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Nationale

La Tunisie, cette cible prioritaire des sanguinaires

La Tunisie, cette cible prioritaire des sanguinaires

Le SG de l’ONU, Ban Ki-moon ne croyait pas si bien dire avant-hier à Alger, lors de sa visite officielle de deux jours quand il disait que des informations alarmantes en provenance de Libye font redouter le pire.

Hier à l’aube un important groupe armé évalué à une centaine d’éléments affiliés à Daech a mené une attaque simultanée contre les districts de la garde et de la sécurité nationales et la caserne militaire à Ben Guerdane (Médenine) près de la frontière libyenne.

Lundi matin, l’assaut contre des sièges des institutions sécuritaires de cette même ville de Ben Guerdane a pris une tout autre ampleur. Fait inédit, les assaillants ont sillonné la cité en appelant la population à les soutenir, selon des témoignages locaux. : « Ils disaient au mégaphone. Nous sommes Daech. Ne paniquez pas ».

Des officiers de sécurité, ont été abattus à leur domicile. Cette attaque s’est soldée par l’élimination de vingt-huit éléments de ce groupe et la capture de sept autres. Parmi les victimes figurent 7 civils, 10 agents sécuritaires dont 6 agents de la Garde nationale, 2 agents de l’ordre, un soldat et un agent de la Douane.

Un agent de la Garde nationale, 3 agents de l’ordre, 4 soldats et un agent de la Douane ont été légèrement blessés.Ce groupe dont une partie a pu prendre la fuite, aurait eu l’intention d’investir la ville, de l’occuper et d’en faire leur Emirat.

Le groupe EI comptait sur le ralliement de la population de Ben Guerdane à leur cause, sachant qu’une majorité d’entre eux sont originaires de la région. Le ministère de l’Intérieur tunisien a aussitôt annoncé un couvre-feu nocturne dans la ville de Ben Guerdane.

Les forces sécuritaires et militaires tunisiennes ont réussi à reprendre le contrôle de la situation. Hier les, établissements scolaires et les administrations étaient fermés à Ben Guerdane.

Les forces de l’ordre patrouillaient dans les rues de la ville et invitaient par haut-parleurs les habitants à rester chez eux. Des images circulant sur Internet montraient des habitants observant et applaudissant les soldats : « Vive la Tunisie ! Dieu est grand ! », criaient-ils alors que retentissaient toujours des tirs. Les forces sécuritaires et militaires se sont mises immédiatement à la poursuite des éléments terroristes qui ont pris la fuite.

La Tunisie ferme partiellement sa frontière avec la Lybie

Une réunion a eu lieu au palais de Carthage entre le président Béji Caid Essebsi et le chef du gouvernement Habib Essid examiner les mesures pour sécuriser les régions frontalières au sud du pays à la suite de l’attaque terroriste.

Plus tôt dans la journée, le chef du gouvernement avait convoqué les ministres de la Défense nationale et de l’Intérieur à une réunion d’urgence concernant l’évolution de la situation à Ben Guerdane. Une décision a été aussi prise pour la fermeture de tous les accès à la ville de Ben Guerdane et à l’île de Djerba ainsi que le poste frontalier de Ras Jedir.

Le chef du gouvernement tunisien Habib Essid a chargé les ministres de la Défense nationale, FarhatHorchani et de l’Intérieur, HédiMajdoub, de superviser les opérations militaires après les attaques terroristes à Ben Guerdane.

Les deux ministres ont été chargés par le chef du gouvernement de se déplacer à Ben Guerdane pour suivre les développements de la situation et superviser les opérations militaires.

L’avancement des opérations menées sur le terrain pour pourchasser les éléments terroristes et les neutraliser, sécuriser les citoyens et les édifices sensibles ainsi que les biens publics et privés et l’intensification des patrouilles aériennes et terrestres, ont été au centre de la réunion. Il a été décidé à cette occasion de procéder à un ratissage intégral dans toute la région du Sud.

Ben Guerdane située à une trentaine de kilomètres de la frontière libyenne, avait déjà subi une attaque la semaine dernière au cours de laquelle cinq « terroristes » avaient été tués. La Tunisie, qui compte plus de 5 000 ressortissants dans les rangs d’organisations djihadistes à l’étranger, exprime régulièrement son inquiétude à propos de la situation en Libye. 

Elle a accru les mesures de sécurité à la frontière pour éviter qu’elle soit franchie. Craignant que le conflit libyen ne déborde sur son territoire, la Tunisie a creusé une tranchée de 200 km le long de sa frontière et des conseillers militaires anglais et allemands forment ses unités de garde-frontières.

Toutes ces mesures n’ont pourtant pas empêché cette nouvelle attaque terroriste dans un pays déjà meurtri depuis quelques années. Même si aujourd’hui ils n’ont pas réussi dans leur folle entreprise, il n’est pas dit qu’ils vont se suffire de cette attaque avortée.

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