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Nationale

La tentation islamiste de Saâdani

La tentation islamiste de Saâdani

La guerre des mots et d’invectives entre Louisa Hanoune et Amar Saâdani a pris des proportions alarmantes et ridicules à la fois. Le SG du FLN a sorti avant-hier la « Kalachnikov » pour répondre à la patronne du PT qui, dans un langage propre à elle, l’a traité de « femme trompée ».

Elle faisait allusion à la course effrénée entre lui et Ahmed Ouyahia pour défendre le président Bouteflika des attaques des partis de l’opposition. Cette fois-ci le SG du FLN brandit un sujet qui fait partie de la sphère privée d’une personne du reste protégée par la Constitution.

Et Saâdani franchi allégrement le pas sans prendre les précautions d’usage, empruntant au passage le langage des dirigeants de l’ex-FIS dissous qui, pour humilier les adversaires, n’hésitaient pas à les qualifier de « mécréants ». Saâdani l’a traitée avant-hier, même s’il a pris les formes d’usage, de personne athée : « Imaginons un seul instant Louisa au pouvoir.

Plus aucun muezzin n’appellera à la prière, plus aucune mosquée ne sera ouverte. Et puis chiche ! Qu’elle prononce une seule fois basmallah ! » lâchera-t-il à une assistance médusée. Cette accusation du reste, très sensible aux yeux du peuple, avait tétanisé à l’époque du FIS dissous certains partis démocrates qui avaient du mal à encaisser cette terrible sentence.

Aujourd’hui, si cette tactique n’est plus utilisée par certains leaders politiques de la mouvance islamiste, le SG du FLN, faute d’arguments crédibles et d’un argumentaire sérieux, l’utilise à son tour,musclant de plus en plus sa diatribe et islamisant encore plus son discours. Est-ce à dire que le FLN trouve de la peine à défendre le programme présidentiel, attaqué de toutes parts, pour répondre aux opposant par l’invective, la diatribe, l’insulte et les attaques personnelles ?

Car Louisa Hanoune, la patronne du PT, qui a mis en garde contre le risque de troubles à l’intérieur du pays dû à une politique d’austérité que le gouvernement a mis en place à travers la loi de finances 2016, a mis le doigt dans l’engrenage. Selon elle, cette politique d’austérité conduirait à des troubles comparables à ces de 88 et provoquerait même des scénarios imprévisibles.

Car le danger interne ouvrira la porte au danger externe qui plane sur le pays, insiste Louisa Hanoune. Même le président Bouteflika, qu’elle épargnait jusque-là, ne trouve plus grâce à ses yeux : « Nous avons pendant 10 ans attiré l’attention du président Bouteflika sur la nécessité d’aller vers des réformes profondes.

Chose qu’il avait fini par accepter et annoncer en 2011 avant de réitérer solennellement son engagement lors de la cérémonie de sa prestation serment au lendemain de son élection pour un quatrième mandat. Mais à ce jour ; rien n’est encore fait » se désole la chef du PT qui relève, en revanche, les proportions phénoménales prises par la corruption.

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