L’acte de souveraineté face à l’émirat du sabotage
Il est des moments solennels où la retenue diplomatique cesse d’être une vertu pour devenir une vulnérabilité. En officialisant la rupture définitive de ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis, l’Algérie n’a pas seulement posé un acte d’autorité : elle a scellé la fin d’une illusion. Longtemps observée avec une patience stratégique par le gouvernement algérien, la politique d’immiscer, de miner et d’encerclement menée depuis Abou Dhabi a fini par franchir l’irrémédiable. Après le Maroc en 2021, les Émirats deviennent le second pays à subir le couperet d’Alger, sanctionnant une alliance bilatérale ouvertement hostile à la souveraineté nationale.
Cette dérive ne date pas d’hier. Les racines de la subversion émiratie s’enfoncent dans le contexte du Hirak de 2019, lorsque Abou Dhabi tentait désespérément de préserver ses relais d’influence en soutenant les caciques de l’ancien système Bouteflika.
L’ingérence s’est invitée jusqu’au cœur du processus démocratique national : lors de la réception de la fête nationale émiratie à Alger le 02 décembre 2019, l’ambassadeur d’alors tentait ouvertement de conspirer contre le cours de la présidentielle en distillant des fausses certitudes auprès des chancelleries internationales. Une manœuvre d’intoxication prolongée par des campagnes de dénigrement numériques visant à faire barrer la route au candidat de la majorité populaire et de l’indépendance nationale, Abdelmadjid Tebboune.
N’ayant pu soumettre la décision souveraine du peuple algérien, le régime émirati a déplacé son offensive sur le terrain de la guerre hybride et du sabotage géopolitique. Au Sahel, l’activisme financier d’Abou Dhabi s’est fixé un objectif clair : miner la diplomatie algérienne. Des promesses d’investissements cash aux autorités de transition maliennes pour saborder l’Accord d’Alger, jusqu’au soutien financier occulte apporté aux réseaux de mutins au Niger pour renverser le régime du général Tiani, chaque initiative émiratie a visé à embraser l’environnement sécuritaire régional. Sur le plan économique, le constat est identique : des financements massifs ont été injectés dans le projet concurrent de gazoducgazoduc Un gazoduc est une canalisation destinée au transport de matières gazeuses sous pression, la plupart du temps des hydrocarbures. Selon leur nature d'usage, les gazoducs peuvent être classés en trois familles principales : 1- gazoducs de collecte, ramenant le gaz sorti des gisements ou des stockages souterrains vers des sites de traitement. 2- gazoduc de transport ou de transit, acheminant sous haute pression le gaz traité (déshydraté, désulfuré, ...) aux portes des zones urbaines ou des sites industriels de consommation 3- gazoducs de distribution, répartissant le gaz à basse pression au plus près des consommateurs domestiques ou des petites industries. Nigéria-Maroc dans l’unique dessein de faire dérailler le Gazoduc Trans-Saharien (TSGP).
Plus grave encore, cette agression s’attaque directement à la jeunesse et à la cohésion sociale. L’implication émiratie dans la facilitation et le financement du trafic de drogues dures et de psychotropes ne relève plus du grand banditisme, mais d’une stratégie de déstabilisation sociale.
Les preuves matérielles s’accumulent, de l’arrestation à Oran de réseaux de cocaïne téléguidés depuis Abou Dhabi aux révélations de la police espagnole sur la « Dubai Bank », plaque tournante du blanchiment d’argent issu du narcotrafic transnational.
À l’international, cette pieuvre subversive a tissé des alliances contre nature. En France, le financement émirati à hauteur de 8 millions d’euros pour éponger les dettes du Rassemblement National — illustré par les rapprochements stratégiques avec ses dirigeants — vise à attiser le sentiment anti-algérien et à cibler la diaspora. Sur la scène multilatérale, l’axe tripartite « Abou Dhabi – Rabat – Tel Aviv » s’est appliqué à paralyser les positions de principe d’Alger à l’ONU, tout en apportant un soutien logistique direct aux groupuscules terroristes comme le MAK.
Face à un tel faisceau de preuves et à une volonté manifeste de nuire, l’Algérie ne pouvait plus se contenter de mises en garde. En renvoyant l’ambassadeur émirati, l’État algérien réaffirme une vérité immuable : sa souveraineté, sa sécurité nationale et son intégrité territoriale sont des lignes rouges absolues. Aucune ingérence, aucun chantage financier et aucune coalition hostile ne sauraient fléchir la trajectoire d’une nation debout.