La sécurité alimentaire de l'Algérie passe par le blé – Le Jeune Indépendant
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Nationale

La sécurité alimentaire de l’Algérie passe par le blé

La sécurité alimentaire de l’Algérie passe par le blé

La crise sanitaire engendrée par la pandémie de la Covid-19 a bousculé certaines pratiques inter-nations, poussant, de facto, plusieurs pays à prendre conscience de la difficulté de recourir, pour les besoins des populations locales face à une crise mondiale, à des fournisseurs étrangers.

La puissante Chine, qui en a d’ailleurs fait les frais au début de la pandémie liée au coronavirus, «née» dans l’Etat de Wuhan, a dû recourir à des soutiens, notamment en équipement sanitaire, de plusieurs pays.

Du triptyque sécurité alimentaire, sécurité énergétique et sécurité sanitaire, celui lié à la nutrition constitue de loin, pour beaucoup de pays, le plus important puisqu’il remet en cause des règles sociales basiques.

En Algérie, si des pas de géant ont été faits dans plusieurs secteurs, même en agriculture, notamment pour les légumineuses ou encore la reine des solanacées, la pomme de terre en l’occurrence, il n’en demeure pas moins que la filière céréalière n’a pas encore donné les résultats escomptés. Ce qui oblige l’Etat à mettre la main dans la tirelire pour répondre aux besoins de la demande locale.

Depuis des décennies, le recours aux importations de blé a, de ce fait, constitué un véritable gouffre financier pour les caisses de l’Etat. Les faibles, voire très faibles par moment, rendements enregistrés par les agriculteurs versés dans la filière céréalière, soit à peine 35% des besoins nationaux, contraignent les pouvoirs publics à recourir à des producteurs étrangers pour «garnir» au mieux les silos de l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC).

La France, l’un des plus importants producteurs en Europe après la Russie, a depuis longtemps constitué le principal fournisseur du marché algérien en blé tendre notamment, ce qui lui a fait prendre une belle longueur d’avance sur ses concurrents immédiats. Mais les conclusions des analyses réalisées par de grands laboratoires quant à la dégradation de la qualité du produit, récemment révélées, lui font perdre quelques pas, ce qui, de prime abord, a profité à d’autres fournisseurs, à l’image de la Russie.

En effet, cette baisse de la qualité du produit, observée depuis au moins dix ans, fait craindre aux agriculteurs français la perte du marché du plus grand pays d’Afrique.

La rude concurrence contraint les pays producteurs en autosuffisance localement à trouver preneur pour leur surplus, à l’instar de la Russie, dont la production annuelle est classée deuxième mondialement après la Chine, avec ses 80 millions de tonnes ou la Lituanie.

Il faut dire que mis à part les relations amicales que peuvent entretenir chacun de ces pays avec le pouvoir d’Alger, il est de bonne guerre que chaque partie lorgne ce marché juteux qu’offre le deuxième grand consommateur de blé à l’échelle continentale, et ce après l’Egypte.

Rien que pour l’exercice en cours, 2021-2022, la Russie prévoit déjà d’alimenter le marché algérien avec près d’un million de tonnes. Ce qui placera le pays des tsars à la seconde place des fournisseurs de l’Algérie après la France qui, même si les feux en politique sont au rouge, il est peu probable que la crise se répercute sur les affaires commerciales, du moins pas avant la fin de 2022.

Des contrats liant à moyen terme les deux pays ne pourraient être ainsi remis en cause quelles qu’en soient les raisons, au risque de provoquer une pénurie interne synonyme aussi de bouleversements sociaux. La pénurie de semoule, vécue durant le ramadhan 2020, au début de la crise sanitaire liée à la Covid-19, en est un exemple.

Le prix du quintal avait presque doublé en raison des pratiques spéculatrices à tous les niveaux de la chaîne de distribution. Plusieurs barons, que ce soit au niveau des minoteries ou du simple détaillant, sont d’ailleurs tombés dans les filets des services de sécurité et certains croupissent encore dans les geôles des prisons à cause du trafic lié au blé.

Par ailleurs, pour beaucoup de spécialistes, les politiques des pouvoirs successifs visant à booster la production locale ont malheureusement échoué en raison, notamment, du manque de visibilité sur le terrain. Pour ce faire, certains préconisent d’associer les grands instituts et écoles spécialisés dans le secteur pour aboutir à des rendements plus importants. La pluviométrie étant impossible à prévoir et encore moins à gérer, les efforts devront donc aller vers l’amélioration d’autres moyens d’irrigation ou de modèle de gestion de récolte autrement plus pointus.
L’activité bactérienne étant aussi très influente sur le produit, une collaboration dans ce sens avec les laboratoires de recherche devrait aider à minimiser les dégâts. Isoler et identifier les germes et, partant, les éliminer ne doit pas être négligé, alertent les experts.

Aussi, et sous la contrainte d’une probable rareté de liquidité, l’Etat sera-t-il obligé de se passer de l’actuelle formule de subvention de la denrée et de recourir à d’autres moyens, à l’image de celui avancé récemment, consistant à soutenir directement financièrement les ménages à petit revenu.

En 2014, les pouvoirs publics avait donné le la en mettant fin à la subvention du blé destiné à la fabrication des pâtes alimentaires, ce qui a fait grimper les prix. Mais cela n’a pas pour autant bousculé le porte-monnaie des Algériens.

Cependant, il les autorités envisagent de mettre en œuvre des politiques pour permettre au pays de sortir de l’étau des importations. Une mission qui n’est pas du tout impossible.

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