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Nationale

La saison estivale est-elle grillée?

La saison estivale est-elle grillée?

Si pour beaucoup, la crise actuelle liée au covid-19 est prise très au sérieux, d’autres par contre semblent, au vu des évènements ayant marqué ce week-end des villes côtières, sous-estimer la gravité de la situation. Les mesures restrictives prises par les autorités du pays ne semblent nullement les concerner.

Au moment où l’on annonce en haut lieu la nécessité de « rester chez soi », en évitant les déplacements inutiles, en sus du port de masque devenu obligatoire et la distanciation sociale désormais nécessaire, des centaines de citoyens des villes de l’intérieur du pays, notamment celles où le convid-19 a connu ces derniers jours d’inquiétantes hausses de cas, à l’image de Constantine, Sétif, Batna , Boumerdes, Oum El-Bouaghi et même Alger, ont pris d’assaut les plages des villes côtières, notamment celles relevant de la wilaya de Skikda.

Les plages de Collo, Larbi Benmhidi plus connue sous le nom de Jeanne D’Arc, Cherayaâ, Kerkra, Laouinet ou encore Khnak Mayoun, pour ne citer que celles-là, ont été envahies par des estivants-éclaireurs prématurément tentés, le mercure aidant, par la grande bleue. Interloqués, les habitants de ces régions oubliées durant les saisons froides, bien que vivant pour la plupart d’entre eux, l’espace du trimestre des grandes chaleurs, du seul négoce estival, n’ont pas vu d’un bon œil cette intrusion, qu’ils qualifièrent de provocatrice et source d’un mal, dont beaucoup de ces régions reculées ont été jusque-là relativement épargnées.

Certains n’ont pas manqué d’alerter les services de sécurité dont les agents, notamment ceux de la gendarmerie nationale ont eu du mal à déloger les « étrangers », sous prétexte qu’aucune loi ne leur interdit la baignade. Beaucoup avaient en effet argué qu’ils observent les mesures barrière et, aussi paradoxale que cela puisse paraitre, certains avaient même veillé à porter leur masques. Bien qu’aux abords de certaines criques, à l’image de celle de Khank Mayoun dans la daira de Collo, des pancartes « interdisant l’accès aux rivages en raison de la pandémie » avaient été placées par les autorités communales.

Ces évènements lancent d’ores et déjà le débat sur la saison estivale qui s’annonce sous de très mauvais auspices. Jadis annoncée tambour battants vers la fin du mois de juin, l’ouverture de la saison de baignade cette année ne sera certainement pas au rendez-vous, si l’on tient compte des mesures restrictives prises jusqu’à la mi-juin et qui risquent d’être reconduites, au mieux allégées à la fin du mois. Si les touristes devront désormais prévoir faire l’impasse sur une détente prolongée au bord de la mer, les habitants du littoral, notamment les zones où la vie économique se résume presque aux seuls trois mois de l’été, devront faire preuve d’ingéniosité pour sauver leur saison.

Loin de tout alarmisme, au vu des données sanitaires publiées quotidiennement, rien n’augure que la saison des chaleurs connaitra les grands rushs des années précédentes. Il n’est même pas sûr que les autorités du pays décrètent l’ouverture de la « saison des grandes vacances », sans courir le risque de provoquer la ruée des estivants vers des régions jusque-là épargnées par le mal. Favorisant la prolifération d’épidémies en période de fréquentations records, les plages ont souvent été de parfaits vecteurs de prolifération pour divers espèces microbiennes, aussi bien bactériennes que virales, responsables de maladies à transmission hydrique, choléra, herpès et conjonctivite entre autres. Les habitués des stations balnéaires oseront-ils encore franchir le pas ? Sachant que les dirigeants des pays de destination, comme la Tunisie, peuvent fermer carrément leursfrontières, ceci au cas où l’Etat algérien ne prenne les devants.

De toutes les façons, plusieurs pays semblent en tout cas adhérer à l’idée que la saison estivale sera vraisemblablement compromise. Pour ceux dont le PIB reste étroitement lié au secteur touristique, il est fort à parier que des mesures exceptionnelles pourraient être prises, à l’image de limiter le nombre des touristes à accueillir au niveau des structures hôtelières ou d’hébergement. Aussi, parmi les mesures les plus plausibles, certains ne s’empêcheront pas, à en croire ce qui se dit ici et là, à décréter des limitations de la fréquentation des plages et autres bassins d’eau douce.

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