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Nationale

« La situation est dure… »

« La situation  est dure… »

Le Premier ministre Abdelmalek Sellal a reconnu hier, pour la première fois depuis le début de la chute du prix du pétrole, que la situation est dure, lors d’un entretien avec l’APS. « En résumé, je dirai que la situation est dure et que les contraintes sont réelles avec des perspectives d’évolution incertaines », dit-il.

Même s’il a tempéré ses propos un peu plus loin, affirmant que « l’Algérie encaisse mieux que beaucoup de pays ce choc pétrolier », il n’en demeure pas moins que ces propos traduisent en effet une appréhension légitime au vu de l’évolution du marché pétrolier qui n’est pas prêt de connaître, pour un temps encore, niveau des dix dernières années où le prix du brut a frôlé les 130 dollars. Cette hantise du Premier ministre est perceptible lorsqu’il évoque plus loin une possible remontée des prix.

« Même si les prix des matières premières reviennent à des niveaux élevés dans le futur, ils ne suffiront pas à couvrir le développement socioéconomique futur de notre pays », a-t-il averti.
Selon Sellal, les niveaux des réserves de change et des ressources du Fonds de régulation des recettes (FRR) « demeurent corrects ».

Pourtant le gouvernement n’a jamais autant puisé dans ce fonds. Malgré la baisse drastique des recettes pétrolières, le Premier ministre maintient le taux de croissance du PIB pour l’année 2015 fixé à 4,6%. « Entre 2014 et 2015, la croissance du PIB a été pratiquement identique pour se situer à 3,8%. L’objectif fixé dans le projet de loi de finances pour 2016 étant de 4,6%.

C’est difficile, mais on se mobilise tous pour atteindre cette performance », annonce -t-il. Interrogé sur les répercussions négatives induites par les baisses des recettes financières sur le développement du pays et aussi sur le pouvoir d’achat des citoyens, Sellal a estimé que l’équation est simple : « Nous refusons de revenir aux années de pénuries ou d’interrompre les projets de développement socioéconomique en cours de réalisation à travers le pays.

Il nous faut trouver les moyens de maintenir le niveau de vie des Algériens et leur pouvoir d’achat, et ce, dans un contexte d’amenuisement de nos ressources extérieures » soutient-il.
Le Premier ministre a enfin brisé un tabou : les investissements productifs devront être, dans le futur, réalisés par les opérateurs économiques et non pas par l’Etat ». L’Etat ne va plus se permettre de financer les unités de production.

Ce sera entre autres l’affaire du privé et dans une moindre mesure, des entreprises publiques. Mais la règle des 51/49 n’est pas pour autant remise en cause. Cette règle, qui freine considérablement l’essor de l’investissement productif, surtout étranger, est maintenue au grand dam des lois qui régissent l’économie de marché.

D’ailleurs il le confirme à demi-mot : « attirer les investissements directs étrangers ou nationaux est une bataille de tous les jours et l’objet d’une compétition féroce entre les pays. Car il ne faut jamais oublier que nous ne sommes pas seuls dans ce monde où seuls les intérêts priment.

Il nous faut apprendre à accepter et à attirer ceux qui peuvent participer à notre développement », ajoute-t-il. Malgré cela, l’Etat s’entête à présenter les mesures pour encourager la relance économique, notamment dans les secteurs de l’agriculture, de l’industrie, du tourisme et des TIC comme étant et seront toujours encadrées par des fondamentaux tels que le droit de préemption, la règle du 51/49 ainsi que les engagements sociaux des pouvoirs publics comme la solution idoine.

Le Premier ministre a tenté d’éteindre l’incendie qui commence à prendre forme au sujet de la prochaine augmentation du prix de l’essence et du gas-oil votée tout récemment par le Parlement. « Je tiens à préciser, à ce titre et afin d’éviter toute polémique ou surenchère, que les réajustements tarifaires prévus pour les produits énergétiques ne toucheront en aucun cas les petits consommateurs ou les habitants des régions Sud » a- t-il tenu à préciser.

Ainsi, les prochaines augmentations toucheront spécialement les entreprises et les gros consommateurs. Enfin, le Premier ministre a tenu à réagir aux derniers développements sur le plan sécuritaire caractérisés par les derniers attentats terroristes en Egypte, en France et au Mali.

Selon lui, l’approche algérienne en matière de lutte contre le terrorisme mondial a été plébiscitée par la dernière résolution de l’ONU qui a donné ainsi raison à l’approche algérienne, maintes fois défendue et réitérée au sein des institutions onusiennes : « Il est triste de constater que les événements tragiques que connaît le monde, ces derniers jours, confirment la pertinence des analyses et des positions algériennes sur nombre de sujets tels que le terrorisme, le recul critique sur ce qu’on a appelé le Printemps arabe, le danger de la déstructuration des pays ainsi que l’importance de l’intégrité des Etats et de la souveraineté des peuples loin de toute ingérence », tout en faisant remarquer que l’Algérie a toujours appelé à la coordination et à l’entraide internationale » dans la lutte contre le terrorisme par l’assèchement de ses sources de financement, notamment en interdisant le paiement de rançons, la lutte implacable contre les trafics d’armes et de drogue, ainsi que contre le phénomène de traite d’êtres humains » dit-il encore.

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