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Nationale

La réintégration du Maroc compromise ?

La réintégration du Maroc compromise ?

L’Afrique du Sud, un des membres influents de l’Union africaine (UA) au même titre que le L’Algérie, Nigeria, l’Egypte et le Gabon, gros contributeurs de l’organisation panafricaine, exige du Maroc de se conformer aux principes de la charte de l’UA s’il veut que sa demande de réintégration puisse voir le jour.

Le président de l’ANC, le parti au pouvoir en Afrique du Sud, M. Mantashe, a indiqué que « le Maroc ne peut adhérer à l’UA sauf s’il accepte de se conformer à la Charte de l’Union africaine ».

Cette mise en garde en forme d’avertissement est un coup sévère pour le Maroc, qui se gargarise depuis quelques mois du soutien de pays africains principalement ceux issus de l’Afrique francophone, auxquels il fait miroiter des projets portés par l’OCP, le fabricant de phosphate qui octroie sans compter son argent aux dirigeants de ces pays.

La diplomatie du phosphate que le roi du Maroc a inaugurée ces derniers mois lors de sa tournée africaine pour contrer l’axe Alger-Abuja-Pretoria. 

La présidente de la commission de l’UA, la Sud-Africaine Dlamini-Zuma, avait auparavant demandé au Maroc de présenter un engagement écrit sur le respect de l’acte constitutif de l’UA. Le Maroc refuse de souscrire à cette condition à ce jour. Car cette condition, mise en avant par plusieurs pays africains à quelques jours de la tenue du 28e sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA, prévu à Addis-Abeba, n’est pas fortuite.

Elle est l’expression d’une inquiétude grandissante au sein des grands pays du continent qui redoutent qu’une fois le retour du Maroc, ce dernier se lance dans une bataille juridique pour expulser la RASD de l’UA et par extension, créer un conflit interne de l’organisation en comptant sur la pression que pourrait exercer son allié la France sur les pays francophones. Le Maroc s’apprête ainsi à créer un précédent très grave pour la communauté africaine.

Le président en exercice de l’UA, Idriss Déby, chef de l’Etat tchadien, a affirmé que si un pays comme le Maroc veut « revenir dans la grande famille, personne n’a le droit de le refuser », mais qu’« il y a des textes » qu’il faudrait respecter scrupuleusement. Et d’ajouter, pour se faire bien comprendre, qu’aucun pays membre de l’UA « n’a le droit de suspendre un autre pays sauf à une condition, à savoir la prise du pouvoir par des voies illégales ».

Le soutien sans faille des hauts dirigeants de l’Afrique du Sud n’est pas bien vu du côté marocain, qui mise sur une défaite de l’ANC à la prochaine élection présidentielle et il ne le cache plus. Après le président Jacob Zuma, c’est au tour du SG du Congrès national africain (ANC), Gwede Mantashe, de réaffirmer le soutien « indéfectible » de son parti au peuple sahraoui dans son combat pour le recouvrement de son territoire occupé par le Maroc depuis 1975.

 Le responsable sud-africain a demandé au Maroc « de se retirer du Sahara occidental et de se conformer aux résolutions de la légitimité internationale » appelant à « permettre au peuple sahraoui d’exercer son droit à l’autodétermination et à l’indépendance. 

M. Mantashe a en outre appelé au lancement d’une campagne internationale pour « protéger les ressources naturelles » du peuple sahraoui et « boycotter les entreprises marocaines et étrangères » opérant dans les territoires occupés du Sahara occidental.

Le président de la République arabe sahraouie démocratique, Brahim Ghali, a effectué une visite de travail de trois jours en Afrique du Sud à l’invitation de son homologue sud-africain, Jacob Zuma.

Enfin la Zambie qui a retiré sa reconnaissance il y a six mois à la RASD est revenue à de meilleurs en s’apprêtant à recevoir le président de la RASD pour une visite officielle de trois jours. Ce revirement de la Zambie sur la question du Sahara occidental a mis en émoi hier les autorités marocaines qui viennent de subir un sévère camouflet.

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