comité contre la torture de l’ONU a condamné le 12 décembre dernier le Maroc dans le cadre de la plainte de Naâma Asfari, l’un des prisonniers politiques sahraouis du groupe dit de Gdeim Izik, incarcéré depuis plus de 6 ans et condamné par un tribunal militaire en février 2013 à 30 années de prison, pour torture, pour aveux extorqués sous la torture, et pour non vérification de ses allégations de torture.

La condamnation du Maroc pour torture dans le cadre de cette plainte est très importante car, au-delà de Naâma Asfari, ce sont les 23 autres condamnés du procès militaire de 2013 qui ont fait état d’aveux signés sous la torture.

Le Maroc, qui a annexé les territoires sahraouis par la force depuis 1975, y est une puissance occupante de fait, certainement pas une puissance souveraine comme il le prétend, ni même une puissance « administrante de facto », car il ne rend aucun compte à l’ONU qui a la responsabilité finale du sort du territoire.

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