Laboratoires de contrôle aux frontières des produits importés : Consommateurs et commerçants plus protégés
L’Algérie ne badine pas avec la sécurité sanitaire des citoyens. C’est un dispositif strict et rigoureux que les autorités comptent installer en vue de renforcer le contrôle de qualité et de la conformité des produits importés au niveau des frontières, sur instructions du président de la République.
Une mesure qui est à même de protéger l’économie nationale, la santé et la sécurité des citoyens en plus des commerçants. Des professionnels et des associations de protection des consommateurs saluent cette forte décision des pouvoirs publics, appelant à l’élaboration des normes propres à l’Algérie.
Par la voix de son président Hacène Menouar, l’association nationale pour la protection des consommateurs El Aman a exprimé sa satisfaction quant à la mise en place de laboratoires de contrôle des produits destinés à la consommation dans des postes frontaliers.
« Nous sommes rassurés au niveau de l’association. La mise en place de ces laboratoires aux niveaux de nos frontières va être d’un appui important pour assurer la sécurité sanitaire de tous les produits alimentaires, phytosanitaires, les médicaments, les produits vétérinaires. Ce qui est directement lié à la sécurité et la santé publique », a indiqué Hacène Menouar au Jeune Indépedant, qui a souligné l’intérêt porté par les hautes autorités du pays à la protection du consommateur.
Exprimant son souhait de voir le contrôle instauré également sur les produits industriels, à l’instar des pièces de rechange, ainsi que les produits électriques et électroniques, le président de l’association El Aman a souligné le caractère urgent de la mise en œuvre de ce contrôle. « Il faut faire très vite et faire en sorte que ces laboratoires de contrôle entrent en fonction le plus rapidement possible », a-t-il noté. Selon lui, cette annonce suffit déjà et aura à dissuader certains importateurs qui font entrer en Algérie des produits non conformes.
La transparence et la nécessité de rendre disponible l’information s’agissant de ces opérations de contrôle sont, en outre, requises, selon M. Menouar, qui préconise de relier ces données au réseau d’alerte installé au niveau du ministère du Commerce, le but étant d’alerter les consommateurs et différents parties concernées, notamment au niveau directions décentralisées des wilayas.
Elaborer des normes algériennes
En plus de disposer d’outils de contrôle qui constituent une étape importante, il est, par ailleurs, nécessaire aujourd’hui de développer et d’élaborer des normes algériennes qui concernerait tous les produits et services. « Il est temps d’être exigeant avec les autres pays qui, parfois, nous vendent des produits qu’ils n’utilisent même pas », a signalé le présent d’El Aman, notant qu’il s’agit aussi de l’image du pays. La question a été, selon lui, déjà abordée dans le cadre des discussions avec l’organisme national de normalisation, l’IANOR. Nos faiblesses dans ce domaine ont alors été évoquées.
Une idée que partage l’association nationale des commerçants ANCA. La nécessité d’élaborer des normes algériennes a été, en effet, soulignée par son président, Mohamed Tahar Boulenouar, qui dit qu’il est temps pour l’Algérie de disposer de ces propres normes.
Des normes auxquelles les opérateurs étrangers devront répondre pour une mise sur le marché de leur produit en Algérie. Selon lui, en plus des normes internationales déjà établies, l’Algérie doit aussi, comme le font tous les pays du monde, imposer ses propres normes. Cela, en adéquation avec les paramètres locaux, dont les cultures de consommation du pays.
Appelant les commerçants à maintenir le même niveau de vigilance s’agissant des produits commercialisés, M. Boulenouar a, de son côté, exprimé la satisfaction de l’association quant à la mesure relative au renforcement du contrôle au niveau des frontières, terrestres, maritimes et aériennes. La décision tombe à point, d’autant que le commerçant n’aura plus à assumer la responsabilité de la commercialisation d’un produit importé non conforme.
Selon le président de l’ANCA, le commerçant a longtemps été sanctionné pour commercialisation d’un produit importé non conforme, pourtant acheté chez un importateur ou distributeur d’une manière légale. « Nous saluons cette décision qui va protéger le marché national de l’entrée sur le marché de produits non conformes ou qui représentent un danger pour l’économie nationale ou les consommateurs », a-t-il indiqué.
« Avec le renforcement du contrôle au niveau des frontières, le commerçant n’aura plus à assumer un fait dont il n’est pas responsable. La responsabilité incombera désormais aux instances ou organismes chargés du contrôle », a précisé M. Boulenouar, affirmant que les commerçants, notamment les détaillants, n’auront plus à se soucier de la conformité des produits, lesquels devront systématiquement subir un contrôle préalable.
Depuis l’instruction donnée par le Président lors de la dernière réunion du Conseil des ministres, la semaine dernière, le travail a commencé sur le terrain. Un groupe de travail technique a déjà été installé jeudi dernier, à l’occasion d’une séance de travail conjointe qui a regroupé les ministres de la Santé, du Commerce intérieur et de l’Agriculture, regroupant les organismes concernés. Ce groupe de travail est chargé de mettre en place l’ensemble des dispositions et mesures nécessaires à la mise en œuvre des orientations données lors de la réunion du Conseil des ministres.