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La Turquie accuse le PKK et le YPG et bombarde la Syrie

La Turquie accuse le PKK et le YPG et bombarde la Syrie

La Turquie, qui accuse le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et les milices kurdes de Syrie d’avoir perpétré l’attentat d’Ankara, a bombardé dans la nuit de jeudi à vendredi des secteurs kurdes au nord d’Alep. L’attentat de mercredi soir en plein centre d’Ankara a tué 28 personnes et fait 81 blessés, selon le dernier bilan.

Le président Recep Tayyip Erdogan et son Premier ministre Ahmet Davutoglu ont affirmé jeudi que l’attaque à la voiture piégée, qui a visé un convoi de bus transportant des militaires, avait été planifiée par le PKK et les combattants des Unités de protection du peuple (YPG) kurdes.

« Cette attaque terroriste a été commise par des éléments de l’organisation terroriste (PKK) en Turquie et un milicien des YPG », a lancé Ahmet Davutoglu. « L’attaque a un lien direct avec les YPG », a-t-il ajouté.

Le chef de Parti de l’union démocratique (PYD), Saleh Muslim, a démenti « toute implication » de son bras armé, les YPG. L’un des chefs du PKK, Cemil Bayik, a aussi réfuté ces allégations.
Le président Erdogan a balayé ce qu’il considère comme étant des dénégations. « Les informations du ministère de l’Intérieur et des services de renseignement montrent qu’ils sont les responsables », a-t-il déclaré devant la presse.

Il y a à peine quatre mois, Ankara avait déjà été visée par un attentat suicide qui avait fait 103 morts, attribué cette fois par les autorités au groupe Etat islamique (EI).

Après deux ans de cessez-le-feu, des affrontements meurtriers ont repris l’été dernier entre les forces de sécurités turques et le PKK dans le sud-est à majorité kurde du pays.
Jeudi matin, un convoi militaire a été attaqué dans cette région, tuant au moins six soldats, selon les services de sécurité.

L’attentat de mercredi intervient alors que l’artillerie turque bombarde depuis le 13 février les YPG, qui ont profité de l’offensive des forces l’armée arabe syrienne dans la province d’Alep (nord), appuyées par les raids aériens russes, pour prendre le contrôle de nouveaux territoires proches de la Turquie.
Jeudi soir, les obusiers turcs basés autour de Kilis (sud) ont à nouveau ouvert un feu nourri sur les positions kurdes.

La veille, les Turcs avaient fait passer la frontière à 500 rebelles syriens venus « prêter main forte aux insurgés face à la progression des forces kurdes » dans la région d’Azaz, au nord d’Alep.
Le gouvernement d’Ankara accuse les YPG et le PYD d’être des organisations « terroristes » car proches du PKK. A l’inverse, Washington arme ces deux mouvements, à la pointe du combat contre les terroristes.

« L’hypocrisie de ceux qui envoient des armes aux organisations terroristes et nous envoient des messages de condoléances doit cesser », a déploré son vice-Premier ministre Yalçin Akdogan.

Les ambassadeurs des cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU et l’Allemagne ont été « invités » au ministère turc des Affaires étrangères pour y être informés des détails de l’enquête, notamment sur l’implication kurde, a indiqué un de ses responsables.

Washington s’est refusé à désigner un responsable de l’attaque, appelant aussi bien la Turquie que les combattants kurdes en Syrie à la retenue.

Dans un rapport au Conseil de sécurité, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon déplore « le regain récent d’activité militaire dans la province d’Alep ».

Quatorze personnes liées à l’attentat d’Ankara ont été arrêtées, a annoncé le président Erdogan. Selon Ahmet Davutoglu, le chauffeur de la voiture bourrée d’explosifs a été identifié comme un Syrien de 23 ans, Salih Necar.

Les quotidiens Yeni Safak (pro-gouvernemental) et Sözcü (opposition) ont rapporté que le kamikaze avait été identifié grâce à ses empreintes digitales, enregistrées lors de son arrivée en Turquie en tant que réfugié.

Fidèle à sa rhétorique, Ahmet Davutoglu a mis en cause la « responsabilité » du président syrien Bachar al-Assad, accusé d’instrumentaliser les YPG. Il a également mis en garde la Russie, alliée de Damas. « Si ces actes terroristes continuent, elle sera tenue pour responsable », a-t-il averti.

Comme l’avait promis dès mercredi soir le président Erdogan, l’aviation turque a riposté par une série de frappes visant un camp du PKK dans le nord de l’Irak.

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