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Nationale

La statue de Benbadis «évacuée» du centre de Constantine

La statue de Benbadis «évacuée» du centre de Constantine

C’est fait. La statue de Benbadis a été enlevée, avons-nous constaté hier sur place. La reproduction en marbre du Cheikh a été évacuée tard avant-hier vers une destination inconnue.

Au centre d’une polémique entre partisans et opposants, la sculpture avait suscité un large débat dans le milieu des théologiens et hommes de culture constantinois.

Les autorités de la capitale de l’Est, embarrassées avaient ainsi décidé d’exaucer le vœu de la famille du père du réformisme algérien et de se débarrasser le plus tôt du « corps » devenu incommodant pour nombre de Constantinois en raison notamment de la grossièreté de l’œuvre, perçue comme une excroissance difficilement tolérable.

Dans une déclaration en marge de sa sortie hebdomadaire, le wali de Constantine a justifié hier la décision d’ôter la statue par le flux de critiques dont certaines avaient carrément exigé son enlèvement.

Le chef de l’exécutif, tout en rappelant le caractère gracieux de la statue taillée dans du marbre au Portugal, n’a pas manqué de saluer au passage le geste des concepteurs de l’œuvre. Il a par ailleurs laissé glisser un appel aux artistes constantinois à se lancer dans la réalisation d’œuvres « correctes » sur le cheikh.

La statue, offerte par un entrepreneur constantinois, avait été héritée d’un projet de réaménagement au centre-ville. Animé de bonnes intentions, le jeune promoteur aurait pris l’initiative de faire réaliser par des sculpteurs portugais ce qui fut qualifié de kitsch pour en faire une offrande à la municipalité à la mémoire du fondateur de l’association des oulémas musulmans algériens.

La statue a été malheureusement tournée en dérision depuis sa mise sur site en face du palais de la Culture Mohamed-El-Aïd-Al-Khalifa, compagnon du défunt érudit. Plusieurs photos de jeunes mal inspirés prises aux côtés de la sculpture avaient été très commentées et largement condamnées sur les réseaux sociaux. Des comportements qui avaient provoqué le courroux des proches et des habitants de la ville dont nombre d’entre eux exigeront que cesse « la mascarade ».

Le frère du défunt cheikh, Abdelhak Benbadis, âgé aujourd’hui de 92 ans, sa nièce, la sénatrice Fouzia Benbadis et quelques-uns parmi ses neveux vivant encore dans la ville des Ponts, ne sont pas restés de marbre. Tous ont souhaité son enlèvement pur et simple. Un vœu désormais exaucé en vue de protéger la mémoire d’une sommité algérienne.
 

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