La Tunisie cœur battant de la Révolution Algérienne – Le Jeune Indépendant
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Nationale

La Tunisie cœur battant de la Révolution Algérienne

La Tunisie cœur battant de la Révolution Algérienne

Deux lieux anodins au centre-ville de Tunis rappellent le rôle important qu’a joué la Tunisie de 1956, nouvellement indépendante dans la réussite de l’élan révolutionnaire algérien et sa concrétisation, six ans plus tard par sa libération.

Le premier, petit hôtel coquet du centre-ville, le Majestic est aujourd’hui connu pour son bar retro et sa terrasse qui accueillent l’élite tunisoise et quelques touristes et qui a eu une histoire liée à la Révolution algérienne, car il deviendra en 1960 le siège du Gouvernement provisoire de la République Algérienne, jusqu’à 1962. Ses couloirs ont vu passer Saad Dahleb, Lamine Debbaghine et Krim Belkacem. L’EtatMajor politique algérien y avait accueilli les chefs d’Etats de passage à Tunis comme le Président Tito. Il a en outre servi de base pour les agents du Ministère de l’armement et des liaisons générales, ce fut d’ailleurs le lieu de résidence de Abdelhafid Boussouf son patron.

Second lieu mythique lié à la guerre d’Algérie, le siège d’El Moudjahid, actuel siège de l’Amicale des
algériens de Tunisie qui avait accueilli de grandes plumes de la Révolution algérienne comme Franz
Fanon ou Redha Malek. Ce siège avait accueilli le journal d’octobre 1957 au 19 mars de 1962.
Tunis a aussi été l’écrin d’une des plus belles armes du peuple algérien dans son combat contre le
colonialisme, l’équipe du FLN, qui s’établira dans la capitale tunisienne en 1958. «Par le biais du sport, la cause nationale a avancé. Elle a gagné 10 ans sur le combat libérateur», dira Ferhat Abbas premier chef du GPRA. Ce qui est moins connu, c’est la création dans les bases de l’Ouest tunisien, de l’équipe de l’ALN en 1956, une équipe constituée de joueurs algériens évoluant en Tunisie et de réfugiés ou combattants algériens.

Outre l’appareil médiatique et politique algérien, la Tunisie a abrité l’armée des frontières et l’étatmajor général dans la région frontalière. La proximité entre les deux peuples face au colonialisme s’est illustré le 8 février 1958, lors du bombardement par l’aviation française du village de Sakiet Sidi Youcef en Tunisie, à quelques encablures de la frontière. Un bombardement qui a conduit à la mort de 70 tunisiens et algériens et la blessure de 140 autres. Parmi les victimes, 12 enfants dans une école et des dizaines de réfugiés regroupés dans un camp de la Croix rouge.

L’armée française avait commis ce crime contre des civils en réponse à l’activité transfrontalière des
éléments de l’ALN. L’horreur de cette vengeance conduira à la chute du cabinet de Felix Gaillard une semaine plus tard.

Le basculement de la Tunisie vers le soutien total à la cause algérienne a permis au FLN de s’installer durablement et d’établir une base arrière militaire pour assurer l’approvisionnement en armes et en hommes des maquis de l’intérieur. On verra s’installer à partir de la mi 1956 des bases de l’ALN dans les villes de Ghardimaou, Sakiet Sidi Youssef, Le Kef, Tajerouine, Thala, Thélepte, Gafsa et Kasserine.

Un réseau de dépôts d’armes et de munitions est établi dans le Sud tunisien, il fait la jonction avec les réseaux d’acheteurs d’armes en Libye et en Europe et se charge de réceptionner les cargaisons venant d’Egypte.

En 1958 l’ALN amasse une force considérable, prête à entrer en Algérie pour poursuivre le combat. Dans l’arrière-pays de Tabarka, 1200 et 1500 hommes se préparent à rejoindre les wilaya I et II, Le 15e bataillon de l’ALN, masse ses hommes pas loin de là pour préparer ses hommes à rejoindre la wilaya III.

Plus au Sud du côté de Hydra, pas loin des mines de fer de Ouenza, deux bataillons se préparent à
rejoindre les wilaya I et IV. Cette concentration de troupes donnera lieu à la guerre des frontières entre l’armée française et l’ALN

les six premiers mois de l’année 1958. Plus de 2000 algériens tomberont au champ d’honneur pour
assurer l’approvisionnement en armes des maquis de l’intérieur.
Le 4 juillet 1962, la veille de l’indépendance, le 17e bataillon de l’armée des frontières stationné à
Ghardimaou en Tunisie est le premier groupe de l’ALN à faire marche vers l’Algérie. Il prend position à

Souk Ahras après avoir traversé la ligne Challe puis se déploie tout au long de la frontière.
La visite du Président Kaïs Saïd en Algérie à l’occasion de la célébration du 60e anniversaire de
l’indépendance du pays n’est que la continuation de ces relations. A rappeler que le président Saïed
avait décoré la moudjahida Djamila Bouhired du Grand cordon de l’Ordre de la République tunisienne en
janvier 2020.

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