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La stratégie d’Obama, «la guerre perpétuelle»

La stratégie d’Obama, «la guerre perpétuelle»

Maintenant que les Américains ont lancé une nouvelle guerre aérienne contre la Libye, prétendument pour cibler des positions de « Daesh » qui s’y trouvent, la discussion est soigneusement orientée vers jusqu’où les États-Unis doivent-ils aller pour s’attaquer au groupe en question ?

La question : « Des frappes aériennes peuvent-elles à elles seules gagner une guerre sans ‘bottes sur le terrain‘ ? » est devenue, en quelque sorte, le nœud de la question et qui a mobilisé un grand nombre d’intellectuels des deux côtés du débat.

Les gourous des médias américains, répartis entre deux partis politiques tout aussi bellicistes l’un que l’autre, adorent sauter sur ce genre d’occasion pour tenter de discréditer le camp adverse, comme si mener des guerres dans d’autres pays était exclusivement une affaire interne américaine.

Les jours sont révolus depuis longtemps où les États-Unis s’échinaient à monter des coalitions pour faire la guerre comme ils l’ont fait au Koweït et en Irak en 1990-91 et, dans une moindre mesure, une nouvelle fois en Irak en 2003. Aujourd’hui, les guerres sont menées comme une question d’école. Beaucoup d’Américains s’en fichent ou sont complètement inconscients du fait que leur pays soit en train de se battre sur plusieurs fronts, tout en étant impliqué dans d’autres.

Le sérum de la guerre perpétuelle

Avec plusieurs fronts de guerre et des conflits qui fermentent tout autour, beaucoup ont perdu toute sensibilité. Les Américains en particulier ont, hélas, avalé le sérum de la guerre perpétuelle, dans la mesure où ils se mobilisent rarement et de façon sérieuse contre celle-ci.

En d’autres termes, un état de guerre est devenu le statu quo. Bien que l’administration américaine du président Barack Obama ait tué des milliers d’individus, dont la majorité étaient des civils, il n’y a ni tumulte ni protestations de masse.

Mis à part le fait que la ‘marque Obama’ a été façonnée pour apparaître comme paisible face au bellicisme d’un George W. Bush, il n’y a eu aucun changement sérieux dans la politique étrangère américaine au Moyen-Orient qui pourrait suggérer qu’un des deux présidents est « meilleur » que l’autre. Obama a tout simplement poursuivi la politique de son prédécesseur, sans aucun frein.

Le principal changement qui a eu lieu était tactique : au lieu de recourir à des accumulations massives de troupes sur le terrain avec pour mission de renverser des gouvernements, Obama a utilisé des frappes aériennes pour s’attaquer à ceux qui étaient perçus comme l’ennemi, tout en investissant dans celui qu’il considérait comme le suffisamment « modéré » pour finir le sale boulot.

Des guerres occidentales contre l’Islam par Daech interposé

Avec cette logique à l’esprit, on ne peut pas attendre de l’ »Operation Odyssey Lightning », qui a commencé officiellement le 1er août en Libye, qu’elle parvienne à des résultats qui pourraient se concrétiser dans une stabilisation du pays.

Comment cette « stabilité » pourrait-elle être envisagée, puisque c’est la guerre des États-Unis et des autres membres de l’OTAN sur la Libye en 2011 qui a largement démembré un pays arabe autrefois riche et relativement stable ? En effet, c’est le vide créé par les conflits qui ont suivi qui a ouvert la voie à « Daesh » à Syrte et dans d’autres régions.

A présent, les États-Unis – et d’autres puissances occidentales, dont les Français – appliquent des tactiques de guerre vouées à l’échec pour tenter de conjurer une crise incontrôlable qu’ils ont eux-mêmes créée quand ils ont précédemment lancé leur guerre.

Même si « Daesh » est chassé de Syrte, il trouvera ailleurs un autre environnement instable, où il va prospérer et commettre des ravages. Syrte, à son tour, retombera probablement dans un état d’anarchie où diverses milices, dont beaucoup ont été armées par l’OTAN, retourneront leurs armes les uns contre les autres. 

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