La tragédie de Ceuta : l’abandon cynique de la jeunesse marocaine par le makhzen
Après des heurts avec l’armée à Ceuta, 21 migrants marocains ont été identifiés puis renvoyés volontairement ce lundi au Maroc. Plusieurs milliers de marocains restent dans l’enclave, où la tension persiste depuis plusieurs semaines.
En laissant des milliers de ses citoyens errer dans les rues de Ceuta et s’affronter aux forces de l’ordre, le pouvoir marocain illustre une faillite sociale dramatique. Derrière le retour précipité de 21 jeunes vers le territoire national se cache une politique du mépris, où la détresse d’une jeunesse abandonnée sert d’instrument de pression géopolitique face à l’Espagne.
L’épisode survenu sur la plage du Trampolin résume à lui seul le drame en cours. Des dizaines de jeunes désillusionnés, contraints de survivre dans la rue parmi les milliers de déplacés restés sur place, en sont réduits à lancer des pierres contre des patrouilles militaires. Si l’interception de 21 d’entre eux s’est conclue par un retour dit « volontaire », ce terme relève de la farce tragique : quel choix reste-t-il à une jeunesse trahie par son propre pays, coincée entre le rejet espagnol et le vide institutionnel marocain ?
Pendant que Madrid accélère les démarches d’identification et installe des structures temporaires pour organiser les expulsions, les autorités marocaines brillent par leur cynisme.
En laissant des milliers de leurs enfants s’entasser dans des conditions précaires à la frontière, Rabat utilise la détresse de sa population comme une monnaie d’échange géopolitique, fermant les yeux sur le naufrage social qui pousse sa jeunesse vers l’exil à n’importe quel prix.