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Nationale

La stabilité au Sahel, un credo algérien

La stabilité au Sahel, un credo algérien

On sait déjà depuis longtemps que la diplomatie marocaine change de position comme quelqu’un qui change de chemise. On sait aussi que cette même diplomatie a tenté de faire avaler des couleuvres à des pays pour avoir leur soutien sur le dossier du Sahara occidental.  

On sait enfin que cette diplomatie est capable de renier ses principes et ses positions selon le rapport de force du moment. Finalement c’est une diplomatie volatile qui vogue au gré des circonstances. 

Dernier exemple en date, alors qu’il jurait partout qu’il ne siégerait jamais à l’Union africaine (UA) en présence de la RASD, le Maroc fait un énorme pas en arrière et accepte sans broncher de siéger même avec la présence des Sahraouis alors que cinq jours auparavant il avait entraîné avec lui huit pays arabes à quitter le sommet arabo-africain de Malabo en Guinée Equatoriale.

Le Maroc « n’a pas demandé l’exclusion de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) de l’Union africaine lors de l’introduction de sa demande d’adhésion à l’organisation panafricaine, formulée officiellement au mois de septembre dernier » a déclaré le ministre marocain des Affaires étrangères dimanche dernier à la radio française RFI, avant d’ajouter que « cela n’a pas été avancé dans la demande du Maroc.

Le Maroc a fait une démarche pour retourner au sein de l’institution africaine. La question relative à notre intégrité territoriale, on la gère dans le cadre des Nations unies ».

Il est vrai que la demande marocaine d’intégrer l’UA ne comporte pas cette condition expresse. Ce travail est confié à sa diplomatie qui, dans les coulisses, tente de « travailler » au corps les pays acquis à sa cause et qui se recrutent le plus souvent dans la région de l’Afrique de l’Ouest comme c’est le cas du Sénégal ou du Gabon.

Messahel fait réagir le roi

Le discours du ministre des Affaires maghrébines, de l’Union africaine et de la Ligue arabe, Abdelkader Messahel, qui représente le président Bouteflika au 4e sommet Afrique-Monde arabe tenu à Malabo en Guinée-Equatoriale a fait sortir de ses gonds le roi du Maroc.

« L’Algérie n’a jamais hésité à apporter son aide aux Etats africains et arabes ni à établir avec eux des passerelles de fraternité et de solidarité », a indiqué le ministre, affirmant que l’Algérie « a toujours veillé à soutenir les mécanismes de coopération arabo-africaine et à mettre en œuvre ses stratégies et plans de travail par la mobilisation de tous les moyens disponibles ».

Dans le domaine du développement humain et de la formation universitaire, l’Algérie « a accordé tous les ans des milliers de bourses d’études aux étudiants africains et arabes », a indiqué le ministre, précisant que « plus de 65 000 étudiants africains se sont formés depuis l’indépendance dans les universités et les instituts algériens ».

L’Algérie « est fière de la contribution de ces étudiants au développement de leurs pays grâce aux savoirs acquis en Algérie », a-t-il dit. Messahel a, par ailleurs, indiqué que l’Algérie « a adhéré à des programmes de développement aux niveaux bilatéral et multilatéral dans différents autres domaines vitaux, dont les ressources en eau, l’agriculture, les infrastructures de base, de même qu’elle a procédé à des échanges d’expertise et à la conclusion d’accords pour faciliter les flux de capitaux et la circulation des biens, des services et des personnes ».

Cette intervention a été mal perçue par le souverain marocain qui a profité de sa visite à Madagascar, la semaine dernière, pour répondre au réagi : « Le Maroc et l’Afrique ne font qu’un. Les séparer serait un déracinement, une erreur « , a-t-il déclaré, dans un entretien à la presse malgache, rapporte l’agence officielle marocaine MAP.

Dans cet entretien, Mohamed VI s’est dit également porter « une fierté toujours plus forte d’être Africain. La présence marocaine en Afrique et particulièrement la tournée que j’effectue en ce moment déplaisent à certains », a-t-il précisé pointant directement du doigt l’Algérie.

S’appuyant sur une diplomatie économique, le Maroc a investi d’énormes sommes au Sénégal et en Côte d’Ivoire et espère un renvoi d’ascenseur lors des grandes batailles.

Or ces pays, qui ne sont pas les plus grands contributeurs de l’UA, ne font pas partie par exemple des « pays ter » comme l’Algérie, l’Egypte, l’Afrique du Sud ou le Nigeria qui à eux seuls, si on exclut la Lybie en proie à des problèmes politiques, contribuent à hauteur de 60% au le financement de l’organisation panafricaine.

Ils ne peuvent en aucun cas influer sur la position de l’UA sur la question du Sahara occidental, comme cela a été prouvé lors du communiqué final ayant sanctionné les travaux du sommet arabo-africain qui a renouvelé son soutien à la RASD en dépit de la présence des alliés du Maroc.

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