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Nationale

«La SNTF fait l’objet d’une fraude massive»

«La SNTF fait l’objet d’une fraude massive»

Intervenant hier dans l’émission, « l’invité de la rédaction », de la radio Chaîne 3, le ministre des Transports, Boudjemâa Talai a dénoncé ce qu’il qualifie de « fraude massive dont fait l’objet la Société nationale de transport ferroviaire (SNTF) ».

Contacté hier à la suite de son passage à la radio, le ministre estime qu’il est « urgent de mettre une terme à ce phénomène qui diminue fatalement la recette de la SNTF ». Et d’ajouter : « Il est de notre devoir de sensibiliser la population autour de cette question, qui prend de l’ampleur ».

En effet, selon une étude actuellement en cours au niveau de la direction générale de la SNTF, « le dispositif mis en place pour parer à ce phénomène a démontré qu’une moyenne de 18% des voyageurs ne paient pas leurs tickets, par rapport au nombre de voyageurs de la banlieue d’Alger ».

A ce propos, le ministre a estimé que la banlieue d’Alger n’est pas l’Algérie et que les responsables concernés doivent prendre les mesures qui s’imposent afin de mettre fin à cette situation et de pouvoir récupérer cette recette déjà importante pour dynamiser le secteur des transports ferroviaire des voyageurs ». Les mêmes données relevées dans cette étude font ressortir que sur les 35 millions de voyageurs enregistré annuellement le chiffre d’affaires est d’environ deux milliards de dinars ».

Ce montant démontre on ne peut mieux l’ampleur du déficit que connaît la SNTF ». Le ministre a d’ailleurs considéré que la recette de la SNTF « est nulle », conduisant ainsi l’Etat à augmenter encore plus ses subventions. 

Boudjemâa Talai a saisi l’opportunité de son passage à la radio pour appeler à une sensibilisation massive de la population contre cette fraude massive. Le ministre des Transports a manifesté un intérêt extrême au secteur ferroviaire.

Il indique d’ailleurs que la SNTF enregistre de sérieux déficits en raison de la faible demande exprimée pour le transport des marchandises par le rail, à l’exclusion des hydrocarbures et de certains minerais transportés par voie ferroviaire.

Le ministre estime que toute la société algérienne, population et institution est concernée par le développement du chemin de fer, considéré comme l’ultime moyen pour développer certains secteurs économiques stratégiques.

Il a par ailleurs indiqué que le réseau ferroviaire va être renforcé par de nouvelles lignes ferroviaires, lesquelles seront pratiquement inaugurées en 2016 et 2017 dans certaines régions, en plus de l’acquisition de nouveaux équipements, à l’exemple de nouvelles motrices pour augmenté la vitesse des trains pour certains trajets atteignant 80, 160, voire 220 km/heure.

Malgré le déficit constaté, le ministre n’a pas caché son optimisme quant au redéploiement de la SNTF, surtout que l’extension du réseau, selon le ministre, « va bénéficier d’ici trois années de 2 300 nouveaux kilomètre de lignes qui s’ajouteront aux 4 500 km existants ».
Se voulant rassurant, Boudjema Talai affirme qu’« il n’y aura pas de compression de personnel mais que l’extension du réseau va permettre de procéder à des recrutements ».

S’agissant de la marine marchande, le ministre souligne toute l’importance de ce secteur porteur et invite les responsables concernés à développer cette partie du transport maritime, surtout qu’il est prévu l’acquisition de « 26 navires grâce auxquels on peut espérer pouvoir augmenter à 30% le transport de fret algérien ».

Il rappelle à cet effet que « la flotte algérienne ne permet de transporter que 2% de nos marchandises, le reste du fret étant acheminé par des bateaux étrangers ». Ce constat, selon le ministre, fait perdre à l’Algérie quelque 4 milliards de dollars/an, « parce que nos bateaux ont été déclassés, réformés ou sont « sous l’eau ».

Evoquant, la partie du transport aérien, Boudjemâa Talai estime que « la compagnie Air Algérie a perdu ses couleurs et que celle-ci devra changer de fonctionnement ». En revanche, il admet qu’à Air Algérie, les choses sont en train de se « recadrer ».

Il prend comme exemple concret le redéploiement de la formation, une remise à niveau de certains services ainsi que le respect de la ponctualité suite à l’acquisition de nouveaux avions. Il précise qu’à la « fin 2016, la compagnie comptera une flotte de 59 appareils ».

Le ministre n’a pas manqué de révéler que la crise actuelle induite par la chute des cours du brut risque de remettre en cause des projets inscrits au bénéfice du secteur des transports et de différer la réalisation de certains autres.

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