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Nationale

La riposte des mosquées contre Benghabrit

La riposte des mosquées contre Benghabrit

La décision pour le moins inattendue qui a choqué la quasi-totalité du peuple algérien de la ministre de l’Education nationale, Nouria Benghabrit, d’interdire la prière dans les écoles a suscité l’ire des imams d’Algérie.
En effet, après la réaction de députés, d’hommes politiques et de personnalités influentes appelant Benghabrit à reconsidérer sa décision, c’est au tour des mosquées de l’ensemble du pays de condamner cette décision qu’il qualifient d’« idéologique » de la ministre.
Ce vendredi, lors du prêche du vendredi, les imams ont été unanimes : « Que cherche cette ministre qui veut se placer au-dessus des lois de la République ? A-t-elle omis que l’Islam est le socle de notre nation et que la Déclaration du 1er Novembre 1954 l’a clairement mis en évidence à la veille du premier coup de fusil devant libérer cette terre d’Islam ? Benghabrit feint-elle d’oublier que le référent identitaire de notre pays est : « Etat démocratique et social selon les principes islamiques » ? s’est interrogé un imam du haut de son minbar. Nos correspondants à travers le pays nous font part de la similitude du discours des imams lors de « Salat el Djoumouaâ ».
 A Tizi-Ouzou comme à Oran, Constantine ou Ghardaïa, le constat est le même : « Benghabrit a-t-elle oublié que nos vaillants : moudjahidine, à leur tête les colonels de région comme Amirouche, Abane, Zighout, Bitat ou encore Didouche Mourad, Hassiba Ben Bouali et Fadila Saâdane, n’omettaient jamais de s’acquitter de ce devoir religieux qu’est la « salat » avant d’entreprendre la moindre action contre l’ennemi français ? » « Doit-on les considérer, si l’on suit la logique de cette ministre, comme étant des ‘’obscurantistes’’ ? », s’est écrié un imam dans l’est du pays. Un autre imam est catégorique : « Benghabrit doit savoir que personne ne pourra passer à la trappe notre sainte religion islamique et en particulier la prière. Dans ce cas, elle devrait amender d’abord l’article 2 de notre Constitution : « L’Islam est la religion de l’Etat ». Un autre imam de l’Ouest appelle la ministre à demander des excuses publiques au peuple algérien musulman. « On n’aurait jamais cru qu’un jour, une ministre franchirait la ligne rouge à cause de son idéologie. Interdire la prière au pays d’Ibn Badis, de Larbi Tébessi ? Je crois rêver…C’est un cauchemar ! », souligne de son côté un homme de culte spécialisé dans le rite malékite. Par ailleurs, Samira Bouras, membre de la direction collégiale du FLN, interrogée sur la question par AL BILAD-TV, n’ira pas par quatre chemins : « Tout ce que je sais, c’est que lorsque l’appel du muezzin se fait entendre, tout musulman est tenu de faire sa prière ». Les réseaux sociaux se sont enflammés au lendemain de la très provocante déclaration de Nouria Benghabrit. Et de nombreux Algériens voient en cette déclaration « l’attaque de trop contre l’islam ». En plus de sa position en faveur de l’interdiction de la prière dans les écoles, il est également reproché à la ministre d’avoir utilisé le terme « pratique » pour parler de la prière. Une « campagne » a été lancée par des auteurs anonymes sous le slogan « Salati hayati » (ma prière est ma vie) pour répondre à Benghabrit. Ceux qui y prennent part publient des photos et des vidéos montrant des élèves d’écoles, le plus souvent du primaire, priant en groupe sous la direction d’un camarade ou d’un enseignant. 

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