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Culture

La troupe tlemcenienne Jarka: Nouvelle voie

La troupe tlemcenienne Jarka: Nouvelle voie

La formation tlemcenienne Jarka est de retour sur la scène nationale avec son nouvel album Sabil, présenté pour la première fois à Alger, ce jeudi 21 janvier, à Ibn Zeydoun de l’Office Riadh El Feth, dans une ambiance bon enfant.

La salle Ibn Zeydoun n’est pas archicomble, elle est relativement pleine. Les mélomanes ont cependant apprécié la performance scénique de Jarka, un ensemble de neuf musiciens, dirigé par le violoniste Khalil Baba Ahmed. Jarka, c’est aussi un des titres de l’album. Sa dernière version remonte à 2013, soit sept ans après la naissance du groupe à Tlemcen.

Le mot jarka est relatif à un mode de la musique andalouse mais qui n’a pas de nouba. Il comprend toutes les formes et prend toutes les allures. Par conséquent, le musicien intéressé jouit d’une certaine liberté à l’exécuter. Il apparait que la bande de Baba Ahmed tend à la création dans ce sens.

Ledit mode comporte un inqilab (n. d. l. r, renversement), une pièce instrumentale et vocale utilisant les sept modes fondamentaux de l’andalou. Elle est interprétée après un istikhbar (introduction) librement choisi. Le groupe joue certainement en référence à l’esprit de cette composition. Aussi, cet inqilab ne fait pas partie de la nouba, il est donc plus pratique d’aller vers une plus grande liberté de création.

Le chef Baba Ahmed donne le ton et dès le lancement du concert, Espoir (plus une Suite) est joué comme pour signifier, au son d’un puissant violon, que la vie est ainsi faite. Tout en survolant le patrimoine musical algérien, c’est-à-dire la musique andalouse ou le classique algérien, Jarka procède à une fusion savamment définie.

Dans Nomade, les sonorités chaâbi et poprock sont habilement arrangées. Un hommage sera également rendu au chanteur d’expression amazighe Akli Yahiatene – reprise de Jahgh bezaf d’ameziane –, il se fera dans un registre jazzy, rythmé par le qanûn et des percussions. Jarka ne manquera pas aussi de raconter l’histoire du genre propre à la région de l’Oranie dans Raï Revolution.

Elle sera introduite par le luth, soutenu par le violon et le bendir, ce qui reflète également la diversité de cette musique d’ampleur internationale. Toutes les compositions (ou presque) du groupe sont réalisées autour du violon.

En fusionnant un derj hssine, soit un troisième mouvement traditionnellement joué dans une nouba, la composition hal li talaki min sabil, enchaînée par une autre très connue du même répertoire : Salabat layla, la démarche de Jarka parait complexe mais pas impossible. Et Sabil (la voie) contient plusieurs sonorités : chaâbi, kabyle, raï, gnawi, jazz, blues, rock, celte, funk… Le tout est bien agencé à la musique andalouse. 

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