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La réponse palestinienne à l’« arnaque du siècle »

La réponse palestinienne à l’« arnaque du siècle »

Mahmoud Abbas vient d’annoncer la rupture de toutes relations entre l’Autorité palestinienne et l’occupant israélien. Dans la foulée, le successeur de Yasser Arafat a déclaré rompre tous les liens y compris sécuritaire avec les Etats-Unis, désormais parrain unique de l’Etat terroriste d’Israël. Cette décision est la réponse de l’OLP au « deal du siècle », l’arnaque historique américano-israélienne qui entend solder la question de la Palestine, véritable injustice historique depuis la Déclaration de Balfour en 1917. 

Le « deal du siècle » concocté par le duo Donald Trump et Benyamin Netanyahu a fait l’effet d’une bombe. Outre son caractère outrancièrement pro-israélien, il solde, avec la bénédiction tacite de nombreux pays arabes, la question palestinienne. Jamais, depuis le plan de partage de la Palestine mandataire en 1947, un plan n’a été aussi partial, violent et injuste que celui proposé il y a quelques jours par le locataire de la Maison blanche et son acolyte israélien.
Il faut dire que les deux hommes jouent leurs va-tout, tous deux étant poursuivis pour des affaires ; Trump qui fait face à la procédure d’empeachment, et Netanyahu qui est accusé de corruption. Ce qui apparait de prime abord, est que les Palestiniens payent pour redorer le blason terni des deux dirigeants ultra-sionistes.
Ce duo qui a réussi à détourner certains pays arabes de l’essentiel, soit la lutte légitime contre l’occupation israélienne des territoires arabes occupés, vers un ennemi fabriqué, l’Iran pour ne pas la citer, prétend vouloir en finir définitivement avec la question palestinienne en injectant les 50 milliards de pétrodollars dans ce deal sous prétexte du financement du décollage économique des Palestiniens et des pays limitrophes.
Les monarchies du Golfe qui auraient béni la transaction avaient depuis quelques années préparées le terrain de la normalisation avec Israël sous prétexte de combattre l’ennemi « chiite », l’Iran et ses « tentacules » dans la région. Ils auraient également acquiescés dans le but de retirer le dernier fonds de commerce de l’opposition islamiste, et celle des Frères musulmans, plus précisément : la question palestinienne. 
Depuis les accords d’Oslo en septembre 1993, jamais une proposition d’une telle gravité n’a été faite aux Palestiniens au nom de la recherche de la paix dans la région. Le caractère graduel du processus de paix et les violations israéliennes sans cesse répétées de ces accords ont été les causes de la mort d’Oslo. Yasser Arafat l’a appris à ses dépens. Les négociations de Camp David en juillet 2000 puis en décembre 2000 ont été les négociations les plus proches d’une solution de la question palestinienne si ce n’était l’alignement de Bill Clinton sur les désidératas d’Ehud Barak sur la question d’Al-Qods occupée et des réfugiés palestiniens.
Depuis, la disparition d’Arafat et les agressions israéliennes répétées contre les Palestiniens à Gaza, les présidences Bush Jr, Obama et Trump aux Etats-Unis, les changements de régimes arabes à la faveur de ce qui a été qualifié de « printemps arabe », l’émergence d’un « Club Safari » arabe, monarchique et proaméricain et pro-sioniste, tous ces paramètres ont conduit objectivement à la faiblesse de la position arabe et palestinienne depuis le tournant des années 2000.
Le plan Trump-Netanyahu, grande arnaque du siècle, promet la création de bantoustans palestiniens, un Etat en forme de gruyer, disloqué, sans continuité territoriale, liés par des tunnels et démilitarisé. Cette offre, très loin du processus d’Oslo, enterre définitivement l’option de deux Etats, vivant côte à côte selon le principe la terre contre la paix et des résolutions 338 et 442 des Nations unies. Al-Qods est purement et simplement annexé et proclamée capitale éternelle et indivisible de l’Etat d’Israël, les colonies sont annexés ainsi que la vallée du Jourdain. La Palestine selon Trump est une peau de léopard appelée à disparaitre, soit dans une confédération avec la Jordanie, explosive pour ce dernier, car il sera fragilisé démographiquement, soit retombé sous l’escarcelle de l’occupant israélien.
C’est de facto la direction que prend la question palestinienne après le sommet extraordinaire de la Ligue arabe hier au Caire. « Nous vous informons qu’il n’y aura aucune sorte de relation avec vous (les Israéliens) ainsi qu’avec les Etats-Unis, y compris en matière sécuritaire, à la lumière » du plan américain, qui est une « violation des accords d’Oslo », a dit le président de l’Autorité palestinienne. Mahmoud Abbas, qui a affirmé avoir transmis le message au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, a appelé Israël à « prendre ses responsabilités en tant que puissance occupante » des Territoires palestiniens. Les Palestiniens « ont le droit de continuer leur lutte légitime par des moyens pacifiques pour mettre fin à l’occupation », a-t-il ajouté.
Les Palestiniens devraient méditer l’exemple algérien. Ce qui a été pris par la force ne se reprend que par la force. Une unité des mouvements palestiniens et le lancement d’une lutte armée sont le seul langage que comprenne Israël.

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