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La ville de Ramadi en passe d’être reprise par l’armée irakienne

La ville de Ramadi en passe d’être reprise par l’armée irakienne

Les forces irakiennes ont repris hier au groupe terroriste Etat islamique (EI) une large partie de la ville de Ramadi, située à 100 km à l’ouest de Bagdad et contrôlée depuis mai par les terroristes, ont annoncé des responsables.

La reprise du secteur de Tamim constitue une avancée majeure pour les forces irakiennes qui ont lancé depuis plusieurs mois une offensive pour reconquérir Ramadi, le chef-lieu de la province occidentale d’Al-Anbar.

« Aujourd’hui, nos forces ont complètement libéré le secteur de Tamim après une bataille féroce contre les combattants de Daech », a déclaré le porte-parole des services de lutte antiterroriste irakiens, Sabah al-Nomane. La reprise de Tamim a également été confirmée par le chef de la police de la province d’Al-Anbar, le général Hadi al-Irzayij ainsi que par le porte-parole du commandement des opérations conjointes.

Les jihadistes de l’EI se sont emparés de vastes territoires en Irak, dont la deuxième ville du pays Mossoul, à la faveur d’une offensive fulgurante lancée en juin 2014. Six mois plus tôt ils avaient conquis la ville de Falloujah, située dans Al-Anbar, la plus vaste province du pays.
Les forces kurdes irakiennes appuyées par des frappes aériennes de la coalition internationale menée par les États-Unis ont repris à la mi-novembre à l’EI la ville de Sinjar, dans le nord du pays.

Par ailleurs, le départ exigé par Bagdad des troupes turques entrées en Irak ne s’applique pas aux conseillers militaires, a assuré avant-hier soir le ministre irakien des Affaires étrangères, à la veille de l’expiration du délai fixé à Ankara.

« Il y a des conseillers militaires d’un certain nombre de pays en Irak et nous avons accepté ce principe, mais pas celui de troupes au sol pénétrant sur le territoire irakien », a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Ibrahim Jaafari, lors d’une conférence de presse aux côtés de son homologue allemand.

Dimanche, l’Irak a donné 48 heures à la Turquie pour retirer des troupes récemment entrées sur son territoire, illégalement selon Bagdad, qui a prévenu que, sinon, Ankara ferait face à « toutes les options disponibles » y compris un recours au Conseil de sécurité de l’ONU.

Il ne « reste plus que 24 heures » a prévenu lundi soir le Premier ministre irakien Haider al-Abadi. « Nous devons être préparés et prêt à défendre l’Irak et sa souveraineté », a-t-il dit lors d’une visite au quartier général des forces aériennes irakiennes.

« L’armée de l’air a la capacité (…) de protéger l’Irak de toute menace », a-t-il ajouté. Un haut responsable turc a toutefois indiqué lundi qu’il était peu probable qu’Ankara retire ces troupes, qui compteraient entre 150 et 300 hommes appuyés par 20 tanks établies dans une base dans la zone de Bashiqa près de Mossoul (nord).

« Nous nous attendons à ce que les troupes restent », a déclaré ce responsable sous couvert de l’anonymat. Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu avait démenti samedi que ce déploiement constituait le préalable à une opération militaire en Irak et avait parlé d’une « rotation normale » de troupes.

Des militaires turcs sont présents dans la zone de Bashiqa, où ils entraînent des volontaires irakiens sunnites désireux de reprendre la grande ville du nord, aux mains du groupe Etat islamique (EI) depuis juin 2014. Ces conseillers, dont le nombre n’est pas connu, ne sont pas dans la ligne de mire des autorités irakiennes.

A Bagdad, Haider al-Abadi est actuellement contraint à un exercice d’équilibriste entre la défense de la souveraineté irakienne et la recherche d’appui à l’étranger pour lutter contre l’EI, qui contrôle de vastes pans du territoire irakien.

Le Premier ministre « est tellement en position de faiblesse, tellement sous pression sur plusieurs fronts, et l’opposition des chiites au projet turc est tellement forte, qu’il n’a pas le choix », estime Kirk Sowell, un analyste basé en Jordanie.

Les relations entre Bagdad et Ankara s’étaient améliorées depuis la prise de fonction de Haïder al-Abadi en 2014 mais des tensions demeurent entre les deux capitales, notamment sur la question du conflit en Syrie et de la lutte contre les terroristes.

Dans la lignée de Moscou et Téhéran, Haïder al-Abadi a d’ailleurs accusé lundi Ankara de jouer un rôle de premier plan dans le trafic de pétrole organisé par l’EI, estimant que la majorité de l’or noir exporté passait par la Turquie.

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